Attends je descends les poubelles, je reviens

Keeley Hazell
  
Keeley Hazell

J’ai commencé à pleurer sur le quai de la gare, quelques larmes, rien de grave. Un homme m’a surpris en plein pathos, m’a demandé quelques pièces que j’ai lachées, il m’a dit finissez de rouler votre clope. J’ai vidé mes poches, lui ai laissé ce qui restait de la monnaie du Quick. J’ai continué à pleurer dans le wagon en regardant dans le sens contraire du regard des gens, puis ça a continué lorsque je suis descendue du tram. C’était la même sur le chemin du retour, sur la cuvette des toilettes, lors du brossage de dents.

Aujourd’hui, je veux dire ce présent-là, c’était comme une parenthèse de tout ce que j’avais vécu jusqu’ici. Je ne reconnaissais rien de la vie, je plongeais dans une période de vide, d’inconnu et je faisais un plat monumental, et ça procurait un mal de chien.

Il y a 5 ans, lorsque j’ai commencé à blogguer, je ne faisais que raconter ma vie, ça soulageait. Fallait que je pisse tout ça en couchant des mots parce que j’avais la vessie trop pleine de saloperies accumulées avec le temps, ça me bouffait le ventre, j’étais rongée par une déprime non pas de saison, mais de circonstances. Aujourd’hui je raconte des futilités pour éviter de sombrer dans le pathétique, ou par auto-censure pour ne pas dire certaines choses dont j’ai le droit minime d’évoquer. C’est ainsi, le temps passe, je fais des rencontres et je dois ici ménager certains égos, ou des susceptibilités diverses et variées. J’aimais ce temps où je pleurais sur mon blog, juste pour moi-même, pour éviter d’éclabousser les portes de métro avec mes pleurnicheries, je m’en contre-foutais de ce qu’on pouvait penser de moi.

Ca fait quelques jours que j’ai une volonté aride, l’envie de ne rien faire me tord l’estomac et cette léthargie me donne envie de vomir. Je ne me reconnais plus, ce blog est devenu impersonnel, quelconque, maladroit. C’est nul à chier, ça pue simplement du cul. Je n’arrive pas à me relire. Je n’arrivais pas à aligner une ligne sans l’effacer. Je tâcherai ce soir d’achever ce post.

Je regarde autour de moi et tout me semble distordu. Il n’y a aucun chemin de tracé devant moi et je cherche où aller en tatonnant dans toutes les directions.

C’est fou tout ce que j’ai envie de dire, mais là d’un coup, je vais m’arrêter et aller méditer sur le présent, le futur, les gens et toutes les relations à la con que j’entretiens. L’autre jour, sur la colère, mon ex a twitté affectueusement que j’étais l’entrejambe la plus ouverte de la blogosphère, pour l’effacer ensuite (merci). Je voudrais juste démentir. Autrement, je ne pleurerai pas seule dans mon lit à cet instant précis et j’aurais sauté dans un cab rejoindre quelqu’un. C’est mieux un lit différent chaque soir lorsqu’on est open legs. Désolée, ce n’est pas mon cas. Bonsoir.


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  1. Romain says:

    Ah ben merde, si j’avais su… en tout cas te prend pas la tête avec ce genre de trucs, tu sais ce que tu vaux et c’est ça qui compte ;) Sur ce je file !

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