
Katherine Heigl
Elle a dit je crois que vous êtes prête. Cette phrase annoncée de manière très solennelle, suivi d’un vous pouvez le faire, m’avait interpelée. Prête à m’allonger sur le divan, ne plus la voir, parler en observant le plafond, les doigts tordus sur mon ventre (déjà fait), plongée entièrement dans mes introspections. Sur le coup, ça m’a fait surpris, parce que je ne m’y attendais pas. J’allais dire, ça va trop vite pour moi. Mais le divan, je connais déjà sauf que j’avais au bout de trois séances avec elle, compris combien le soutien de son regard était important. Sans ses lunettes noires, je la trouvais plutôt sympathique. J’avais enfin rencontré la personne idéale pour accorder ma confiance tous les lundi de 20h à 20h30. Les séances hebdomadaires se succédaient naturellement, je les attendais avec impatience, préparant minutieusement chaque fois quoi lui dire, mes réflexions, mes suppositions, mes interrogations. Avec elle je ne mens pas, ne joue pas, ne cache pas. J’avoue mes fautes, mes faiblesses sans honte, sans peur de me heurter à son jugement, car il y en a si peu. Parfois mon débit de parole me surprend. Je n’avais jamais autant parlé, confié, éprouvé, souffert en paroles. Je parle trop vite sans reprendre ma respiration, puis me heurte au silence, comme un calme apaisant après l’explosion de toutes ces émotions retenues ces longues années de pélerinage vers l’âge adulte. Il m’aura fallu 23 ans. J’avance à grand pas. On a touché le coeur du problème hier soir. Je me sens rassurée. Elle ne prédit pas l’avenir, mais l’éclairage de mon passé avait de quoi me soulager. Le trop de pourquoi trouvait ses réponses durant cette plongée intérieure. Je ne me noie plus dans mon pathos, j’apprends à nager.
J’écoute Thomas Dutronc et suis de bonne humeur. Django Reihnar style.


















17/12/2007 at 15:50 Permalink
C’est pas facile le divan.
C’est une preuve de courage de s’y épancher
Juste bravo !