On a mangé, comme chaque fois pour se raconter nos vies. On s’emmenait dans des endroits un peu chic pour se confesser, en espérant qu’un jour nous y retournerions accompagnées d’un autre. On s’était dit qu’elles étaient un peu complexes nos vies, qu’on ne savait jamais trop bien ce que l’on voulait ou du moins le découvrions nous un peu trop tard. On courait après ce qui n’existait plus mais qu’on projettait de faire dans les mois à venir, dans même plusieurs années. On y croyait. Je lui ai confié mon plus lourd secret, le pire de tous. On sera deux à l’emporter dans notre tombe, je ne me sentais pas de porter seule ce poids-là. Il était trop lourd, le voilà un peu moins. Nous nous extasions sur le décor, les couverts, les poissons de l’aquarium pour faire passer nos regrets. On a balayé nos vies et ça sentait la poussière à certains passages.
Et puis j’ai repensé à l’autre, que je n’arrivais pas à quitter. En faire trop, ça m’écoeure, me fait peur, me fait fuir, très vite,
très loin, me refroidit. Déjà malade, je me sens cadavéreuse en
repensant à tout cela. Les amis avaient beau pronostiquer sur mes
nouvelles relations, je savais au fond que je n’allais pas me forcer
pour contenter autrui. Certains pensaient encore que je souhaite rendre
l’ex jaloux, ou pire, l’acheter certains jours. Deux jours, deux
semaines, deux mois, un an. Tandis que les uns jubilaient sur une
rupture, l’autre comptait les jours, moi j’avais fini par banaliser les
relations. Tout cela n’avait rien de mathématique, il fallait y aller
au feeling. Si certains cherchaient à se caser comme on cherche du
boulot, je n’accordais qu’une importance moindre à la durée d’une relation, je ne vivais pas pour autrui, je vivais pour être heureuse, être bien, point. peu importe, CDD, CDI ou intérim. Je ne cherche pas à tout prix
à m’engouffrer dans une relation sentimentale pour combler un vide quelconque. Si ca
vient tant mieux, si ça repart, tant pis. La mièvrerie et
l’ultra-romantisme avaient fini de me dégouter des histoires à l’eau de
rose trop rose. Ca me tuait les yeux. Je préférais le subtile, le
flirt, le jeu de la rencontre. La facilité avait l’art de m’éloigner de
toute implication. J’en avais trop entendu durant ces deux premières semaines de relation. Il avait réussi à me dégoûter du sentiment amoureux.
Les écueils entendus en ce début de relation : Génial, la St Valentin, on fait quoi? (no way…), j’ai parlé de toi à ma mère! (pas moi), bientôt j’aurais ma brosse à dent chez toi (au fond de ma poubelle oui…), mon appart est très bien pour vivre à deux! (j’aime vivre seule dans le mien), j’aimerais me réveiller à côté de toi dans 20 ans (hum…), tu es celle que je cherchais etc. Et là je dis stop, je vais aller vomir un coup, je reviens. Au fond, on cherche toutes des mecs romantiques, je me suis toujours dit que le jour où un mec m’offrira des fleurs, celui là… Mais là, ce n’était pas possible, je n’en pouvais plus plus. Je criais sans cesse au secours dans ma tête. Je cherche une porte de sortie
Je travaille sur ma lettre et je ressasse les phrases sans jamais leur trouver le bon sens, les bons mots. Parce que le pire c’est qu’en ce moment je suis obnubilée par autre chose, par quelqu’un d’autre, par un amour passé derrière lequel je cours. Je fais partie de ce qu’appelle mon copain les romancières. Heureusement qu’il ne les aime pas, je vais jouer sur ça pour fuir. Eternelle insatisfaite, en perpétuelle création d’histoires. Pour moi l’amour et le bonheur doivent être simples. Lorsqu’ils ne sont pas mis en évidence dans une situation, c’est que c’est mort. Là, c’est mort.
Est-ce que j’ai peur de m’emmerder dans la vie? Est-ce pour ça que je cours après toutes ces aventures. Non pas vraiment. Je me sens assez stable, sauf qu’en amour, je n’ai plus 18 ans. L’eau a coulé sous les ponts et je continue de croire qu’il est possible d’être heureux à deux. Ici ma relation s’impose comme une contrainte, c’est pour cela que je souhaite en sortir et non pas par plaisir de faire du mal à quelqu’un.
J’ai allumé neuf bougies, fait neuf voeux, tous réalisables, je suis en quête de leur réalisation.
Bref, la vie continue avec son lot d’histoires et moi je vais aller faire joujou avec le MacBook pro que mon collègue m’a ramené de Miami Beach. *soupir*
Ce soir on va voir Kavanah au Bataclan. On va s’marrer, hein!
Sur mon tableau noir, j’ai écrit ça, persuadée que c’est vrai.

J’ai refermé le tome 22 de 20 the Century Boys, la meilleure série de tous les temps. Je les ai tous bouffé en 2 semaines, squattant la Fnac tous les deux jours. A la dernière page, j’ai pleuré. Et puis j’ai appris qu’il y avait une suite alors ça m’a soulagée.

On s’écoute T-Rex pour le coup.











