
Christina Ricci
Un peu fatiguée, un peu 2 heures 30 du mat’, ligotée par l’euphorie, et quelques éclats de rire, entre deux stations de métro. Je rentre chez moi, titubant sous un ciel piqué d’étoiles, comme mon futur ascenseur, visité ce matin à la récupération des clés de mon nouvel appart’. Plongé dans une pénombre peu habituelle pour un ascenseur, trop sombre pour être honnête, c’était un lieu de fantasmes inassouvis où l’on aurait envie de faire l’amour matin midi et soir. Le couloir est rouge, éclaboussé de motifs floraux, encadrant ma porte tout aussi flashy, aux airs de cabine téléphonique londonienne. Le reste est passé à la trappe. Je me souviens du week-end bien arrosé, de l’anniversaire festif de futur ex-colloc’, des coronas bues dans le froid pour encourager notre équipe de France sur écran même pas géant d’un bar près des Halles, de la défaite sans saveur, de la musique old school du N’importe Quoi (bar ma foi sympathique), du train de banlieu m’emmenant chez les parents, des aller-retour dans les rayons de Leroy Merlin pour trouver des bricoles pour le déménagement, des cartons qui s’entassent à la maison, de son absence tout ça, des retrouvailles avec des amies que le temps a éloigné. Ce soir, je me sens légère. Sur le chemin du retour, je ris bêtement, je souris sans raison, la moitié de la bouteille de rouge m’aide bien, sa présence aussi. J’aimais sa compagnie.











