Boarding on time

En changeant de métier, j’ai changé ma gestion de l’espace et du temps. Ce temps-même qui se fige sur des concepts binaires. Le jour et la nuit. La vie et la mort. Le spleen et l’euphorie. La solitude et les autres. Le perso et le pro. L’immobilité et le ballotement d’un train en marche. Le froid et la chaleur d’une étreinte. La routine et les miracles. Ce temps en mouvement, non compressible, non étirable, se réduit à vue de nez. Dans cet amas de secondes, d’heures, de jours, de semaines qui s’écoulent, tout se mélange jusqu’à brouiller les repères, mais en crée d’autres dans la foulée, qui coupent court à certaines habitudes, puis en réinstaure de nouvelles juste derrière. Il serait plus simple de dire sans paraphraser que je n’ai plus le temps. De souffler, d’écouter le silence que même la nuit engloutit dans ses craquements étranges et le ronronnement d’un ordinateur, d’aller au cinéma en pleine semaine, d’envoyer valser les tâches rébarbatives. La vie devient cette boite à chaussure que l’on aurait du mal à fermer. Trop pleine et débordante, et pourtant, l’on y trouve aucun superflu à jeter. La vie se remplit, se désemplit, s’entasse les nouveautés, se nourrit de vieilleries. J’aime bien tout ça, j’aime faire des bilans au mois de janvier parce que ça bouge dans tous les sens, parce que pour une fois je n’ai aucune impression de déjà vu. Regarder l’investiture du 44e président des Etats-Unis avec une émotion pudique. A nos enfants, nous en reparlerons. Lire dans le train et plaquer sa tête contre les vitres pour voir s’éloigner Paris tous les matins. Redevenir parisienne pour de vrai. Faire les courses et chercher désespérément le cantal au rayon frais. Cuire les spaghettis façon grand-mère pendant que l’amoureux vous joue de la guitare et répare des ampoules. Découvrir Damages et se prendre d’affection pour sur Patty Hewes. Boire des mojitos avec ses amis en se racontant le bon vieux temps et le présent qui s’ensuit. Des petits riens qui renouvellent et qui confortent le fait qu’être adulte, c’est pas si mal. C’est une question de temps. Le temps de s’accoutumer et d’apprécier.







































26 janvier 2009 - 23:18
Le bonheur tient vraiment dans l’appréciation de tout ces petits riens