wonderwoman

J’étais du genre à penser que le fait de devenir mère n’allait en rien impacter ma trajectoire professionnelle. Je suis partie en congé mat’ l’année dernière avec l’idée que peut-être, j’arriverais à changer de travail assez rapidement après la reprise. On m’avait pourtant dit de prendre mon temps, que ça ne servait à rien de vouloir bouleverser tous les fronts. Différentes raisons pourtant me poussaient à chercher ailleurs, j’ai même passé quelques entretiens. Lorsque mon CDD de mère au foyer s’est achevé au bout de 7 mois, j’ai repris le boulot avec enthousiasme. Je retrouvais enfin une activité sociale, la compagnie de mes collègues, un environnement que je connaissais, une routine qui faisait appel à la fois la mère et la femme active que je suis. Il m’est arrivé de travailler pendant mon congé maternité sur quelques missions freelance. Mon cerveau avait besoin de faire autre chose que de changer les couches, donner le sein, faire du baby talk et lire des théories sur les techniques d’endormissement du nourisson. Je me sentais incapable de rester une année entière à faire ça. Je respecte les mères qui y arrivent. Et en même temps je comprends tellement que l’on veuille maximiser cette première année charnière avec son enfant. Il m’est arrivée de penser: et si mon bébé se mettait à prononcer son premier mot à la nursery? Et si je ne voyais pas ses  premiers pas? et si je ratais un moment important de son développement? Ca arrivera certainement et je me suis faite à l’idée que ça ne ferait pas de moi une mauvaise mère pour autant.

J’ai repris le travail une semaine après que Z. ait commencé la nursery. J’ai rapidement compris qu’effectivement il serait compliqué de changer de travail. Et même si on se disait avec son père – plus flexible que moi parce qu’entrepreneur – qu’on trouverait toujours une solution si j’avais envie de faire autre chose, c’était plus complexe que ça. Les premières semaines sont passées, puis Z. a commencé comme prévu à tester son système immunitaire. Il a fallu que je quitte le travail en plein aprèm pour aller chercher mon petit bout de chou fiévreux, que je prenne des matinées pour l’emmener chez le doc et ainsi de suite. Et puis il y a aussi les horaires de la nursery qui m’oblige à quitter le bureau tous les jours  à 17h. En fait, j’ai beau tourner et retourner la situation dans ma tête, je ne voyais pas comment un nouveau job serait possible. J’étais un peu contrariée car j’avais l’impression de rester dans cette situation par défaut, de rester là par facilité et je détestais cette idée. Pourtant le mot clé de cette nouvelle vie semble indéniablement être flexibilité.

Lors d’un entretien que j’ai récemment passé, on m’a averti que le poste allait me demander des déplacements fréquents à l’étranger. On m’a demandé si ça ne me dérangeait pas de laisser mon bébé pendant deux semaines pour aller bosser de l’autre côté de l’Atlantique. Sur le coup, j’ai répondu en riant que je faisais entièrement confiance à son père mais en y repensant… oui ça fait grave chier d’être séparée de son gosse si longtemps, surtout lorsqu’ils sont si minus. Alors j’ai réalisé que oui, un bébé peut effectivement changer la donne, qu’il allait infléchir mes décisions futures. L’accepter, c’est commencer un process de repriorisation. Il n’y avait rien de mal à ça. Reprioriser ne signifie pas forcément dévaloriser ses priorités. C’est simplement les réajuster essayant de ne créer ni frustration, ni culpabilité. Le juste équilibre n’étant pas toujours simple à atteindre.

Coup de bol pour moi, ma boite est passée par une réorga la semaine de ma reprise. J’ai changé de poste et je fais aujourd’hui un métier qui m’excite davantage. Bien entendu, les premiers jours, mon cerveau m’a dit: putain de merde, ils essaient de me niquer. Parce qu’on sait très bien que le changement souvent ,on le prend avec des pincettes, pensant que bouuuh c’est pas bien. A la fin de la journée je suis sur les genoux, mais j’embrasse cette fatigue comme une bonne amie qui m’aime d’un amour vache. Mes journées commencent à 5h30, s’achèvent 18h plus tard et je peux dire aujourd’hui que je suis parfaitement satisfaite de ce nouvel ordre des choses. Mais bordel quelle gymnastique!

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