Il parait que le process est moins médicalisé au UK qu’en France, mais n’ayant pas de point de comparaison, j’ai du mal à comprendre ce que ça implique.

On m’a plein de fois demandée si je ne voulais pas traverser la Manche pour accoucher, mais je ne vois pas trop à ce stade pourquoi je prendrais cette décision. Je crois que mon entourage est beaucoup plus anxieux que je ne le suis.

Ce qui est drôle, c’est que je n’imaginais pas du tout ça comme ça. Ca, c’est tout ce qu’on ressent, tout ce qui change, tout ce qui nous submerge comme un tsunami qu’on aurait anticipé mais face auquel on ne peut jamais être à 100% préparé.

Je suis plutôt sereine, je ne fantasme rien, je n’envisage pas le pire. Et quand mes hormones me lancent dans un grand huit émotionnel, je les regarde faire, et descends du manège en flanchant un peu certes, mais contente de savoir que la destination finale vaut le périple.

La seule fois où je me suis vraiment effrondrée, c’est lors d’une hémorragie survenue à 10 semaines. J’ai cru que je n’allais pas pouvoir me relever, que je me déshydratais entre deux portes d’hôpital à force de pleurer. Lorsqu’on a entendu son coeur battre le lendemain, je n’avais presque plus de larmes pour manifester ma joie. Petite parenthèse à ce sujet, étant donné que l’hôpital a refusé de faire une échographie pour vérifier la viabilité de l’embryon, on s’est tourné vers une clinique privée.

Ce que je trouve le plus compliqué à gérer, c’est le manque de repères d’une première fois. Peu de mes amies sont passées par là,  je suis loin donc de crouler sous les conseils.

Alors internet est devenu mon meilleur pote. Au début, j’allais beaucoup sur les forums et puis de moins en moins parce qu’en fait c’est comme tout. C’est comme quand vous avez un petit bobo dans la vie de tous les jours, un tour sur Doctissimo et vous finissez pas croire que vous allez mourir d’un horrible cancer en quelques heures. Pareil quand vous êtes enceinte, c’est assez facile de vite tomber dans la spirale paranoïaque.

Je lis un très chouette bouquin en ce moment, Penser la naissance, de Jean-Marie Delassus, un gros pavé de 900 pages super intéressant, super accessible, qui mélange bio, psycho et socio, un texte fondateur de la maternologie qui aide un peu mieux à comprendre  le schmilblick.

Le reste de mes pérégrinations en ligne me guident surtout dans ma préparation à l’accouchement que je veux 100% naturel. Une amie m’a envoyé l’autre jour un replay des Maternelles sur le sujet accoucher sans péridurale. + de 80% de recours à la péridurale en France contre seulement 28% au UK ( et ne parlons pas des 98% en Espagne et des 15% aux Pays Bas…).

Si vous vous demandez pourquoi ce choix, je dirais simplement parce que je m’en sens capable. Après, je n’exclus pas des complications ou des circonstances qui feront que je ne pourrais pas y échapper, mais je veux être ultra préparée pour y arriver sans.

Au programme de ces prochains mois: haptonomie (assez développée en France, pas tout ici, mais j’ai trouvé une française qui faisait ça une fois par mois à Londres), yoga pré-natal, hypnobirthing, cours de prépa à l’accouchement. Enfin, tout ça pour dire que c’est cool de vouloir y aller comme une warrior mais pas à l’arrache quand même.

Dans deux semaines je serais à mi-chemin. Pour vous donner une idée du type de parcours médical que j’ai eu jusqu’ici, voilà un petit coup d’oeil rapide sur ces premiers mois:

– je pisse sur un stick Clearblue, youpi je suis enceinte!

– premier rencart pris avec mon GP (general practioner) dès que j’ai digéré la bonne nouvelle. Il me vaccine (gratos) contre la grippe, me donne un peu de docs à lire, me file un formulaire à remplir qui me donnera accès à des soins dentaires et des médicaments sans frais tout le long de ma grossesse. Mon dossier est transféré directement à l’hôpital qui prendra contact avec moi pour la première échographie.

– direction l’hôpital pour le dating scan à 12 semaines. Dans un premier temps, on s’entretient avec une gentille dame qui consigne dans un dossier tout un tas d’infos relatifs à nos (my boyfriend and myself) antécédents médicaux, ceux de nos familles etc. Elle me file une petit boite d’acides foliques (que je recommande d’ailleurs de commencer dès la phase de conception), ainsi qu’une tonne de prospectus, de documents à lire et à digérer. Ma grossesse ne comporte pas de risque, on me recommande donc d’accoucher soit chez moi, soit dans une maternité pas du tout médicalisée – versus l’hôpital. C’est seulement si les choses se compliquent que je serais transférée à l’hosto.
On file ensuite faire la première écho (qui en fait était pour nous la troisième)  permettant de dater le foetus. Ils prennent plein de mesure dont la clarté nucale, qui, combinée à une prise de sang permet de déterminer un pourcentage de risque relatif à la trisomie 21 (ce qui signifie qu’à ce stade il est impossible de savoir avec certitude s’il en sera atteint ou pas. Seule une amniocentèse, proposée si le risque est supérieur à 1 chance sur 300 pourra confirmer ou infirmer le premier postulat). L’écho finie, prise de sang et remise d’un flacon d’urine qui seront analysées. Seule différence avec la France , la toxo n’est pas testée ici. Voilà, après trois heures passées à l’hôpital, vous rentrez chez vous votre dossier médical sous le bras.

– Trois jours plus tard dans la boite aux lettres, je reçois les résultats concernant la trisomie 21. Pfiou. Une bonne chose de faite. Deux semaines plus tard, ce sont les résultats sanguins qui pointent le bout de leur nez. RAS

– Semaine 16 – rendez-vous de routine chez le doc qui vérifie votre pression artérielle, vous palpe vite fait le bidou.

Mon prochain rendez-vous c’est l’échographie des 20 semaines, the anomaly scan comme ils l’appellent ça ici. Je crois que c’est une étape importante où ils examinent le foetus en détails pour détecter d’éventuelles malformations/complications.

Vous en savez autant que moi. Rendez vous au prochain épisode!

 

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