“La carte n’est pas le territoire”

Night in Vietnam

Cette semaine fut déterminante. J’y ai enfin pris le tournant que je souhaitais. Durant ces derniers jours, je suis passée par toutes sortes d’émotions. La tristesse, la colère, la peur, la volonté surtout de trouver des réponses et une certaine justesse de réaction à défaut de parler de justice.

J’éviterais de tomber dans le commun et la platitude en énonçant cette idée selon laquelle la vie est jalonnée de compromis et de choix. Face à certaines situations, vous ne savez parfois pas comment réagir. Malgré le fait que je me suis fait violence pour ne pas commettre d’impairs sous impulsion (car il n’y a rien de pire que d’agir l’esprit embué de sentiments parasites), j’ai pris mon temps pour écrire ce post.

Donc je disais, comment réagir face à une blogueuse qui fut votre amie et qui écrit noir sur blanc sur son espace que vous êtes une hystérique qui mérite l’asile. En fait d’une j’ai chialé, faut l’avouer parce que ça fait de la peine, puis je me suis demandée si la volonté de couper les ponts avec quelqu’un était un motif valable pour entrer à Vinatier.

Je suis sûre qu’on a tous vécu ça. Des amitiés dont vous ne voulez plus un jour pour un motif ou un autre. Et avec le recul, je dirais qu’avoir des amis véritables n’est déjà pas une mince affaire et que les choisir dignement n’a rien avoir avec la folie, encore moins l’hystérie.

Mais là n’est pas le propos, je ne suis pas là pour me faire justice, mais simplement pour dire qu’en tant que blogueur chacun se doit de respecter une certaine éthique. Ce n’est pas parce qu’un blog peut être un journal intime qu’on a le droit d’écrire ce que l’on veut, en particulier, lorsque cela incrimine un tiers. Un blog peut être votre mur des lamentations si vous le souhaitez, mais le considérer comme un lieu où il est acceptable d’insulter les gens, sort des limites de la web-éthique, encore plus de votre éthique personnelle (si vous en avez une). Les gens oublient-ils qu’un blog, à défaut d’être accessible que par une seule personne, peut être lu par deux, dix, cinquante personnes ou plus. Et c’est amplement suffisant pour s’exiger des limites.

Les lecteurs restent ils neutres. Prennent ils partie par sympathie. Connaissent-ils l’histoire si ce n’est celle relatée qui n’est qu’une seule version des faits.

Online ou off line, je ne retiendrais qu’une chose pour relativiser cette histoire. J’ai longtemps réfléchi pour dénicher cette vérité, du qui a tort, qui a raison. En fait c’est un peu bullshit de faire ça. Post-rationnaliser des faits passés ne sert parfois à rien.

Mais une seule phrase résumera très bien les choses et c’est à Alfred Korzybski que je la dois : “La carte n’est pas le territoire. Ca signifie que les représentations internes qu’on donne aux faits (et donc celles que l’on va retranscrire aux autres) ne font pas forceement la restitution exacte de l’évènement. Chacun bloguera ce qu’il veut mais qu’on n’oblige pas nos lecteurs à devenir juges ou parties prenantes de notre vie.

Bref, pour arrêter de post-rationnaliser une fois de plus tout ceci je concluerais sur ce magnifique constat d’Einstein : “Quiconque prétend s’ériger en juge de la vérité et du savoir s’expose à périr sous les éclats de rire des dieux”

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One Comment on "“La carte n’est pas le territoire”"

  1. Romain
    06/10/2008 at 10:20 Permalink

    Pour être malencontreusement un pion assez central de cette histoire, laisse-moi te dire (et c’est aussi ce que je t’ai dit hier soir) que rien ne me désole plus que de voir comment finit votre histoire d’amitié à toi et elle, que ce soit ses paroles qui, j’en suis sûr, dépassent sa pensée, ou la peine que ça peut te faire…

    J’aurais aimé pouvoir régler les choses, ou au moins, que ça se passe autrement.

    With my humblest apologies,

    R.

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