Je ne vais pas enrober la réalité et vous dire que je n’ai pas eu une seule seconde à moi depuis qu’il est né et que pour cette raison je n’ai rien écrit depuis mi-septembre. C’est par pure fainéantise.

Notre petit garçon a débarqué une semaine après mon dernier post. C’était également le dernier jour de l’été. Il avait fait beau tout le dimanche. On est même allé manger des dim sum à Royal China. Mes contractions avaient commencé au petit matin. Ca a duré jusqu’à la tombée de la nuit avant que les choses ne deviennent vraiment sérieuses.

On pourrait dire que ça m’a fait l’effet d’un premier marathon. Je n’ai pourtant jamais couru de marathon et je n’en courrais peut être jamais à cause de mes genoux.  J’imagine seulement qu’accoucher (sans péridurale) demande autant d’énergie. Surtout dans la dernière ligne droite, lorsqu’à bout de souffle et de courage aussi, vous vous efforcez de rester concentrée et de penser au finish, à votre bébé que vous allez enfin pouvoir serrer dans vos bras après 9 mois d’attente et de spéculations. A quoi ressemblerait-il?

C’est fou qu’un acte aussi humain demande un effort si surhumain.

Lorsque finalement vous posez vos yeux pour la première fois sur lui, c’est comme si vous aviez toujours su. Alors que pas du tout. Aujourd’hui j’aurais du mal à le désimaginer.

Depuis 130 jours je suis maman. Ca fait bizarre de le dire, de l’écrire sur ce blog que j’ai commencé alors que j’étais encore ado.

Le désir d’être mère ne vous prépare en rien au tsunami de la maternité. C’est comme apprendre à nager dans l’océan par un jour de tempête. C’est terrifiant. On boit souvent la tasse, ça pique les yeux. On a peur de se noyer. On maintient comme on peut la tête hors de l’eau. Puis peu à peu, on apprivoise les vagues, et on prend plaisir à se laisser dériver loin du rivage pour se retrouver en terre complément inconnue.

Le désir d’être mère ne vous prépare pas non plus à aimer l’être ou pas.

Moi, je suis tombée follement amoureuse de ce nouveau rôle.

Parfois, je me sens submergée. Mais c’est supportable d’être engloutie par la fatigue, la peur, et même le découragement lorsque vous êtes porté par cette sorte d’amour inconditionnel qui de manière irrationelle vous maintient dans un état de semi-sanité.

C’est cet amour inconditionnel qui, post 13 novembre m’a foutue une trouille folle. Dans ma tête, une seule question tournait en boucle. Dans quel pétrin on t’a foutu mon petit bout d’homme? Ce monde de merde qui n’en finissait pas de s’étaler pompeusement sur les chaines d’infos et qui nous rappelait que ça allait être dur de lui expliquer tout ça lorsqu’il sera en âge de comprendre. Malgré tout, on fera notre possible pour qu’il devienne un petit mec éduqué, respectueux, généreux, empathique, et lui donner les billes pour affronter des armées d’abrutis, la médiocratie, les absurdités de la vie.

Bref, bonne année. Car il est encore temps de se le dire.

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