Matin, midi et soir j’y pense. C’est une petite obession qui grandit et tourne en rond, sur une mélodie dont je ne connais plus le nom. Il est 9h du mat’ et j’ai envie de me shooter à quelque chose. Au lieu de cela, je bouffe des clémentines en terminant la première saison de Californication. Hier soir, je me suis dit que je ne pouvais pas crever avant d’en connaître la fin. Ca serait trop con. Je ne sais pas quoi écouter. Pas de chansons tristes, c’est putain de pathétique, pas de chansons gaies, je ne me sens pas d’entrain à sautiller dans la maison. Un bouquin à écrire, c’est sur ma liste. Se rêver en haut des charts, avec son nom sur les étagères en file, cinq par cinq en bout de gondole, c’est ce dont je rêve, un rêve qui vaut des nuits blanches et une procrastination à foutre à la poubelle. Ne plus y penser déjà, et puis croire à ce que j’écris toute la journée sur mon carnet je peux y arriver, je peux y arriver, je peux y arriver. C’est comme une punition, ça nous rappelle l’époque où gosse, on faisait des conneries et qu’en écrivant des phrases de merde cent fois sur ces lignes sans intérêt, ça nous perforerait le crâne. J’ai un trou dans le cerveau, ça m’empêche de réfléchir. Avant de m’endormir, je me suis souvenue de ce qu’elle m’avait dit il y a six mois plus tôt, qu’on n’allait plus se voir un temps. Ah oui, c’était donc ça. Super. Super. Je viens de le dire tout haut, toute seule, comme une grande. Un temps c’est quelques semaines, quelques mois, quelques années. Un temps, c’est l’éternité, le jamais, le forever des histoires sans happy end. Enfin, je suis contente. Quelque part, si je n’étais pas névrosée, je n’aurais jamais voulu être écrivain. Ca en fait des histoires à raconter. Des histoires blindées de clichés, de nanas malheureuses à cause de quoi, d’histoires à la con. C’est banal. Mais la banalité vous entraine parfois sur des chemins que personne d’autre ne connaîtra. Une banalité extraordinaire et singulière. C’est comme un merveilleux malheur. Quel putain d’oxymoron. J’en boufferais bien des oxymorons. Les cours de littérature me manquent, de philo aussi. Quand j’étais au lycée, je voulais devenir prof de philo. Mais quelle importance. Mardi matin. Pas envie de bouger de la maison. Tout le monde fait la grève, les cheminots, les fonctionnaires, moi. Je n’aurais pas dû décrocher le téléphone hier soir. Maintenant j’ai tout débranché, tout éteint, je n’allume plus rien. je suis dans une bulle. Une bulle comme en 1984, avant de faire plop sur une table d’opération. Dans un peu plus d’un mois je vais avoir 23 ans. Je vais bien pondre un bouquin avant mes 25 non? Je vais pas crever avant hein? En 84 je suis née et j’aurais dû crever. Putain la médecine. Merci de m’avoir sauvée, d’avoir sauvé une névrosée, merci. Putain ils me font rire les médecins quand ils me disent vous en avez de la chance d’être sortie d’une méningite sans séquelle. Mon cul, ça se dit. J’vais aller verser ma névrose dans mon bol de céréales, je n’ai plus de lait. Fuck. Enfin, je ne suis pas là par hasard, sinon vous ne me liriez pas, n’est-ce pas.













lee says:
je sais pas si tu connais, mais ça vaudrait le coup d’oeil. J’ai une musique à te proposer, calme et reposante.
Nov 20, 2007, 11:52Si cela te dit, mail - moi petite suk’, je me ferais un plaisir de te faire découvrir (ou pas) ce groupe bien sympathique.
Bisous =)
shoebox says:
je suis curieuse…
Nov 20, 2007, 16:42cette histoire avec cette fille, cette ancienne “amie” a qui tu ne parles plus aujourd’hui…
De quoi s’agit-il ?
je ne parle plus à une amie depuis presque 7 mois, sans savoir pourquoi, et j’aimerais savoir ce que tu penses de ça, de cette façon de couper les ponts avec une personne dont on se sentait si proche il y a alors si peu de temps …
sukie says:
shoebox, en réalité, avec du recul je me dis que j’aurais du aller vers elle dès que le problème s’est déclaré. Au lieu de ça, j’ai laissé trainer, trainer et ça a duré trois ans. Trois ans sans nouvelles, avec des remords et des souvenirs qui me bouffaient chaque fois que je passais sous sa fenêtre. Cette fille à l’époque était ma meilleure amie. Et les amitiés féminines à cet âge-là (à n’importe quel âge aussi d’ailleurs) sont fusionnelles. On avait 18 ans et sbam un jour je tombe amoureuse et je ne vois plus que lui, la délaissant. Et puis le temps passe, les relations s’effritent et je reconnais aujourd’hui avoir fait une grosse erreur. Enfin, on s’est expliqué (quelques années plus tard) et pendant longtemps elle a refusé d’entendre parler de moi, ce que je comprends; Avec encore plus de temps, les choses se sont décantées, je l’ai revue à ma crémaillère (il y a 8 mois), c’était le temps d’enterrer la hache de guerre. Et aujourd’hui même si rien n’est plus comme avant on se “reparle”. Disons que nous n’avons plus les mêmes relations, mais ça me fait toujours plaisir d’échanger quelques mails avec elle, avoir de ses nouvelles etc. On ne coupe pas les ponts pour rien. Il y a toujours des raisons valables ou pas. L’important est de ne pas perdre de temps pour savoir de quoi il s’agit et régler ça au plus vite avant de devenir des inconnues l’une pour l’autre. Enfin, tu sais, il arrive aussi parfois que certains chemins se séparent par circonstances ou par volonté de changement. Il faut demander. Le pire c’est d’avoir été écartée et de rester dans l’ignorance. Bon courage à toi.
Nov 20, 2007, 16:57