
J’erre. Un moment, sur le bord de la route je me suis assise (et non je n’ai pas pleuré), j’ai réfléchi, me suis trouvée absurde, oui c’est le mot, je voulais en rire, j’ai fini par ne plus savoir quoi en penser. Tout cela ressemblait à un joyeux bordel, mais était-ce la peur de l’ennui qui me poussait à vagabonder dans ces histoires. Elle m’écoutait, comprenait, riait de tout cela, en mangeant un bateau pleins de sushis/sashimis/makis avec moi. On était comme deux gosses en train de se regarder faire des bêtises, à se raconter nos relations décalées et des sentiments qui finissaient par se faire la malle comme un printemps fuyant. On passait trop vite de l’hiver à l’été, se caillait les miches, puis transpirait, la transition se faisait difficilement, quelqu’un a coupé le chauffage et/ou la lumière brutalement, dans un instant de doute, je me sentais en insécurité.
Il l’aimait trop, lui envoyait des je t’aime à tout va, ceux qui remplissent des textos entiers avec 160 caractères, et ce jusqu’à 4 heures du mat’. Je soupire et j’envie. Son choix ne sera pas facile. Je te le rappelle ma belle, ta deadline c’est fin juin. Là, on est en plein business plan. Dieu, que l’amour est dénaturé chez nous.
On a ce don de provoquer des aventures qui finissent en eau de boudin malgré nous. On se demande qui voudrait vivre nos vies. On voudrait faire un échange, troquer contre un peu plus de stabilité. Ca nous ferait du bien, d’arrêter tout ce cinéma.
Ces derniers temps on me dit que je vis à la trentenaire, mais je me sens comme une gamine partie voler une robe à sa mère et qui essaie tant bien que mal de jouer un rôle de grande personne qui ne lui sied pas. Je suis une adulte mal fagotée, corps d’enfant, esprit d’ado, histoire de grands. Je flotte dans un costume trop grand et ne maîtrise pas la démarche dans ces talons trop hauts. Je me casse la gueule par manque d’expérience et me noie dans en l’absence d’un mode d’emploi concret. Les amis s’éloignent au milieu de toute ces restructurations, théorie des sphères, les uns restent, moi je pars, je ne vais pas non plus casser leur dynamique de groupe. J’ai des difficultés à tourner une page lorsqu’il faut écrire la nouvelle avec des éléments du passé. Désolée, j’ai du mal, je manque de recul, je m’en excuse. J’ai besoin d’y aller from scratch. Maintenant que la titulaire a pris ma place, revoilà la dreamteam au grand complet. En ce moment, je remplace dans une autre de équipe, ne vous en faite pas pour moi. Je me sens devenir une caricature de la fille moderne libérée, complètement à côté de la plaque. Je vais ici et là, cherchant une place, mais me retrouve sur la touche, en attendant d’entendre mon nom. Présente!
Hier soir, je lui dis en rigolant (pourquoi dois-je le préciser) qu’il ne ne manquait plus que les prêtres et les hommes mariés pour parfaire ma vie insensée. De toutes façons, maintenant qu’on est sorti de la tragédie, en fond sonore, je me fabrique mes propres rires pour agrémenter cette comédie. Qui R. va-t-elle choisir? Pourquoi V. m’invite-t-il à manger de la glace chez lui et veut-il me chanter une sérénade sous mon balcon? Pourquoi surtout massacre-t-il à la guitare mon morceau préféré. Le pauvre. Pourquoi K. veut-il me voir avec un autre homme? R. va-t-elle céder aux assauts de son ex amoureux transi? Puis R. (l’autre) me dit que tant que je dépasse pas une équipe de foot c’est tout bon. Trop d’hommes tue l’amour, c’est bien vrai. Le défi c’est d’avoir une vie normale. Mais c’est quoi la normalité? Non mais c’est n’imp’ cette histoire. Oui, j’aimerais bien me poser un peu. Vivre des relations à la cool, les multiplier par manque d’intérêt, c’est chiant à la fin. Les hommes sont barjes. Et moi aussi. Je ne trouve plus ça drôle et je ne sais pas combien de temps ça va encore me faire rire toute cette histoire. Non t’as raison, pour une fois, j’aimerais qu’on me nomme, pour ne plus être juste une présence fantôme et éphémère.
Je suis une petite conne égoiste. Mais ça ne durera pas. Juste le temps d’une transition.




















22/05/2008 at 16:33 Permalink
G. pense que S. écrit grave bien.
22/05/2008 at 16:41 Permalink
S. remercie chaleureusement G.
22/05/2008 at 17:36 Permalink
T’as une vie d’actrice de série américaine toi ?
22/05/2008 at 17:45 Permalink
Victor, je dirais un mélange de Melrose Place et How I met your mother!
24/05/2008 at 10:40 Permalink
je comprends pas tout parceque je découvre mais une chose est sûr du style tu as jeune fille assortie d’une jolie plume
26/05/2008 at 13:11 Permalink
Merci la fée