J’ai comme 15 ans

Comment parler des sentiments sans verser dans les poncifs du genre, tomber dans le mièvre, ou encore retrouver notre style adolescent qui transforme nos pensées en hyperboles et métaphores tel une juxtaposition de fables de La Fontaine au quotidien. Je cite le skyblog de ma cousine de 15 ans, qui dans un post évoque l’amour en ces termes un peu schizo, à la fois marins et terrestres: « Je ne suis pas un dauphin, toi non plus tu n’en es pas un. Si tu veux marcher, peu importe que tu marches lentement, je marcherai avec toi. »
Une décennie plus tôt, je ne faisais pas mieux. Voire pire. C’est compliqué de dire aux gens qu’on les aime sans en faire trop, ou pas assez. Une relecture de nos pensées adolescentes transpire une certaine obsolescence mais retranscrit fort bien l’innocence et la sincérité des propos tenus. Aujourd’hui le problème n’est pas d’être sincère, mais de trouver les personnes avec qui on pourrait l’être. Ici, le cliché de circonstance serait de poser la phrase suivante : les vrais amis se comptent sur les doigts d’une main. L’âge adulte amenant rapidement à une sélection non pas imposée par les autres, mais bien par soi-même, avec des critères hyper subjectifs ( c’est pour ça que des gens très intelligents s’entourent de gros cons). Avec le temps, j’ai tendance à inverser le problème. Je ne me demande plus qui m’appelle uniquement quand il a besoin de moi, ni qui m’invite à ses soirées, qui oublie mon anniv’. Le truc, c’est que ceux qui comptent, ce sont ceux à qui l’on pense à plus de 2000 km de distance et à qui on a envie d’écrire ou d’appeler pour partager un petit rien, un instant de bonheur juste pour le geste, ceux qu’on bigophone de temps à autre non pas sous la contrainte ou seulement lorsque trop bourré on a envie de gueuler dans le combiné comme tant d’autre, mais de bon coeur, ceux à qui on ne rechigne pas de parler même lorsqu’on veut rester seul, ceux que l’on invite à diner pour entendre leur rire et leur vie parce qu’ils nous rassurent sur la nature humaine qui n’est pas forcément toute pourrie, ceux également qu’on a envie de protéger même s’ils sont plus vieux que nous mais qu’on a envie de materner alors qu’ils ont tant de choses à nous apprendre, ceux aussi dont on ne compte pas les heures passées avec, ceux qu’on ne prend pas seulement pour des piliers de bar ou d’ersatz à une solitude latente le soir venu lorsque seul (ou à deux) dans le pieu il faut se remettre en cause. Ceux là, c’est sûr il en existe peu. Et puis on s’en fout bien qu’ils soient névrosés, borderlines, ouf malades, fouteur de chaos, tant qu’ils restent droit avec toi. Aujourd’hui la question cruciale n’est plus qui m’aime, mais qui j’aime. Je vous promets que c’est pas une question aussi simple. Le reste est dérisoire et s’équilibre par du donnant-donnant.
Ce post est inspiré par une soirée passée avec M. et J. à parler gros cons, politique et capotes, en fumant un fameux narguilé et en buvant du bon vin. J’ai encore toute ma tête pour leur dire que je les aime, et bien d’autres encore (qui se comptent effectivement sur les doigts de pieds). Thien, 15 ans (+10)







































21 juillet 2009 - 1:21
Tu leur diras que je les aime aussi
(et que je ferai la vaisselle, toutes choses égales par ailleurs, aussi).
21 juillet 2009 - 8:25
Il manque quelques fautes d’orthographe, tu te trahis là
21 juillet 2009 - 8:41
@romain
gros naze :p laisse toi porter par le texte
21 juillet 2009 - 9:56
C est vrai…
Outch ! Je crois qu en lisant ce texte j ai pu lire une chose que je cherchais a exprimer.
Bien ressentis.
Merci
21 juillet 2009 - 10:55
Je suis touché… Mille mercis pour cette soirée et pour toutes celles à venir.
Take care, à très vite les amis.
22 juillet 2009 - 8:40
Toutafé d’accord avec toi ! C’est avec l’age que j’ai appris, ou du moins que je commence à apprendre, à mieux m’entourer