Les nuits sont courtes et chaudes mais les chambres, bercees par le ronron de la clim, laissent percer un soupcon de fraicheur.

Ma cousine n’a pas ose aller aux toilettes la nuit derniere dans l’hotel ou nous avons pris refuge. Ici, les spectres se balladent a la tombee du jour et hantent l’imaginaire des habitants, heurtent a la porte et font les cent pas dans l’obscurite vers 3 heures du matin. On me raconte tout un tas de superstitions qui me font tout juste sourciller. J’y crois a peine mais adore ce genre d’histoires. La semaine prochaine, une visite de maison hantee m’attends. J’ai hate.

A la reception, j’achete des Craven-A, pendant que le personnel de l’hotel est reuni devant un soap vietnamien. La tele hurle, je pensais que des gens se disputaient dans le hall. Je pouffe betement.

Face a la mer, je fume mes Craven-A en mangeant de la seche grillee, accompagnee d’une 33 fraiche et de discussions de comptoir avec mes oncles et ma cousine. J’apprends qu’ici les tueurs vous abattent d’un coup de couteau, vous coupent la tete et jettent votre corps soit au bord de la route, soit dans un frigo pour vous recycler en chair a pate. Glam.

Je decouvre mon pays, ma culture, ma famille, m’emeus jusqu’au larmes devant les paysages defilant durant ce road trip en van. C’est comme un Little miss Sunshine qui roule devant des rizieres, prolongements des montagnes imposantes et fondues dans le brouillard. On croise tout le long du chemin des velos, des hondas, des troupeaux de bufles et tout un tas de personnages que je n’avais vu jusqu’ici dans les films.

La nuit, le ciel et la mer ne font plus qu’un, engloutis dans l’obscurite sans bordure. Les routes sombres sont tout justes eclairees par les habitations et les restaurants bordant les routes.

Je regarde la misere en face et parfois ai honte de la prendre en photo comme une vulguaire touriste sans attache. Mais je reviendrai, desormais bien enracinee, moi qui croyais avoir perdu, des mon arrivee en France, le cordon ombilical qui me rattachait au Vietnam.

Aujourd’hui j’ai rencontre les premiers touristes, a Nha Trang. On se croirait a Nice, sur la promenade des Anglais, avec des pousse-pousse, des cocotiers et des bouis-bouis partout ou l’on s’arrette pour boire des bieres et se remplir le ventre. Ici on traverse la rue a l’aveuglette, la circulation ne s’arrete pas pour vous, elle vous contourne juste. C’est effrayant pour nous europeens.

Une blatte de la taille d’un souris de laboratoire vient de me passer sous les pieds, je crois que je vais aller me griller une Craven dehors. Le paquet valant 15 000 dongs, a savoir 0.6 centimes d’euros, j’ai du mal a arreter de fumer.

Un peu nostalgique ce soir. Pas du pays, mais des proches que j’ai envie d’emmener ici pour leur montrer les merveilles de cet Ailleurs dont je suis resolument tombee amoureuse.

Comment ne peut on pas. Ici ou l’on glisse sur des dunes de sables apres avoir fait du jet ski, juste avant d’aller manger du poisson frais attrape sous vos yeux, avant d’etre jete dans la marmitte.

Bonne nuit ou ngu ngon comme on dit chez nous!





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