
Anne Hathaway
C’est fait. J’essaie de ne pas trop y penser. Réalisais-je encore? Je ne sais pas trop. Ca viendra avec la déshabitude. Se lever sans personne, se coucher sans personne, n’avoir personne à attendre, à charrier, à fuir, à qui ouvrir ses bras pour une étreinte innocente. Les premiers jours ressemblent au désert. Ni joyeuse, ni triste, je suis aride de sentiments. C’est par peur de pleurer que je me cantonne à cette platitude des émotions. J’ai peur de déprimer sec quand je me rendrais compte qu’on est séparé pour de bon.
Je repense à la mésaventure de vendredi, qui en soi, n’est pas un drame.
Sur le moment, comme de circonstance, je me suis dis Fuck, Fuck, Fuck, I’m fucking fucked.
La surprise avait déserté, seule la déception était à l’heure. J’ai
laissé rouler une larme, puis d’autres suivirent sans se presser.
Ma lassitude finit par les sécher. Le cru 2007 était
amer, pateux au goûter, au toucher, aussi rude qu’une claque. Ca
n’avait pas d’importance, ou si peu, mais il fallait se
faire une raison.
J’avais vécu le meilleur, l’avant, le flirt, le
dessert d’une histoire. Qui disait déjà que le reste était du
remplissage. Les histoires qui s’achèvent avant de commencer évitent
bien des maux d’un jour, ou ceux de toujours. Les relations devraient
toujours ressembler à mes romans, ce patchwork de commencements, ces
bouts de vie écourtées.C’était bien, c’était frais, c’était autre chose
que ces longs mois de déprime, aussi clairs qu’une nuit de pleine lune.
Ce n’est rien, comme chantonnait Julien.
Les relations vont et viennent, fluctuantes, sans logique, imprévisibles. Avec l’expérience, j’avais appris à être laxiste avec ce genre de déboires. L’empathie l’avait emporté. L’histoire avait été écourtée par le retour de son ex, qu’importe. Je comprenais, sans hypocrisie. On est tous tentés un jour de reprendre une histoire, se donner une chance, privilégier une relation passée, chargée de sens plutôt qu’une nouvelle aventure sans profondeur. J’avais moi-même tenté deux fois le repêchage. Deux échecs à vrai dire. Je ne pouvais en vouloir aux autres d’essayer. Pour avoir passer six mois sous le même toit avec le mien, j’avais bien assimilé la problématique de l’ex.
La vie continue.
Nouvelle, effrayante, aux odeurs de solitude les premiers temps. Le déménagement a été un quelque peu douloureux, mais il ne faut pas s’y attarder.
Le plus dur était de faire les cartons. La moitié de l’appart’ est resté anyway sur
place. Je me suis surprise à jeter des amoncellements de paperasse et
babioles, moi qui suis d’habitude une fétichiste des "trucs inutiles
mais souvenirs-collectors". Flyers, tickets de métro, de ciné, jouets
kinder surprise, autocollants Malabar, billets de spectacles etc. J’ai
du mal à jeter, même les carnets de correspondance qui sentent la
naphtaline. Iiiik.
L’empacketage d’une tranche de vie est propice
à la pleurniche. Le problème avec ces vestiges, ce sont les vapeurs des
souvenirs qui s’en dégagent et qui piquotent les yeux et la poitrine. T’as
l’air con à pleurer au milieu des boites à chaussures remplis à ras
bord de ces réminiscences éphémères. Pissons des larmes et repartons de
bon coeur.
Le pire, ce sont les photos, qui trainent dans un
bouquin ou entre deux factures d’électricité. Ah oui, c’était moi ça.
C’est vrai qu’on est parti là ensemble. Tiens, il faisait beau à cette
époque là…
Dans mon nouvel appartement, il n’y a rien de vieux. Ca sent le neuf. Même les vieilles photos ne dégagent aucune nostalgie. Ici je me sens bien, malgré son absence.
Je sais que je peux vivre sans Lui. Je sais que nous resterons en bons termes, malgré ces six derniers mois de lutte acharnée. Entre soulagement et tristesse, je lui porte une tendresse et un attachement qui ne sauraient s’éteindre dans l’immédiat.












lee says:
Courage ptit bout de femme. Au moins tu vas de l’avant. Et déguste la nouvelle vie qui s’offre à toi. Au moins ça… =)
Oct 22, 2007, 17:04So' says:
Repense a la tecktonick dans le camion, sur le parvis de la Défense … Et pis bisou pour la peine
Oct 22, 2007, 19:49T. says:
Moi ça me rend triste. C’est con en fait. On a tellement lutté pour en arriver là. Le vide, autour, le néant, partout. Ça vient par vagues, ça pique. Tant pis.
Comment on a survécu au fait ?
Oct 22, 2007, 23:15