
J’ai perdu le mot de passe de mon ancienne boite mail, envoyant ainsi cinq ans de correspondance électronique sur les roses.
[sigh]
Ce bouquin (J’étais derrière toi) m’avait décomplexé de ma relation avec T, de mes excès de sentimentalisme ces derniers mois, de la violence caricaturaux de nos rapports. J’avais fini, au bout de six longs mois d’introspection, par accepter les faits, nous pardonner l’un l’autre et rendre humaine une relation que j’avais mythifié. L’idole était redevenue un héros ordinaire, et l’amour déchu de son statut de science exacte. J’éprouve un soulagement indicible à l’idée de tourner une page sans amertume enfin et d’avoir réussi à étouffer une rancoeur tenace, castratrice à souhait.
Certaines histoires pouvaient nous faire boire la tasse du jour au lendemain, nous n’en n’étions pas pour autant fous. Je ne voulais plus penser à tout cela même s’il faut avouer que cette histoire avait fichu en l’air une grosse partie de notre année.
Cela fait plusieurs semaines déjà que je ne me lève plus les poings serrés, la colère triste au coin de l’oeil, l’envie de vomir au petit matin. J’avance avec un peu plus de certitude. L’échec était dû à manque d’expérience et sans doute commettrais-je encore des erreurs. L’important était de savoir prendre du recul, de la hauteur, comme ils disent.
Je déménage dans deux semaines et je réalise que je vais réapprendre à vivre et à goûter ce sentiment de liberté inaliénable. L’appréhension d’être déstabilisée les premiers temps se heurte à l’excitation d’une expérience nouvelle. Je quitte la banlieue chic pour une autre banlieue chic, deux stations de tram plus loin, dans mon studio au dernier étage d’une résidence coquette. Je me fais à l’idée d’habiter à nouveau seule, de me défaire d’une infantilisation excessive, de reconstruire une vie propre.
Je pleure encore certains jours, blessés par les autres et la vie, bousculée dans mes convictions, mais ça reste un léger moyen d’expression et non plus l’explosion d’un désespoir quelconque.
Je respire lentement en marchant dans la rue, j’avance les yeux au ciel pour ne plus être entrainée vers le bas, je savoure cette demi-victoire.












lee says:
Fière de toi, et de tout ce que tu réussis à entreprendre. C’est beau comme ça =)
Sep 25, 2007, 19:58