Quitter Paris pour venir vivre à Londres fut l’une des meilleures décisions que j’ai prise. 5 ans, 2 jobs et un enfant plus tard, il est temps penser à l’après.  Ce qui me rassure un peu, c’est que je ne suis pas la seule à m’interroger. Londres pour combien de temps? Est-ce que ça vaut encore le coup? La trentaine bourgeonnante ou bien entamée, autour de moi, les gens mumurent également des envies d’ailleurs ou de rentrer.  Certains sont déja repartis à Paris. Tout est question d’opportunités. Chacun, on pèse le pour et le contre. On regarde l’avenir. Ce que ça implique que d’élever ses gamins ici, est-ce que le Brexit ne va pas nous broyer (je ne pense pas). Dans ma balance il y a tout ca:

#1 Le coût de la vie
Dire que Londres est cher n’est pas totalement vrai. Le prix du loyer parisien ne me semble pas beaucoup plus abordable ces derniers temps. Je viens de voir une annonce pour un trois pièces à Nation: 1600 euros. Pour le même prix, vous pouvez louer un deux chambres à Hackney aussi.
Les courses, les sorties, les loisirs me semblent équivalents, voire parfois moins chers qu’à Paris. Je paie ma carte ciné £17 par mois, les musées sont gratuits (à l’exception de certaines expos temporaires), la pinte est a £3.50.
Oui les transports sont chers.
Oui en devenant parents, le coût de la crèche est atrocement élevé. (entre £1200 et £1800 par mois).
Oui, la santé, si vous basculez dans le privé parce que vous ne faites pas confiance au NHS  (c’est à dire souvent) alourdit les factures.

#2 Etre parents à Londres
On est super contents de la nursery que fréquente notre fils. Le prix comme évoqué est vécu comme un coup de poing dans l’estomac tous les mois. £1400. Comme je suis une fille optimiste, je vois le verre à moitié plein. Z. adore sa classe, ses copains. Les nanas sont adorables. Certaines sont voilées et tout le monde s’en contrebalance. C’est tellement mieux comme ça. En début d’année, on nous a demandé s’il mangeait végétarien, hallal ou non-hallal pour adapter ses repas. Et ça n’a fait ni polémique ni les gros titre du Guardian. En France, il y a tellement de faux débats que c’en est épuisant. Souvent il confectionne et rapporte à la maison des cartes de fêtes célébrés par les enfants de sa classe. Pâques, Noël, le Nouvel An Lunaire, la Saint Patrick, mais aussi Diwali et l’Aïd y sont passés. Je trouve vraiment chouette qu’il soit exposé à toutes ces cultures.
A coté de ça, je redoute un peu l’après. Quand il devra aller à l’école. Ici, les gens habitent ou achètent leur maison en fonction de la qualité des établissements. Souvent il faut s’inscrire bien des années avant, un peu comme les crèches à Paris où vous joignez les liste d’attente dès que vous êtes enceinte.  Les bonnes écoles autour de chez nous sont pour la plupart confessionnelles. Anglicane ou catholique. Même l’école publique la plus proche est catho. Alors souvent, les parents baptisent leur gamins pour leur assurer une place dans l’école de leur choix.  Parce que ça multiplie les chances d’admission. En bon laïcs que nous sommes, ça nous exaspère. Une de mes collègues a baptisé sa fille et va aller à l’église tous les dimanche pour obtenir un certificat du prêtre. A l’inscription, certaines écoles vous le demande. Pour moi c’est NO WAY.

En parallèle, si on rentrait demain, mon fils perdrait probablement très vite son anglais sauf si on prend une nounou anglophone ou si l’on l’inscrit dans une école bilingue comme une de mes amies. 6000 euros l’année qu’elle me dit. Vous me direz, c’est toujours mieux qu’une année de crèche 17 000 balles. Je ne sais pas si j’aurais la motivation.

#3 Le boulot
On va tout de suite arrêté le mythe du Londres est cher mais le salaire suit. NON NON et NON. Comme partout, tout dépend de ce que vous y faites, quel niveau vous avez. Il faut arrêter de croire que vous allez gagner deux fois mieux votre vie ici. Avec le Brexit, les conséquences sont encore floues. Les RH nous ont récemment convoqués (les non-British) pour couvrir les différents scénarios. Ils nous conseillent d’entreprendre les démarches pour obtenir la résidence permanente (possible après 5 ans de résidence sur le territoire). Perso, je n’en ai pas très envie. Les procédures sont fastidieuses et à quoi bon si on se tire à moyen terme? Dans le même temps, qu’est ce que ca signifie pour les recherches de job futures? Est-ce les conséquences potentielles du Brexit ne rendront pas les recruteurs plus frileux? D’autant plus qu’ils parlent déjà d’imposer une taxe annuelle de £1000 aux boîtes anglaises employant des non-anglais.
Mon mec a monté sa boite ici. En tant qu’entrepreneur on a aucune idée de ce que ca peut impliquer pour son business. La grande inconnue.

#4 Les amis et la famille
sont à Paris. Rien de plus à ajouter.

#5 Attachement
C’est assez bizarre de me dire que Londres pourrait me manquer vu le temps que j’ai mis pour m’y faire. Pourtant je m’y suis attachée. Mon fils est né ici. Je me suis faite des amis. J’aime mon appart et la vie que l’on mène. En vérité, on pourrait vivre n’importe où. Je pense surtout à trouver un endroit cool où Z. pourra grandir et s’épanouir.

Mais si l’on partait, ce serait pour aller où? Autre part? Rentrer? Je n’arrive même pas à décider ce que j’aimerais faire quand je serais grande. Alors vous dire où…

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