La journée de la jupe. Pas de quoi en faire un flan.

Samedi midi, nous déjeunons devant Canal+, L’hebdo du cinéma plus précisément, avec une Daphné Roulier très en forme (voir l’émission ici). L’invité du jour est Isabelle Adjani, l’émission lui est consacrée. J’apprends qu’elle habite St Hélène, que les médias jasent sur son énième come back, re-découvre une femme qui vit dans un monde à part, partage le même dentiste que Laurent Ruquier. Cette femme a de l’humour mais se cache derrière un voile pudique qui la pose paradoxalement sur une marche haute, mais non inaccessible. Ce mystère qui l’entoure la rend attachante. Elle part, puis revient, ses apparitions fulgurantes sont entrecoupées de longs silences. Elle assure qu’il n’y a pas de stratégie à tout cela. Et quand elle dit à propos de l’affiche du Bal des actrices (auquel elle a refusé de collaborer car le scénario ne la bottait pas), qu’elle « aime les actrices quand elles sont habillées« , j’ai envie de me lever de mon clic-clac et d’applaudir bien fort
On décide d’aller voir La journée de la jupe dans l’après-midi. Pourquoi tout ce raffut, qu’on se demande. Le film diffusé jeudi dernier sur la chaine franco-allemande Arte a réuni pas moins de 2 450 000 télespectateurs et pourtant fait l’objet de boycott des exploitants en salle. Le film de Jean-Paul Lilienfeld avait été d’abord prévu pour la télévision « à cause de son sujet sensible », puis finira par grapiller quelques 50 copies au cinéma.
Sujet sensible… Je ne vois pas trop. L’éducation national? La banlieue ? Les jeunes d’aujourd’hui? L’école laïque ?la violence? Tout ça réuni? Parce qu’il faut le dire, ce film est un joyeux bordel, ou plutôt une sorte de fourre-tout, de défouloir dont le fil rouge est cette prise d’otage intempestive d’une classe par une prof qui pète tout à coup un cable. Elle ne l’a presque pas choisi. C’est elle qu’on croit otage, au début, de la violence et de l’insolence de ses élèves. Quelle issue? Quelle attitude adopter? Isabelle Adjani irradie. On se demande si elle a pris du poids pour le film. On reste pendu à son pétage de plomb jusqu’à la fin. Malgré quelques longueurs, le film est bien mené. Ptêtre un peu fouilli, on comprend que le réal. veut passer beaucoup de messages. Parfois on s’y perd. Dans la caricature? Oui , mais pas si éloignée de la réalité. Les bons et les méchants. C’est pas tout noir, ni tout blanc, parfois l’image vire au bleu, puis au rouge. Denis Podalydès y est magistral, comme toujours. On s’attache à chacun des personnages, on essaie de comprendre ou comme un vieux con, on va polémiquer comme toujours en gueulant « touche pas à mon école ». Foutaise. Il n’y a pas de quoi s’offusquer, ça reste une fiction. On peut avoir l’impression que ça veut en faire trop, même faire la morale. Pourtant on ne saurait rester insensible devant la sincérité d’Isabelle Adjani. Surtout lorsqu’elle pique une gueulante pour savoir quel est le vrai nom de Molière. On répond tout bas « Jean Baptiste Poquelin » et on attend que sa colère passe, que les noeuds se dénouent, que le drame prenne fin. Mais a quel prix. Est-ce convenu? Peut-être un peu dérangeant. Et pourtant. Ca servira bien de leçon.







































31 mars 2009 - 12:22
Eh bien voilà comme quoi la journée de la jupe a du bon puisqu’elle m’a permis de connaitre votre Blog et du Blog je tombe sur votre bel article. Si elle pouvait jouer un rôle un jour, Isabelle Adjani pourrait jouer le rôle de sa mére « Gusti »
Personne ne parle de sa mére mais toujours de son père « le beau Jimmy » en l’occurence, ces deux là ont vécu une histoire d’amour complétement étonnante, magnifique s’il en est…Mais bon! seule Gusti, la mére d’Isabelle Adjani connaissait cette histoire ..dommage cela aurait pu faire un beau film.
31 mars 2009 - 17:49
Merci Dom, je viens d’apprendre un paquet de trucs avec votre commentaire
je ne m’étais jamais penchée de près sur la vie d’Isabelle Adjani mais tout cela m’intrigue. Je pense que je veux en savoir plus sur « Gusti », alors je vais me renseigner!
31 mars 2009 - 17:54
Thien,
Bravo pour ton billet et pour ton classement en tête dans le Fil Blogs Préférés de ELLE.fr.
You rocks!
31 mars 2009 - 17:55
Merci Charles Antoine, mais tu me diras bravo quand je t’aurais battu à Guitar Hero
on t’attend de pied ferme!
31 mars 2009 - 19:22
Je pense en gros comme toi: film un peu brouillon (plusieurs éléments ou réflexions arrivent comme « un cheveu sur la soupe »- trop de choses à dire)et acteurs confirmés excellents (les jeunes ne sont pas très très bons…). Le film est pour moi intéressant pour certaines positions qu’il prend et qui parfois vont à contre courant des « biens pensants » (un peu de politiquement incorrect ça fait toujours du bien
).
Ps: Par contre je trouve la fin du film particulièrement mauvaise…
1 avril 2009 - 0:17
Sur le film d’arte il y avait deux voix off (une femme et un homme ) qui donnaient un ton original
à l’ensemble. Ces deux voix off ont été retiré de la toile:c’est vraiment dommage car le film se déroulait comme un conte sous l’impulsion de ses deux belles voix,
ce coeur que l’on retrouve dans les tragedies grecs : mystére.