mila_kunisMila Kunis

Je lorgnais sur ce petit coin de ciel bleu qui dépassait par delà le quai. A La Chapelle , j’étais plantée sur les bandes blanches de sécurité, pétrie de fatigue et semblable à tous les autres usagers qui attendaient le prochain passage du métro. Les uns chargés de paquets, les autres, enfants sur les bras, les rêves endormis dans la chevelure hirsute de fin de journée, les yeux incrustés d’espoir, levés vers un ciel de fin d’été. Death Cab for Cutie vient fluidifier la tombée de la nuit qui coule doucement sur les rails et les vitres de l’aérien. Vous êtes vous déjà  donné le défi de ne pas avoir de pensées négatives durant dix jours consécutifs? Enfin je veux dire, ni tristesse, ni colère,  se relever même de la déception aussi vite que tombé. Essayez.  J’ai réfléchi à la recette de mon fondant au chocolat et du poulet aux champignons de demain soir, du chat qui grandit trop vite, à l’homme de l’île et du mois de septembre qui s’annonce comme le début d’une ère nouvelle, comme chaque rentrée. Une de plus, sans cartable, sans portail, ni feuilles doubles à noircir. Le chat, lové sur mes genoux jette un oeil hagard sur les mouvement de mon poignet qui s’agite au dessus de mon clavier. L’appartement parait bien vide ces jours-ci.  L’homme-vélo au cri de chèvre n’est point passé sous notre fenêtre ce soir. Paris, l’été, ressemble à une cour des miracles avec sa galerie de personnages farfelus. Et sans doute que moi aussi, j’en suis, de ces personnages burlesques, qui jongle avec ses rêves.





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