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Fait divers : les Parisiens sont aussi des êtres humains. Il faut sauver le soldat qui?

Ali Larter

Jusqu’où pouvais-je m’en foutre? D’ailleurs, le pourrais-je? M’en foutre tout court bien sûr. La réponse est non. Parce qu’à la lecture de son post, j’ai hoché la tête de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis encore de stupéfaction, passant par de nombreuses émotions comme la colère, la tristesse, l’indignation, l’incompréhension, le mal de coeur. Je tanguais effrontément et mes pensées se sont mélangées jusqu’à ce que je jette une bouteille à la mer, dans lequel se trouve ce message, que je vous écris, pour le balancer au loin et laisser s’échouer vers d’autres contrées que la mienne.

Ce matin, alors que je noyais mon optimisme dans l’eau du bain, j’ai répété tout haut Ne fais pas quelque chose que tu regretterais. Soupir. Calme toi, ce n’est pas si grave. Soupir. Laisse pisser. Mais ne pisse pas debout. Re-soupir. J’ai cogné ma tête contre le mur, mais ça ne m’a pas donné la solution, la vraie, pas celle qui brandit la rancoeur victorieuse, mais l’autre qui te chuchote que c’est ze best thing to do. Puis ça m’a travaillé au corps d’hier soir jusqu’à maintenant, le long de tous les chemins que j’ai empruntés, les sentiers, les couloirs de métros, les rues sous une nuit sans lune et les carrefour ce matin qui sentait l’orage.

En réalité, je ne voulais voir personne évoquer mon passé ou déterrer ce qui était mort. Je ne parle pas des relations, mais bien celle que j’étais. Je refuse de lire toutes ces choses qui appartiennent à un point antérieur de ma frise historique . Ca me rappelle la maternelle lorsqu’on me jetait du sable dans les yeux et que je tendais la tête pour qu’on m’en foute dans les cheveux. C’est une ineptie. Le pire que je puisse faire, c’est coucher ici quelques étranglements et des sanglots uniquement tangibles sur papier. Je ne suis pas rancunière. Je voudrais n’en avoir cure de tout ça. Mais ça fait aussi mal que les ruptures collégiennes des camaraderies foutues en l’air pour le beau gosse de la promo.

Nos histoires personnelles ne devraient appartenir qu’à nous même. On ne devrait mêler personne d’autre dans nos conflits et nos dérives, nos escapades en terre d’insultes et tout le reste blablabla.

Pour vivre heureux, vivons discrets. J’ai envoyé un message FB et j’ai refermé le chapitre. La rancune est effroyable lorsqu’elle commence à s’insinuer pernicieusement dans vos intentions.

Je voudrais m’en foutre et pourtant. Je veux juste qu’on me foute la paix.

Comme je le lui ai écrit, il y a bien longtemps que je n’en veux plus à mon ex. et couper les ponts avec quelqu’un n’est pas forcément signe de rancoeur. Le jour où je me suis rendue compte qu’en me voyant il devait se chanter "Loving you was loving the dead", j’ai simplement déserté sa vie pour ne pas devenir celle qu’on hait. Je préfère être celle qu’on oublie peu à peu.

Extrait d’elle.

"Hier j’ai redécouvert Facebook, ses applications à la con qui occupent les après-midis de détresse au boulot, les gens qui nous rajoutent comme amis … Fait étonnant, quelqu’un qui avait décidé de me virer de sa vie "pour tourner la page" (mais sans animosité selon certains, tout en s’étant fait plaisir sur ma gueule, notamment sur mon "fabuleux blog" dixit ses paroles …) m’a rajoutée à ses amis. Très sincèrement chais pas pourquoi. Il est clairement établi qu’elle et moi ne sommes plus amies, et connaissant ma rancune, qu’on ne le sera jamais plus … La question qui se pose réellement est : Est ce que je le regrette ? D’un côté oui, parce que j’avais une amie fille à Paris de laquelle je me pensais proche, autant que j’ai pu me sentir proche de C. un jour dans ma vie. Or, mon expérience des gens parisiens me montre pas mal de trucs. Déjà que je suis une conne sentimentale, parce qu’ici les gens t’aiment et te détestent dans la seconde qui suit sans que tu puisses y piger quoique ce soit. Ensuite si toi tu les apprécies, qui te dit, en fin de compte, que c’est réciproque. Servir de bonne copine qui n’allait pas en cours ou au taff pour décharger le copain déjà trop blasé par la névrose de sa copine, passer pour la meilleure amie une semaine sur deux pour rien en fait, et se retrouver virer parce qu’on a osé ne pas prendre de parti .. Moué … Ca me laisse un peu dubitative sur les relations humaines, déjà que de base chuis pas forcément super motivée mais là … Ce qui me fait le plus chier dans cette affaire, c’est pas tant de perdre cette personne qui s’est révélée somme toute plus que décevante, mais plutot de voir les conséquences annexes à tout ça !

Déjà je ne peux plus parler librement à mon meilleur ami qui, même s’il me soutient le contraire, prend ouvertement son parti face à moi. Oui c’est vrai, je suis la grande méchante avec les autres personnes du groupe, on l’a martyrisée avec notre amitié et notre envie de l’aider, on l’a virée du groupe quand elle a décidé toute seule de s’exiler et surtout ( !!! ) j’ai décidé de rentrer dans son jeu et de la virer moi aussi de ma vie. Décidément, je crois que je mérite le fouet. Tout ça me laisse un goût assez amer dans la bouche parce que maintenant si elle cotoie un mec dont elle parle souvent c’est un peu grâce à moi, si elle me squatte mon meilleur ami, ah ben tiens, c’est aussi parce que je lui ai présenté. Mais bien entendu, je suis encore et toujours la grande méchante. Bah pourquoi pas j’ai envie de dire ?! Mais qu’on vienne plus me péter les rouleaux sur les bienfaits d’être gentille avec les gens, qu’il faut pardonner, prendre sur soi et encore pas mal de ces conneries du genre. Comme dit ma mère, "Donne à Bertrand, il te le rend en chiant !" Parfaite illustration ici même dans ce cas précis. Enfin … Et encore, le plus beau, c’est quand je vois des gens qui se permettent de dire du mal de son ex copain devant moi, un mec qui est quand même un excellent ami à moi et qui mérite largement pas le quart de ce qui se dit dans son dos ! Là encore, il est on ne peut plus facile de dire "Tiens lui c’est un connard, il a été un vrai bâtard avec son ex". Il a ses torts oué. Mais simple question. Toute bête en plus ! Qui a pris la peine d’aller vers lui et lui demander "Tiens, j’ai su que tu avais ça ou ça … Tu peux m’expliquer ?" Pas grand monde je le crains en fait … Et ça me fous en rogne qu’une personne qui se dit adulte fasse encore ça, casser du sucre dans son dos pour le faire passer pour le gros fils de pute de service et se faire passer pour la victime histoire que l’égo s’en porte un peu mieux.
"

Amen.


Big dreams for a little girl

Vanity Fair

Il est des choses qui s’en vont sur la pointe des pieds, que vous scrutez un temps s’éloigner, puis sombrent dans l’oubli et le tourbillon de la vie. Souvent je me remémore ces attaches au passé qui ne se détachent qu’un peu, se tâchent d’encre et de soupirs éphémères. Une dépression, un adieu sur le pas d’une porte grinçante, un spleen tranchant, et toutes ces blessures qui remplissent le bocal jusqu’à tuer les poissons rouges nageant un crawl renversé, ventre à l’air. Il suffit d’un rien pour créer des vagues. L’évocation des effluves puantes d’une époque révolue, les souvenirs révoltants des amitiés et des amours disparus, les sanglots lointains qui sonnent le glas d’une vie antérieure. T’as voulu te suicider combien de fois, me demande-t-il. Question sismique qui remue jusqu’à l’intérieur et encore plus profondément. Il n’existe qu’une réponse exacte. Plus jamais. Chiffre raisonnable qui ne nécessite pas d’avoir fait maths sup’.

Vanity Fair

Je ne refusais plus d’accepter. Je ne haïssais plus. Ni L’autre, ni les autres. A quoi bon. J’ai tiré un trait à la règle, pour être à la page, la bonne. Je faisais moi-même partie du lot, de ceux que je rechignais à pardonner. Je me suis laissée grandir, et la vie ne faisait que commencer, après une dernière confrontation larmoyante, il y a deux mois, avec celui pour qui je. [Fin de la phrase]. Le temps d’essuyer quelques déboires et des nuits ivres sur le parquet froid d’un appartement qui sentait la mort à longueur de temps, j’arborai enfin ce sourire qu’on affiche en pleine rue, lorsqu’on se fiche du reste. Je pensais que grandir c’était d’arrêter de se comporter en adolescente turbulente. Je le suis toujours, mais j’ai fini par écarter l’éventualité de privilégier ma fierté à l’action.

Vanity Fair

L’adolescence se prolonge dans une adulescence à remous, certains jours aux facettes de soap opéra, bandante et débandante. Je ris, je ne pleure plus. J’envie, je saute de joie, je remercie régulièrement, les yeux levés au ciel, comme deux seaux d’eau débordant de reconnaissance. Mes lecteurs de longue date l’auront compris. Il y a un avant et un après. Sur ma bibliothèque, j’ai retrouvé des anxio auxquels je n’ai finalement jamais touchés. Thérapie jetée à la poubelle après cinq divans dans lesquels j’installais tranquillement ma déprime au lieu de la chasser. Ma seule thérapie était de trouver par moi-même comment vivre sans béquille. J’ai appris à marcher seule, un matin de printemps où j’ai pris conscience d’une vie en forme de balade des possibles. Et sur ma route j’ai croisé des tas de gens qui m’ont tendu leur main. Je n’ai plus jamais eu envie de retomber.

Vanity Fair

Le passé m’avait rattrapé, matérialisé en un message sur mon wall FB aujourd’hui. Peu importe. L’irruption de la réalité dans un drame aseptisé me fit comprendre qu’aujourd’hui enfin tout allait bien.

On a évoqué le pari de Pascal et je ne cesse plus de croire, même si parfois cela semblait dramatique. J’aime échouer tant que ce n’est pas la vie que je perds. Plus jeune je voulais être prof de philo, je ne l’avais dit à personne. Et maintenant sur mon balcon, je rêvasse de mon premier roman, mon premier album, mes premières fois qui ne cesseront de se multiplier.

J’aime bien cette idée d’éternel recommencement. Des rêves qui se lèvent tous les matins, en même temps que se déclenche la sonnerie du réveil. Il m’en reste pleins sous l’oreiller, à sortir pour se maquiller les yeux lorsqu’ils seront pleins de cernes tristes.

Vanity Fair

Toutes les photos sont tirées du dossier Hollywood’s Next Wave du Vanity Fair de Juin


Insomnie post-adolescente

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Avec ma soeur, nous avons dix ans de différence. Petite j’avais l’impression qu’à 20 ans, elle était déjà trop grande, à 25, pire encore. Je me faisais une certaine idée de l’entrée dans l’âge adulte la vingtaine passée, et moi j’y suis entrée avec ma corde à sauter et mes Vans, l’allure décousue et l’air d’être une éternelle fréquenteuse de cours d’école. Dans les concerts, on me demande ma carte d’identité pour boire mon whisky chéri, à la pizzeria du coin, des inconnus quarantenaires me balancent leur carte de visite sans retenu. Je me dis que ce monde est étrange. J’ai le sentiment de n’avoir pas tout à fait réussi le passage en classe supérieure. Certains jours, j’ai peur d’avoir redoublé, voire triplé mon adolescence, d’y nager encore, d’y sombrer complètement par peur de franchir un cap et de devenir une vieille conne sans principe. Mais en réalité j’en ai presque trop.

J’ai du nutella, mais pas de pain, ce soir, je vis mon premier gros chagrin depuis je ne sais combien de temps, je ne compte plus, qui survient comme une pluie diluvienne après plusieurs mois de sécheresse. Même d’avoir vu en live ce soir Julien Doré à Baltard n’y change rien.

Avec le temps, je suis devenue une sorte de misanthrope, surtout misogyne, non pas par haine gratuite, mais par peur de la déception et de la douleur engendrée par les relations éphémères et les amitiés féminines qui se finissent souvent en eau de boudin, sauf rares exceptions. Je suis en quête de happy ends. J’ose y croire. Ca fait longtemps que j’espère, depuis la première grosse rupture. C’est d’une amitié brisée que j’ai le plus souffert il y a dix ans, il ne faut pas se leurrer. Les hommes se remplacent, les meilleures amies de chaque époque, rodent comme des spectres, telles des sempiternelles remises en question. 

J’aime socialiser, mais les gens me font peur. Depuis toujours j’ai préféré la solitude au risque d’avoir mal. C’est un choix. Je préfère la solitude comme compagne, elle au moins, tu sais où la trouver lorsque tu en as besoin. Je me protège des souvenirs et des présences fantômes à venir.

M’attacher à autrui est une hantise de premier ordre, car les relations se dégraphent aussi facilement qu’un soutien gorge. On s’attache, se détache, s’aime avec passion puis se retrouve nu et con avec la solitude qui attend sous l’abri-bus au coin de la rue.

Je suis une sans relation fixe qui ose encore croire au Prince Charmant, aux ami(e)s parfaits. Mais qu’est ce que la perfection si ce n’est une correspondance approximative à notre système de valeurs. Je ne m’attache réellement qu’au gens que j’admire. Et dieu sait qu’il y a une multitude de qualités à admirer : la gentillesse, l’empathie, l’altruisme, la sagesse, l’ouverture d’esprit, l’humilité…

Nous vivons dans une ère où l’humilité devient une denrée rare. Aujourd’hui, on se vante à peu près de tout, même d’être bourré de défauts, d’être égoiste, d’être un connard. Y a-t-il de quoi être fière au point de parader avec tout ça sur la place publique comme si on exibait un bonnet D avec un joli décolleté.

Je m’arrête ici pour ce soir. J’ai fini mon whisky, ma clope, mon stock de spleen. Tout cela ne traversera pas la nuit. Demain matin, la vie reprendra et les regrets seront emportés au large par les premiers rayons du soleil. J’ose une fois de plus l’espérer. A quoi bon tenir compte des invectives d’autrui. Quelqu’un sera là pour vous à un instant T et peut disparaitre à tout moment Z. C’est un fait. Il faut l’accepter.


Au moins, ça fait des histoires à raconter

zooey deschanel
   Zooey Deschanel

Parfois, vous pensez que les gens tiennent à vous en tant qu’être humain, parce que vous êtes sympas, que vous leur apportez un petit plus, trois fois rien, quand bien même, un quart de rayon de soleil ou une seule couleur à l’arc-en-ciel. Ca c’est dans l’ordre utopique des choses. Et puis je me suis remémorée la façon dont on s’est quitté et le silence radio qui s’ensuivit. Crise de larmes sur un pas de porte, à écouter un mec qui décochait des flèches qui m’ont fracassée comme un miroir qu’on piétine à pieds joints. Anyway j’avais déjà entendu ça maintes fois.

Ces derniers mois j’ai rencontré tant de gens qui parlaient de leur ex en les prénommant par des qualificatifs qui ne ferait pas bander un poney : "barjes, salauds, quelle connasse, psychopathe". Que moi non plus je ne déroge pas à la règle en y pensant. J’ai moi-même été psychopathe à mes heures perdues, hahaha, excusez moi du peu. Mais en y repensant, il arrive qu’on devienne fou en vivant avec des fous. Sbam.

J’ai un beau souvenir de Lui, cette cicatrice sur le bras, qui me rappelle qu’en ayant vécu l’année dernière des scènes dignes des meilleurs slasher movies des années 90, aujourd’hui, j’arrive à dédramatiser beaucoup de choses. Je sais qu’il déteste que j’évoque cette histoire, je penserais à romancer la prochaine fois en affirmant que je me suis faite griffer par un tigre, c’est plus romanesque qu’un coup de couteau malencontreux d’un ex. Parfois je revis certaines scènes en plein jour, alors que je marche tranquillement sous le soleil et je me dis merde ça me hante encore. Il y a des scènes trop vivaces, qui gardent une rémanence douloureuse et dont on rit difficilement. Une scène d’anthologie de ma vie, je vous la raconte, parce que je crois que c’est celle que je revois le plus souvent dans ma tête. Si ça se trouve en la couchant ici, elle s’en ira doucement sur la pointe des pieds. Je me rappelle de ce jour où il m’a trainer nue dans le couloir de l’immeuble, le dos rappant le sol, je hurlais comme une truie qu’on égorge. Quelles qu’étaient les raisons, quel que soit le pourcentage de ma culpabilité, j’hallucine encore qu’on puisse en venir à une telle violence. Enfin.

Aujourd’hui, je n’ai réellement qu’un seul regret, d’avoir essayé d’être son amie, alors qu’une fois de plus je n’étais que l’ersatz d’ une pathétique solitude. C’est sans doute pour ça qu’il fut si odieux le dernier jour. Il savait qu’il allait s’en serrer une autre et qu’il n’allait plus avoir besoin de moi. Ce dernier face à face donne lieu à ma conclusion. On ne regrette que la perte des gens biens. C’est bien pour ça qu’aujourd’hui, je ne regrette vraiment rien.


Un peu vite fait.

Charlotte Gainsbourg

Tout est surréaliste. Tout va vite, change, s’oublie, se reconstruit à mesure, se destructure l’instant d’après. Je me lève le matin et me demande encore si j’arriverais un jour à devenir écrivain. J’essaie de redéfinir les priorités, me demande si je vais continuer de blogguer, si je vais partir à l’étranger, suis obsédée par certains détails qui font mal aux yeux quand je les ferme.  Souvent je me retrouve sous la Grande Arche pour réfléchir, sur ses marche sales, lovée dans quelques courants d’air, entourée de touristes, fumant une clope pour m’évader. J’aime bien. Je me mets en tailleurs, zieute l’Arc de triomphe au loin et sa nuée de bagnoles autour. Liberté triomphante. C’est la meilleure période de ma vie depuis deux ans. Je fais tout et n’importe quoi mais suis rassurée d’être encore maitresse de mes actes. J’assume mes choix et emmerde ceux qui critiquent. Il y a certaines choses que je ne peux pas raconter ici même si j’en meurs d’envie. En même temps, ce lieu reste intimiste, vous êtes peu à me lire, c’est comme si je vous racontais mes histoires autour de la cheminée. Ici c’est l’hiver toute l’année. Je viens pour faire mon Père Castor au coin du feu. Je ne sais pas quoi dire. Est-ce que je vous fais chier? Pas le temps d’écrire tout de suite. Je reviens. J’aime bien Charlotte Gainsbourg sur cette photo. Mais je me demande ce qu’elle va foutre dans le prochain Terminator 4…


Je cherche une place de titulaire

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J’erre. Un moment, sur le bord de la route je me suis assise (et non je n’ai pas pleuré), j’ai réfléchi, me suis trouvée absurde, oui c’est le mot, je voulais en rire, j’ai fini par ne plus savoir quoi en penser. Tout cela ressemblait à un joyeux bordel, mais était-ce la peur de l’ennui qui me poussait à vagabonder dans ces histoires. Elle m’écoutait, comprenait, riait de tout cela, en mangeant un bateau pleins de sushis/sashimis/makis avec moi. On était comme deux gosses en train de se regarder faire des bêtises, à se raconter nos relations décalées et des sentiments qui finissaient par se faire la malle comme un printemps fuyant. On passait trop vite de l’hiver à l’été, se caillait les miches, puis transpirait, la transition se faisait difficilement, quelqu’un a coupé le chauffage et/ou la lumière brutalement, dans un instant de doute, je me sentais en insécurité.

Il l’aimait trop, lui envoyait des je t’aime à tout va, ceux qui remplissent des textos entiers avec 160 caractères, et ce jusqu’à 4 heures du mat’. Je soupire et j’envie. Son choix ne sera pas facile. Je te le rappelle ma belle, ta deadline c’est fin juin. Là, on est en plein business plan. Dieu, que l’amour est dénaturé chez nous.
On a ce don de provoquer des aventures qui finissent en eau de boudin malgré nous. On se demande qui voudrait vivre nos vies. On voudrait faire un échange, troquer contre un peu plus de stabilité. Ca nous ferait du bien, d’arrêter tout ce cinéma.

Ces derniers temps on me dit que je vis à la trentenaire, mais je me sens comme une gamine partie voler une robe à sa mère et qui essaie tant bien que mal de jouer un rôle de grande personne qui ne lui sied pas. Je suis une adulte mal fagotée, corps d’enfant, esprit d’ado, histoire de grands. Je flotte dans un costume trop grand et ne maîtrise pas la démarche dans ces talons trop hauts. Je me casse la gueule par manque d’expérience et me noie dans en l’absence d’un mode d’emploi concret. Les amis s’éloignent au milieu de toute ces restructurations, théorie des sphères, les uns restent, moi je pars, je ne vais pas non plus casser leur dynamique de groupe. J’ai des difficultés à tourner une page lorsqu’il faut écrire la nouvelle avec des éléments du passé. Désolée, j’ai du mal, je manque de recul, je m’en excuse. J’ai besoin d’y aller from scratch. Maintenant que la titulaire a pris ma place, revoilà la dreamteam au grand complet. En ce moment, je remplace dans une autre de équipe, ne vous en faite pas pour moi. Je me sens devenir une caricature de la fille moderne libérée, complètement à côté de la plaque. Je vais ici et là, cherchant une place, mais me retrouve sur la touche, en attendant d’entendre mon nom. Présente!

Hier soir, je lui dis en rigolant (pourquoi dois-je le préciser) qu’il ne ne manquait plus que les prêtres et les hommes mariés pour parfaire ma vie insensée. De toutes façons, maintenant qu’on est sorti de la tragédie, en fond sonore, je me fabrique mes propres rires pour agrémenter cette comédie. Qui R. va-t-elle choisir? Pourquoi V. m’invite-t-il à manger de la glace chez lui et veut-il me chanter une sérénade sous mon balcon? Pourquoi surtout massacre-t-il à la guitare mon morceau préféré. Le pauvre. Pourquoi K. veut-il me voir avec un autre homme? R. va-t-elle céder aux assauts de son ex amoureux transi? Puis R. (l’autre) me dit que tant que je dépasse pas une équipe de foot c’est tout bon. Trop d’hommes tue l’amour, c’est bien vrai. Le défi c’est d’avoir une vie normale. Mais c’est quoi la normalité? Non mais c’est n’imp’ cette histoire. Oui, j’aimerais bien me poser un peu. Vivre des relations à la cool, les multiplier par manque d’intérêt, c’est chiant à la fin. Les hommes sont barjes. Et moi aussi. Je ne trouve plus ça drôle et je ne sais pas combien de temps ça va encore me faire rire toute cette histoire. Non t’as raison, pour une fois, j’aimerais qu’on me nomme, pour ne plus être juste une présence fantôme et éphémère.

Je suis une petite conne égoiste. Mais ça ne durera pas. Juste le temps d’une transition.


Epilogue d’une histoire grotesque.

Christina Ricci
   Christina Ricci

J’aimerais qu’elle vienne me voir lorsqu’il lui fracassera le crane contre le parquet froid, histoire de partager quelques unes de nos expériences communes. J’aimerais entendre ses sanglots, voir le rougissement de ses joues, la peur dans les yeux, la colère sur la langue, la tristesse plein le coeur (mince, j’essaie de lui faire revivre mon propre enfer, je ne devrais pas). C’est mal, mal de penser ça et en même temps je jubile. Je jubile de m’en foutre de son absence et des connaissances qui n’en peuvent plus de le voir, des gens qui le haissent au bout de deux rencontres et de ceux qui le disent pédant et antipathique sans que je ne dise rien. Je ne provoque pas la polémique, j’écoute sereinement et j’expulse toute culpabilité. On aura cru longtemps que c’était ma faute puis on vient me dire ah finalement on croit que c’est lui qui a un problème. N’importe quoi cette histoire. Bon débarras.

Un tour chez le psy lui ferait du bien. Pour une fois que ce n’est pas de moi. Jamais une phrase ne m’aura donné autant de plaisir.  

Je n’aurais jamais cru penser ça de quelqu’un un jour, mais ce garçon était une plaie. Depuis qu’on ne se voit plus, je crois que je vis de nouveau. J’ai arrêté de survivre. Ca fait du bien. Allez adieu et passe le bonjour à ta copine, ça me fait plaisir que t’en aies une, ça t’évitera à l’avenir d’ajouter sur Facebook les mecs que je fréquente pour les insulter. Non mais!

Quand est-ce que Connard-land fermera ses potes. Ce vaste territoire ne sature-t-il jamais?

On ne le croisera plus dans les personnages de ce blog. Enlevons tous ensemble son nom du générique. J’espère que personne ne pleure la disparition du protagoniste. Vous verrez, ce sera bien plus joyeux sans lui. On passe aisément du drame à la comédie. Il suffit d’un rien pour basculer d’un genre à un autre. Il aut bien qu’il y en ait qui parte d’une saison à une autre.


L’univers impitoyable des amours diluviennes

James McAvoy
   James McAvoy

Il (V.) me dit : La vie c’est un morceau de Jimmy Hendrix. Une mélodie pure, accrocheuse et le chaos autour.

Là je ris doucement derrière mon écran.

Hier son pote (K.) me disait : Il (celui d’au-dessus) me parle un peu de toi. Dès qu’il dit ton nom, je nous vois en 16:9, comme dans les films, limite en sépia.

Là il faut rire ou pleurer?

Elle (R., my best friend) a chopé J. sur msn. Il se demande qui elle est, puis disparait, comme d’hab’.

Là, j’ai envie de pleurer.

Elle (de nouveau R.) me dit que je ne suis pas une roue de secours. Parce que. Y a des moments où.

Et là, j’ai sentie qu’elle avait bien trop raison.

Pas de nouvelle de T. depuis 9 jours. No comment sur ça.

V. à l’instant. Des fois je m’imagine la bande son de ma vie.

Moi aussi, mais là je n’entends que le battement sourd de mon coeur qui s’est brisé il y a quelques heures au contact d’une réalité que je savais existante.

C’est la saison des coeurs brisées. Le mien n’y échappe pas.

Pour le coup, je n’ai jamais été si heureuse d’être happée par cette tristesse. Car s’il existe des joies simples de la vie, les tristesses simples de la vie se vivent comme une bruine de mai sur un ponton face à la mer. C’est une tristesse pleine d’espoir qui s’effeuille comme une marguerite jusqu’atteindre un jour le passionnément.

Je ne m’étais jamais sentie aussi en vie. Car pour la première fois depuis 14 mois, j’ai re-découvert que j’avais un coeur d’où pouvait s’épancher autre chose que de la rancoeur ou de l’indifférence.

(Je pense être secrètement amoureuse de James McAvoy).

Et sinon.

Bon le reste je le garde pour moi.

Soundtrack of the moment. You’ve got a friend in me - The Zutons.

free music


Nice to meet you

Claudia Schiffer
   Claudia Schiffer

Deux heures du matin. Un taxi de nuit. Je ne sais pas quelle sensation cela procure mais j’aime les balades nocturnes, les routes presque désertes, les Champs Elysées, sur lesquelles le Quick est encore ouvert, que tu dévales d’un trait comme une autoroute des vacances un 3 août vers 5 heures du mat’. Paris Paris. Il y a une époque où ma vie aurait été fidèle aux paroles de la chanson. Je pleure dans tes taxis/Quand tu brilles sous la pluie/C’que t’es belle en pleine nuit. Aujourd’hui ce n’est plus vrai et au petit matin, je ne regrette pas d’avoir fait le chemin. Life is short et au milieu de trop d’occasions manquées, il serait stupide d’en manquer encore d’autres. Alors c’est ça la vie. Prendre ses clics et ses clacs, sauter de son lit, enfiler le premier pantalon qui trainasse, se dire It’s crazy, but let’s do it, partir comme ça parce qu’on en a profondément envie. Quel jour sommes-nous. Mercredi matin. C’est déjà le huitième jour de ma nouvelle vie. Les présences familières d’autrefois sont retombées dans l’anonymat le plus total, l’antan fête ses noces de pacotille, ceux que je croyais connaitre sont redevenus des étrangers, comme avant de plonger dans cette histoire où les gens se prennent tous pour des cons, où surtout je voulais y croire mais pataugeais dans l’illusion. Chacun a repris sa vie d’avant comme s’il n’y avait jamais eu ce bout de parcours ensemble. Toute cette histoire est tombée en désuétude en un rien de temps. C’est mon postulat. C’est incongru, mais je ne cours plus après les  "il faut sauver cette histoire à tout prix". Je tire un petit trait, d’une main tremblante mais convaincue. J’ai ma petite boite, refermée, posée quelque part dans un coin de ma tête, à ne pas ouvrir de sitôt, c’est ma boite de Pandore, pas envie de déchainer des souvenirs en furie et des relents de rancoeur qui finiront par tomber dans la banalité. Les nouvelles rencontres rassurent, on s’attache au gens, on prend gare à ne pas trop en faire pour ne pas avoir trop mal , puis on poursuit ce périple excitant.

La suite dans un autre post. Je viens d’avoir des nouvelles de K. Ca devient Dallas. Trop cool.


It’s not so easy, but nothing is impossible

Grey’s Anatomy

On passe sa vie à courir après certaines choses, certaines personnes, sans jamais pouvoir obtenir ce que l’on désire au plus profond de soi. On essaie de se convaincre que ce que l’on poursuit est bon pour nous, jusqu’à ce qu’à ce que, le souffle court, on ne puisse plus faire le moindre effort, épuisé par une entreprise vaine et chimérique.

Ce week-end, j’avais compris trop de choses concernant ma vie pour ne pas vouloir la changer. Apprendre le divorce de ses parents à 23 ans, c’était comme se choper une maladie infantile à l’âge adulte, surtout lorsqu’on ne s’y attend pas, ça vous fauche comme un camion à 150 sur l’autoroute. Ca m’a laissé K.O sur le bitume. Après plusieurs heures de discussion en famille qui mirent en lumière nombre de non-dits, moult réponses aux questions que je me posais, un certain éclairage même sur la fille que j’étais, certaines de mes inquiétudes disparurent tandis que d’autres remontaient à la surface.

Il fallait que j’accepte la vie actuelle, affectée par mon passé, ma culture, les gènes transmis par mes parents. Certains de mes comportements m’apparurent normaux après tout ce qui avaient été dit, d’autres allaient être férocement combattus par moi-même pour ne pas reproduire certains comportements que l’on me projetait sur écran géant. Je ressentais un certain soulagement après toutes ces découvertes. J’avais en tête de nouveaux plans de vie pour ne pas me laisser mener en bateau par quiconque.

Les trois personnes vers lesquelles je me suis tournée à ce moment-là étaient représentatives de ce qu’était ma vie du moment. Des relations à redéfinir ou surtout la redéfinition du terme "ami". Même s’il est excitant d’avoir un nombre incalculable de potes, c’est aussi réconfortant d’avoir quelques amis de confiance. Il y a ceux de longue date qui vous connaissent par coeur et ceux plus récents dont vous savez les rapports sincères.

35 ans de mariage et j’avais l’impression de voir voler en éclat mon dernier modèle affectif.

23 ans et je me dis qu’il n’est pas encore trop tard pour prendre un virage.

Merci L., R. et R.



Un vendredi soir dans le vif du sujet

Robert Downey Jr

Il y a quelque chose de magique à Paris, d’inexplicable et d’insensé, de merveilleux et d’imprévisible. L’euphorie peut jaillir d’une soirée improvisée.

La vie semblait en berne hier. Pont du 1er mai, il y a de la place pour s’assoir dans les transports, les gens bouquinent sereinement, se laissent balloter par le tram qui avance sans se presser et les rares travailleurs n’accélèrent pas la marche.

La journée se passe calmement, les clients sont au repos, je réponds à deux trois mails courageux, me laisse aller à regarder par la fenêtre, contemplant un ciel en demi-teinte, plus clair que nuageux. L’heure passe et je me demande encore ce que je vais faire de ma soirée. L’ex est occupé avec ses amis venus du sud, les potes s’en vont au ciné, les gens en couple restent en couple, certains amis sont en vacances, les autres, je ne sais.

Je passe une heure à discuter sur msn avec ma meilleure amie et me prends une bonne claque dans la gueule. Je décide de me faire une soirée en solo pour me remettre les idées en place.

Je prends mon aprèm’ comme on dit et quitte le boulot vers 17h. A la Fnac je récupère les billets pour le prochain concert de The Audition et m’en chope une autre pour aller voir Diary of Dreams le soir même. Rien de tel qu’une bonne soirée électro dark pour chasser le spleen.

Quand j’arrive au Nouveau Casino, la salle est presque déserte. Je suis toujours mal à l’aise de voir une salle de concert à moitié vide, je suis emmerdée pour les artistes. Le concert débute une bonne heure plus tard, sans première partie, la salle s’est un peu remplie, sans craquer non plus.

C’est la révélation. Ne connaissant que très peu la musique de ce groupe allemand, je me laisse vite embarqué dans leur univers. Quelle étrangeté. Vous savez ce qui me manquera le plus en quittant Paris? Cet éclectisme dans lequel on baigne sans cesse. La semaine passée, j’applaudissais KT Tunstall au Casino de Parism hier soir, je dansais sur de l’électro dark, mercredi, je revois Girls in Hawaii à l’Olympia.

Pour revenir à Diary of Dreams, c’était assez énorme. Les yeux fermés, j’ai senti la musique me pénétrer et m’envahir jusqu’à me désarçonner complètement, C’est fou. J’ai laissé couler un moment une larme qui m’a fait un bien fou, mon dieu que c’était bon. Certes, il y avait peu de monde, mais la foule était enthousiaste. Des groupies chantaient les chansons par coeur au premier rang en poussant des cris stridents, c’était attendrissant.

Je finis la soirée dans mon bar fétiche à Bastille, toujours en solo. Ca fait un peu alcoolo, mais dans cette fabuleuse capitale, on fait toujours des rencontres. Lorsque le barman me demande si j’attends quelqu’un et ce que je fous seule ici, je réponds juste que je viens boire les meilleurs mojitos de la capitale. J’enchaine donc les mojitos (un peu trop vite à mon goût et au goût de mon portefeuille), fait la connaissance de ma voisine déjà très pompette, qui me présente à tous ses potes. Prof de danse, elle agite ses bras pour mimer la tecktonick sur je ne sais plus quelle chanson, c’était assez hilarant. Le barman paie sa tournée de shots vodka caramel, B., pote de ma voisine me fait de appels de phares, m’offre une rose, je commence à parler trop fort, ris seule aux toilettes, promets au barman de revenir le lendemain, vais manger avec mes nouvelles connaissances, prends le dernier métro, continue en taxi à partir des Champs Elysées, me réveille, quelques appels en absences, un texto qui me demande si je dors à 6 heures du mat’. Oui en effet. Le propriétaire de la rose et du texto ne font qu’un, et je me souviens même de son prénom. Il me l’avait dit au resto Mince, je lui fais du gringue toute la soirée et elle ne se souvient même pas de mon prénom. Oui il faut dire que je ne suis pas douée, j’avais retenu celui des 6 autres personnes présentes…

Bref, ce fut une soirée charmante et ce matin je n’ai même pas la gueule de bois.


A quatre pattes devant ton ordi

Megan Fox
   Megan Fox

Putain mais ouais, on vit à une époque formidable. Où pour entretenir des relations suivies, il faut avoir soit un blog/un twitter/un facebook/une adresse gmail pour gtalker ou tout endroit susceptible de recevoir des échanges de type email ou chat ou autre forme de (micro)blogging, si tu veux tout savoir sur moi, va chercher où je te raconte ma vie.

Depuis que les amis sont en couple, c’est difficile de les voir en tête à tête, alors j’essaie de les suivre on line, c’est mieux que rien. C’est comme jouer aux Sims, sauf que tu n’inventes pas la vie des autres, ils le font pour toi. C’est hasbeen de passer du virtuel à l’IRL, maintenant, il faut digitaliser à mort ses potes pour être dans le coup, sinon c’est foutu. Y a plus qu’à retrouver Pradel pour un tour de Perdu de vue. Parfois même, t’as que des amis virtuels et c’est foufou parce que derrière ton écran, tu peux avoir l’air trop cool, même si en vrai t’es qu’un pauvre con à qui l’on dirait bien casse toi tu pues. 

La semaine dernière, j’ai diné avec des amis bloggueurs de longue date, ceux que j’avais même avant l’ère du web 2.0, et que j’avais juste dans ma liste msn, que je ne pouvais pas encore poker, huger, waver, superwaller. C’est tellement bon d’être tous ensemble, parler de trucs à la con, d’être à mille bornes de la blogosphère, de ne pas être snober juste parce que tu ne sais pas ce qu’est un flux XML ou que tu n’as pas un Blackberry Pearl.

Les communications interpersonnelles ne se font plus en one to one mais bien en one to many. L’exclusivité n’est plus de mises, les ragots se racontent en public, se partagent avec les lecteurs, les followers, les amis de son réseau. Etaler sa vie sur la place publique a certainement quelque chose d’excitant. La preuve, je le fais moi-même. Les gens que je vois le plus, sont des célibataires ou ma meilleure amie, ça réduit vite les possibilités, étant donné que c’est la mode des fuck(ing) friends et que certains prennent de ce temps précieux et privilégiés entre potes pour aller pécho. Parfois on se fait même des soirées spéciales célib’, mais ça tombe toujours à l’eau et puis je me suis rendue compte que franchement en mode drague, je ne ressemble à rien. Je suis plutôt du genre à attendre le prince charmant comme on attend le messie. Je n’oublie jamais mes prières du soir. Quelqu’un pour les entendre?

Parfois je me demande si on ne vieillit pas trop vite et si nos problématiques ne sont pas celles de trentenaire blasés… Ou juste de communicants overbookés qui se la pètent un peu trop. Alors qu’on a juste 25 ans à peine et qu’on fait genre, on le vit bien mais qu’on revendrait bien nos strings pour un peu de tendresse. Enfin bon. Nos aventures de célibattants ne sont-ils pas plus drôles que les crises de couples qui tournent toujours autour des mêmes emmerdes. Je t’aime moi non plus, mais pourquoi tu m’as trompé et ce genre de refrain interminable qui finit par nous faire mal aux oreilles, au secours. Et moi dans tout  ça? Ca va bien, je veux bien rire de tout ça, détendre l’atmosphère, dire que ce n’est pas très grave, qu’un jour je vous dirais que je m’en suis bien sortie après toutes ces péripéties, que les relations à la carte, ça va bien un temps, ce temps de transition. Après y a du sérieux. Oui après la tempête, le sérieux. Espérons.



Attends je descends les poubelles, je reviens

Keeley Hazell
   Keeley Hazell

J’ai commencé à pleurer sur le quai de la gare, quelques larmes, rien de grave. Un homme m’a surpris en plein pathos, m’a demandé quelques pièces que j’ai lachées, il m’a dit finissez de rouler votre clope. J’ai vidé mes poches, lui ai laissé ce qui restait de la monnaie du Quick. J’ai continué à pleurer dans le wagon en regardant dans le sens contraire du regard des gens, puis ça a continué lorsque je suis descendue du tram. C’était la même sur le chemin du retour, sur la cuvette des toilettes, lors du brossage de dents.

Aujourd’hui, je veux dire ce présent-là, c’était comme une parenthèse de tout ce que j’avais vécu jusqu’ici. Je ne reconnaissais rien de la vie, je plongeais dans une période de vide, d’inconnu et je faisais un plat monumental, et ça procurait un mal de chien.

Il y a 5 ans, lorsque j’ai commencé à blogguer, je ne faisais que raconter ma vie, ça soulageait. Fallait que je pisse tout ça en couchant des mots parce que j’avais la vessie trop pleine de saloperies accumulées avec le temps, ça me bouffait le ventre, j’étais rongée par une déprime non pas de saison, mais de circonstances. Aujourd’hui je raconte des futilités pour éviter de sombrer dans le pathétique, ou par auto-censure pour ne pas dire certaines choses dont j’ai le droit minime d’évoquer. C’est ainsi, le temps passe, je fais des rencontres et je dois ici ménager certains égos, ou des susceptibilités diverses et variées. J’aimais ce temps où je pleurais sur mon blog, juste pour moi-même, pour éviter d’éclabousser les portes de métro avec mes pleurnicheries, je m’en contre-foutais de ce qu’on pouvait penser de moi.

Ca fait quelques jours que j’ai une volonté aride, l’envie de ne rien faire me tord l’estomac et cette léthargie me donne envie de vomir. Je ne me reconnais plus, ce blog est devenu impersonnel, quelconque, maladroit. C’est nul à chier, ça pue simplement du cul. Je n’arrive pas à me relire. Je n’arrivais pas à aligner une ligne sans l’effacer. Je tâcherai ce soir d’achever ce post.

Je regarde autour de moi et tout me semble distordu. Il n’y a aucun chemin de tracé devant moi et je cherche où aller en tatonnant dans toutes les directions.

C’est fou tout ce que j’ai envie de dire, mais là d’un coup, je vais m’arrêter et aller méditer sur le présent, le futur, les gens et toutes les relations à la con que j’entretiens. L’autre jour, sur la colère, mon ex a twitté affectueusement que j’étais l’entrejambe la plus ouverte de la blogosphère, pour l’effacer ensuite (merci). Je voudrais juste démentir. Autrement, je ne pleurerai pas seule dans mon lit à cet instant précis et j’aurais sauté dans un cab rejoindre quelqu’un. C’est mieux un lit différent chaque soir lorsqu’on est open legs. Désolée, ce n’est pas mon cas. Bonsoir.


Spleen mondain

Elounda Beach

Petite fatigue momentanée. Le retour est moins difficile que prévu, il fait doux et il pleut à Paris, mais ce n’est pas comme si c’était une réelle surprise. Le bruit de la machine à laver vers 8h30, c’est bien sur moins agréable que les vagues sur les rochers. En rentrant au bureau, il y avait ces 1745 mails non lus qui attendaient bien sagement dans mon Inbox pour être traités tous plus urgemment les uns que les autres. En quittant le Paradis, j’étais un peu moins zen qu’avant le départ. Les gens me gonflaient trop vite et j’avais envie de repartir sur mon ponton fumer ma roulée en regardant la mer et les étoiles. C’était déjà loin mais tout le tabac que j’avais ramené allait me permettre de tenir au moins un an, vu que je ne fume pas. C’est pas logique. Je pourrais même tenir une vie. Sentir l’odeur du tabac dans son petit paquet jaune me suffisait. En réalité, dimanche matin, j’étais un peu déphasée, le samedi avait été dédié au retour, au voyage trop long, à l’attente interminable de savoir si nous allions avoir un vol pour rentrer, aux ambiances d’aéroport. Samedi soir, j’ai revu furtivement les amis en soirée, puis j’ai chopé un taxi, puis j’ai pleuré dans mon lit, puis je me suis endormie, sans défaire les valises. Dimanche, c’était très parisien. Un petit déj’ au Starbucks, un tour en moto, un petit ciné (allez voir Doomsday, ce film est une tuerie), un petit restau, un petit spleen avant le coucher, un retour trop rapide à la réalité. Déçue par certains comportements ces derniers jours, je crois que je vais aller me faire cuire un oeuf toute seule et laisser les autres continuer leur vie sans m’en soucier. En fait ma conclusion c’est que je dois souvent sauter sans filet et que j’aimerais bien que quelqu’un me rattrape parfois. Je vais aller manger mon oeuf et jouer avec mon komboloi. Bonne journée.


Sur le départ

Quelques heures avant le départ, je viens de fermer la valise et descendre les poubelles. Ces derniers jours de boulot furent intensifs, le week-end éprouvant, la vie si versatile comme à son habitude. Je quitte une capitale ensoleillée, qui aux premières lueurs, marque l’installation timide d’un printemps encore frileux. Je repense à la semaine dernière, aux passages nuageux de ma vie qui ne durèrent que le temps d’une éclipse. C’est marrant comme tout peut se retourner contre vous. Le bien ou le mal, quoi que vous fassiez, il se peut que tout une vie vous soyez l’éternel fautif. Fautif de vivre, mais vivre de quoi, je n’arrive pas à me contenter d’amour et d’eau fraîche jusqu’au prochain virage. Je ne cache pas ma déception et ma tristesse de lire ce qu’il pensait de moi. Une trainée. Une trainée qui traine dans sa propre solitude oui et non pas dans les bras de malotrus comme il le pense. Sous la colère les gens peuvent dire des choses. Des choses qui s’effacent, c’est bien là la magie d’Internet, mais au fond, ces quelques phrases lancées à la va vite m’avaient profondément blessée. La notion de sacrifice, j’avais compris. Abandonner une part de soi-même, au profit de l’autre, au risque de paraître pathétique et faible et de se faire maudire aussi pour ça. Une présence suffit. Elle ne coûte pas cher, ne sera jamais rendue. Où est la frontière de ma vie, de ma liberté? Définie par l’autre, je me sens prisonnière et dès que je me détache un peu, je me sens coupable. Qu’importe, le temps aide. A côté de ça, je regarde les amis, dont la vie balance entre le risible et le pleurable. Tromper, se faire tromper, rester ou partir, pardonner, faire confiance, se braquer, les éternelles problématiques de couple se ressassent à l’infini, à tout âge, à toute heure de la vie. Pour moi, il vaut mieux vivre ça avec du recul, même si l’instant présent nous écrase d’un poids dont on se relève parfois difficilement. Il y a pire dans la vie.  Et puis les amis sont là pour vous tendre la main si besoin, on ne se retrouve jamais vraiment tout seul, sauf si on le provoque par désir ou masochisme. Enfin, je vais devoir aller prendre cet avion. Je voulais finir ce post sur une pensée pour mon grand-père, parce que dimanche en famille on a commémoré les 100 jours de sa mort, c’est comme ça chez nous. Quoique que je fasse, je sais qu’il me voit de là-haut et même si je ne vis pas toujours sur une ligne droite, j’espère ne jamais le blesser de là où il est. C’est une motivation pour rester une fille bien. Bisous papy.


I live here, above the clouds

Heidi Klum
    Heidi Klum


J’aime ma vie, avec ses tâches d’encre, ses tâche d’huile, de douleur ou de douceur, ses traces indélébiles dessinées au marqueur. J’assume tout ce que je fais et vis trop bien ces petits tracas, qui commencent par quelques pleurs, se finissent dans les hourras. Je suis grande maintenant, je n’ai plus peur. L’idée de ne vivre qu’une fois m’emmène au dessus des nuages, je prends mon envol, je savoure la liberté d’être en vie. Je connais désormais l’ampleur de l’expression être au dessus de tout ça. Se sentir légère et se détacher des couacs. Mon collège a dit que j’avais changé parce qu’autrefois j’aurais hurlé pour tout ça, cogné contre les murs, pleuré seule sur le palier, l’aurait traité de tous les noms. Mais non. Se respecter c’est quoi, je le sais encore. Je n’emprunte pas le chemin de la facilité, ne saute pas sur la première occasion, ne saute pas le premier venu. La vie et tous ces déboires ont fait de la petite fille une grande aventurière un peu pugnace à la mégalomanie fugace. Il y a eu du chemin parcouru, des larmes versées, des dents serrées, presque 365 fucking days de passés. Je suis toujours là et je sens que tout va bien même quand tout va mal. Mes pas glissent sur le bitume et je marche les yeux en l’air. Je pleure cinq secondes et retrouve aussitôt la joie de vivre, d’être libre, d’être ivre, comme un marin victorieux qui a essuyé la mort sur les eaux furieuses. Je vais bien, je respire, j’ai ce bout de plexiglass entre la vie et moi qui me dit hého! prends du recul. Alors je prends le temps d’encaisser, et la seconde d’après tout redevient lisse. Avec le temps, l’exercice est de plus en plus simple. C’est aujourd’hui que je me suis rendue compte que la vie était plus belle lorsque les déceptions se vivaient dans le plus grand détachement et les petits bonheurs avec une emphase de gamin dévalant pour la première fois un tobogan. Je vie dans l’insouciance et l’insouciance nous rend plus soucieux du bonheur présent et futur.


Ni grande, ni blonde

Elisha Cuthbert
   Elisha Cuthbert

Ca m’a fait rire quelques jours en y repensant, puis plus rien, je me suis dis que de toutes façons, c’était mal de prendre les gens pour des cons. Dans l’affaire j’étais fautive à moitié. L’autre moitié était fièrement portée par celui à qui je n’arrivais plus à faire comprendre que non c’était non. Vendredi soir, j’étais au concert avec lui, parce que je nous avais pris les places il y a deux mois et que ça lui faisait plaisir de venir. Je ne m’étendrais pas sur ses tentatives lourdes et infructueuses pour me prendre la main et poser ses lèvres sur les miennes. Réticente à ce genre de démonstration en public - surtout lorsque je suis célibataire-, je le repousse, mais me heurte à sa légendaire persévérance. Le concert fini, on va manger un bout parce que je me persuade qu’en mettant un point final à tout cela, je n’aurais plus à le revoir. A l’entrée, il affirma fermement que ça y est, il était guéri, arrêtera d’être celui qui espère, ne m’attendra plus. Au dessert, il voulait de nouveau me rendre heureuse, nous donner une chance. 

Pour le coup pas de bol, ça manquait un poil de réciprocité. 

Je ne sais plus comment, on a dérivé sur K., son pote, vu l’autre jour lors du rendez-vous à 4. Je lui demande s’il ne lui donne pas des conseils. Il répond que non parce qu’ils n’avaient pas la même vision du couple. Pour sûr c’était deux extrêmes.
- K. a une copine en ce moment?
- Je crois qu’il a trouvé quelqu’un.
- Ah.
- Ca doit être une grande blonde. Il n’aime que les grandes blondes.
(je pouffe intérieurement)
J’apprends que K. ne sort pas encore avec Elle, mais qu’ils flirtouillent.
- On parie que ce n’est pas une blonde? Je n’aime pas les clichés.
- Une nuit avec moi si je gagne.
- Ok. Un verre pour moi si Je gagne.

Trop fa-ci-le.


La terre est triangulaire

Madonna Vanity Fair

Pendant que certains sur Facebook se demandent s’ils relèveront le défi de la journée sans Twitter, j’essaie, tant bien que mal de garder les yeux ouverts. 

Je repense à la journée d’hier passée avec une espèce de boule au ventre et un trac inhabituel. Vers 18h, j’ai quitté le bureau et dehors, le ciel avait des allures de soir d’été. Ca aussi c’était inhabituel. Durant la journée, j’ai vécu en live J’étais derrière toi, prêté à So’ samedi, lu au boulot derrière son écran d’ordi. Oui ce livre est bien, achetez le, lisez le. Mais non, je n’essaie pas de vous vendre du Nicolas Fargues, qu’est ce que vous croyez ? <3

Hier j’ai appris une nouvelle expression. Etre en string dans la neige. J’aime bien. 

Mon collègue est fan de Madonna, alors on a écouté son nouveau single en duo avec Justin, 4 minutes, produit par Timbaland. Hyper reconnaissable. 

Blablatage téléphonique dans les transports en commun vers 19h30, la ligne 1 est trop bondée le soir, je regrette de ne pas avoir pu aller au Charbon avec ma meilleure amie hier pour le tournage de Café Picouly avec Grand Corps Malade et Alexandre Jardin (<3²) entre autres.

Le cinéma des Halles est également blindé comme d’habitude, je croise avant d’y arriver une copine bloggueuse récemment débarquée à Paris. Ah oui c’est chouette de voir que la capitale n’est pas si grande.

Je retrouve K. devant le ciné, on se claque la bise. Normal.

Un film, et quelques verres dans un bar à vin un peu hype près de la rue Montorgueil plus tard, les rues de Paris et les quai de métro déformés par l’ivresse nous accueillent à bras ouverts peu après minuit.

Le temps est passé très vite entre 18 heures et 3 heures du mat’. A 3h15, dans les rues désertes de la capitale, je salue les quelques noctambules que je croise. Il ne fait pas très froid, j’ai la tête qui tourne, j’essaie de marcher droit, tout va bien jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y a vraiment personne sur la route. Je me mets en plein milieu, hèle un taxi et par chance, j’en trouve un pas très loin, pas très longtemps après mon irruption sur le grand boulevard, lequel je ne sais plus. Dans le taxi je check mon téléphone et lis un texto de ma meilleure amie qui n’est pas des plus heureux. Je me dis merde faut que je l’appelle. 3h30 déjà, c’est mort. Sur le chemin du retour, je papote avec le chauffeur, tout en regardant le paysage parisien qui défile au ralenti. Mon papa aussi était chauffeur de taxi, faisait des horaires à la con, je ne le voyais que le week-end, c’était chiant. Par la fenêtre, je regarde les routes vides, je trouve ça beau, ça donne envie d’en faire une scène de fin de film.

Lorsque j’éteins la lumière alors qu’il est bientôt 4h, je me repasse certains dialogues de la soirée.

- Tu sais bien que je ne peux pas tomber amoureux de toi.
- Ah bon.

- Je veux une relation franche et honnête entre nous. On se dira tout.
- Bah oui.

- On est presque un couple alors?
- Pourquoi presque, je n’irais pas voir ailleurs.
- Ah bon.

- Je pars en vacances avec mon ex la semaine prochaine. On part en Tunisie, mais il ne se passe plus rien entre nous.
- Ah ouais.

- On ne se revoit donc que dans trois semaines.
- Mes vacances, ton séminaire, nos emplois du temps de ministres. He oui.

Je me suis trouvée très loquace. Oui bien sûr.


A Propos

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