Si OrelSan était une fille, auriez vous réagi autrement?
J’ai enfin eu le temps d’écouter et de regarder l’intégralité du clip d’OrelSan sur lequel le web (mais pas que) tire à boulet portant depuis quelques semaines. Ce billet du Post résume très bien les faits, je vous invite à y jeter un oeil si vous n’avez pas eu vent de cette affaire. En deux mots, c’est l’histoire d’un mec qui sort une chanson il y a deux-trois ans, et qui l’appelle Sale Pute, avec des paroles qu’on pourrait qualifier d’ordurières et choquantes pour une grande majorité. En gros ça dit : J’déteste les petites putes genre Paris Hilton les meuf qui sucent des queues de la taille de celle de »Lexington » // Tes juste bonne à te faire péter le rectum même si tu disais des truc intelligents t’aurais l’air conne // J’te déteste j’veux que tu crèves lentement j’veux qu’tombes enceinte et qu’ tu perdes l’enfant. »
Artistiquement, il faut l’avouer, on a entendu mieux et humainement, c’est un peu limite.
A l’occas’ du Printemps de Bourges où OrelSan est invité, deux blogueuses appellent mi-mars à la mobilisation des internautes en les incitant à écrire au PdB afin qu’ils déprogramment le rappeur. Dans le même temps je lis je ne sais plus trop où un commentaire qui fait un amalgame de cette histoire avec La Journée de la Jupe et ça me fait penser que les amalgames, c’est moche.
J’essaie de me faire un avis sur cette histoire.
Premier réflexe, je me renseigne sur OrelSan, parce que ma culture du rap français reste (malheureusement) limitée. Je tombe sur un article des Inrocks qui titrent Orelsan Révélation Hip Hop 2009. Ca veut dire que le mec n’est pas si mauvais que ça? Je tire une première conclusion suite à la lecture de cet article, qui me donne envie d’écouter toutefois quelques chansons du gars. Faire du white trash, c’est quand même plus simple quand tu t’appelles Eminem.
Next step, je fais un tour sur son MySpace pour écouter moi-même si oui ou non ce type et bon et si oui ou non il y a de quoi le prendre pour la cible de ce début de printemps. Extraits de son dernier album Perdu d’avance.
Là de nouveau je me dis que ce type ne fait pas que cogner les nanas dans ses chansons et en plus il a l’air sympathique. Sa disco n’est donc pas une apologie de la mysoginie et de la violence. Ouuuuuh.
J’en ai entendu certains dans tout ce raffut évoquer TTC, puis d’autres répliquer que « non c’est différent c’est du second degré ». Bouarf. Trouvons des raisons, toujours des raisons.
Alors. J’ai pas du tout envie d’endosser la robe de l’avocat du diable (encore faut-il que diable il y ait), mais tout en comprenant que faire l’apologie de la violence envers une femme dans une chanson, c’est pas malin, je me demande juste pourquoi on ressort un truc aussi vieux et qui arrive a créer un tel bruit.
J’ai envie de dire mais c’est un truc de ouf les gens!
Mon amoureux m’a rappelé à très juste titre que la chanson de Mai Lan, Gentillement je t’immole (tiré du film Sheitan), ne faisait pas mieux dans le texte et j’ai soudain pensé « putain si elle est invitée aux Solidays prochain, tu crois que les gens vont aller déterrer ça aussi ». Et puis la seconde d’après j’ai pensé « mais non, c’est différent, c’est une fille, elle pourra buter un mec dans ses chansons et dire des choses sales on ne dira rien c’est une fille ». Moi je lis des trucs tellement sales sur la blogosphère que ça ne choque pas parce que nous les nanas on peut tout dire, même si nos propos nous font passer pour des S P (oh non, il ne faut pas le dire).
Je vous remets la chanson en tête?
« Espèce d’hindou.
Rien a foutre , tu viens d’où.
Quinze coups dans la gueule.
J’ai la main lourde.
Je déterre ta grand-mère.
Et la viole comme une chienne.
Et si t’est pas content je viole ton père.
Près pour la douche.
Je te pisse dessus et je te brise le cul.
Petit fils de pute.
Je te fiste nu.
Ne ne te crispe plus.
Heyyyyyy……….
Ow…vulgaire est comme la chatte à ta meuf.
Ramène tout ton clan et ta mère a la cave
prêt pour la tournante.
J’vais t’faire un nouveau frère.
Ne pleure pas.
Pédale de merde.
C’est mortel c’est le bordel.
Ecrase le blunt et protège tes seufe.
C’est la guerre espèce de petit bâtard.
N’est pas peur et crève petit hataï.
Que des bâtard de barbares…X3
Tu crie comme une pute ta peau se décolle.
Que des bâtard de barbares.
Et gentiment je t’immole…
Je suis une bombe humaine dans une maternelle.
Un cutter dans le cœur de ton paternel.
J’ai mis ta mère en vente sur internet.
Et j’ai fais tapiner ta sœur.
On vient m’interner !
Cock dans le »zen ».
Pompe sur la tempe.
Obtempère.
Pédale de merde.
J’appelle a la haine , au meurtre , au viol.
Et…
A la tuerie , au massacre , a la furie au Napalm. »
Et puis j’ai même été sur son Skyblog, parce que le pauvre gars, j’avais envie de savoir ce que lui pensait de tout ça. Deux choses retiennent mon attention :
« Nous sommes alors exclusivement dans l’expression d’une pulsion que toute personne à qui ce type de mésaventure serait arrivé aurait pu être amené à ressentir dans ce genre de situation. En aucun cas ce texte n’est une lettre de menaces, une promesse de violence ou une apologie du passage à l’acte«
et
« Conscient que cette chanson puisse heurter, OrelSan a décidé il y a quelques mois de ne pas la faire figurer dans son album ni dans ses concerts, ne souhaitant l’imposer à personne«
Tout est dit.
Quand au débat qui court sur : faut-il censurer le clip sur les plateformes de diffusion comme YouTube ou Dailymotion… Vous savez ce que j’en pense. Ou pas.
Au fait :







































1 avril 2009 - 18:23
les excès du White Trash made in France ou l’histoire d’un mauvais remake
White Trash. Le terme sera la coquetterie des prochains jours dans la presse ignorante ou en déficit d’adulescence.
Le phénomène a été sociologiquement marqueté par un spécimen quelconque dans une maison de disque, major ou indépendante, il n’y a plus de différence. Il n’y en a jamais eu. Puisque le but principal des organes de production culturelle est de fournir une solution adaptée à toutes les niches de population, alors autant tirer avantage de la paupérisation ambiante qui unit les enfants de prolétaires high tech et de la bourgeoisie vintage dans une middle class pseudo universitaire.
White Trash. Là où l’on pourrait trouver l’expression raciste comme bamboula® ou bougnoule, on y trouve une forme méliorative d’acceptation socialo-artistique qui émoustillera les mêmes illuminés qui ont mis au panthéon l’illettrisme d’Abd Al Malik.
La suite :
http://souklaye.wordpress.com/2009/02/16/white-trash-made-in-france-ou-l’histoire-d’un-mauvais-remake/
2 avril 2009 - 7:57
J’aime bien ton billet parce qu’il est équilibré sur le sujet.
Je n’aime pas le morceau d’Orelsan.
Artistiquement il ne me touche pas.
Et je ne sens pas la moindre distanciation dans son texte ce qui ne me plait pas.
Mais ce qui lui arrive à l’instant est assez excessif.
La chanson est mauvaise. Soit.
En tant qu’artiste il dispose d’un droit de retrait. or il a choisi de l’exercer en ne faisant pas figurer le morceau sur l’album auquel elle était destinée. Ok.
L’histoire pourrait s’arrêter là…
Mais à l’heure d’Internet le droit de retrait n’a pas grand sens puisque les œuvres circulent.
Voilà une bon [meilleur ?] argument à l’intention de ceux qui combattent ceux qui « piratent » des œuvres de l’esprit.
Quid du droit moral de l’artiste sur son oeuvre ?
Quid du droit d’Orelsan de dire je ne me reconnais plus la dedans et je ne veux plus que cette chanson soit diffusée ?
2 avril 2009 - 8:20
Un exemple typique de la tendance (française ?) à immoler très vite ce qu’on a adoré (ou les deux?).
Pour le peu que j’ai entendu, on a vu mieux mais la chanson en question semble en effet plutot une exception qu’un extrait de ses « explicit lyrics »…
Sur une note plus perso, tu dira à ton chéri que son stagiaire adore « gentiment je t’immole » (me souviens qu’il m’avait bassiné avec ça à l’époque
)
2 avril 2009 - 10:49
Ton billet me permet de lire les textes de OrelSan. Intrigants, je dois reconnaître. Je tente de faire preuve d’un peu d’ouverture d’esprit (ton post y invite avec classe) et décide d’écouter ce garçon.
Je suis rassuré par le clip qui replace dans son contexte ce vomi verbial (réaction à chaud, le mec est bourré…)
Mais une chose me choque encore, plus encore que l’horreur décrite dans le texte.
Le plus terrible est le manque de colère de la musique. C’est cette mièvrerie musicale, ce débit presque coulant.
On arriverait presque à chantonner avec lui !
En ouverture d’esprit je m’arrête là mais mesure le chemin qu’il me reste à parcourir
2 avril 2009 - 11:07
walkmindz > merci pour ce lien qui m’a permi de découvrir ton blog superbement écrit. A vrai dire, le terme white trash, je l’ai repompé de l’article des Introcks et loin de moi l’idée d’utiliser ce terme à tire larigot pour qualifier des textes exutoires dans lesquels trois pauvres insultes se battent en duel. Merci pour cette explication de terme qui me permettent de mieux comprendre ce qui s’y cache derrière.
feufol > je n’ai pas énoncé d’avis sur la chanson dans ce post mais personnellement cette chanson ne me touche pas non plus et je crois que ça reste marginal comme démonstration par rapport à l’ensemble du travail d’OrelSan. J’aurais été d’accord de polémiquer si l’artiste avait défendu bec et ongle son morceau mais comme ce n’est pas le cas…
romain > je pense qu’on a jamais vraiment adoré ce genre de choses, on s’en amuse tout juste lorsque le message est passé au dixième degré. Souvent ça agace plus qu’autre chose.
et quant à monsieur, il est à Strasbourg mais le message sera passé dès son retour
Charles-Antoine : tu as tout à fait raison, la musique ne colle pas su tout, mais du tout au propos. On dirait juste une chanson écrite pas un mec pas du tout bad boy (comme il le dit lui-même) et qui se fait tacler dans son élan. Et concernant l’ouverture d’esprit, je t’assure, j’ai mes limites aussi
xoxo
2 avril 2009 - 15:08
Je suis tout à fait d’accord avec toi. Pour ma part, c’est après avoir écouté sa chanson « Changement » que je me suis un peu plus penché sur ses chansons et que je me suis dit que ce mec n’était sûrement pas si méchant qu’on voudrait le faire croire.
22 avril 2009 - 12:14
cette chanson est tirée de sheitan film de Kim Chapiron dont les auteurs de la Bo sont La Caution en voici la vraie version (attention violent)
http://www.youtube.com/watch?v=lbvoO33STdE