Il y a quelque chose de magique à Paris, d’inexplicable et d’insensé, de merveilleux et d’imprévisible. L’euphorie peut jaillir d’une soirée improvisée.
La vie semblait en berne hier. Pont du 1er mai, il y a de la place pour s’assoir dans les transports, les gens bouquinent sereinement, se laissent balloter par le tram qui avance sans se presser et les rares travailleurs n’accélèrent pas la marche.
La journée se passe calmement, les clients sont au repos, je réponds à deux trois mails courageux, me laisse aller à regarder par la fenêtre, contemplant un ciel en demi-teinte, plus clair que nuageux. L’heure passe et je me demande encore ce que je vais faire de ma soirée. L’ex est occupé avec ses amis venus du sud, les potes s’en vont au ciné, les gens en couple restent en couple, certains amis sont en vacances, les autres, je ne sais.
Je passe une heure à discuter sur msn avec ma meilleure amie et me prends une bonne claque dans la gueule. Je décide de me faire une soirée en solo pour me remettre les idées en place.
Je prends mon aprèm’ comme on dit et quitte le boulot vers 17h. A la Fnac je récupère les billets pour le prochain concert de The Audition et m’en chope une autre pour aller voir Diary of Dreams le soir même. Rien de tel qu’une bonne soirée électro dark pour chasser le spleen.
Quand j’arrive au Nouveau Casino, la salle est presque déserte. Je suis toujours mal à l’aise de voir une salle de concert à moitié vide, je suis emmerdée pour les artistes. Le concert débute une bonne heure plus tard, sans première partie, la salle s’est un peu remplie, sans craquer non plus.
C’est la révélation. Ne connaissant que très peu la musique de ce groupe allemand, je me laisse vite embarqué dans leur univers. Quelle étrangeté. Vous savez ce qui me manquera le plus en quittant Paris? Cet éclectisme dans lequel on baigne sans cesse. La semaine passée, j’applaudissais KT Tunstall au Casino de Parism hier soir, je dansais sur de l’électro dark, mercredi, je revois Girls in Hawaii à l’Olympia.
Pour revenir à Diary of Dreams, c’était assez énorme. Les yeux fermés, j’ai senti la musique me pénétrer et m’envahir jusqu’à me désarçonner complètement, C’est fou. J’ai laissé couler un moment une larme qui m’a fait un bien fou, mon dieu que c’était bon. Certes, il y avait peu de monde, mais la foule était enthousiaste. Des groupies chantaient les chansons par coeur au premier rang en poussant des cris stridents, c’était attendrissant.
Je finis la soirée dans mon bar fétiche à Bastille, toujours en solo. Ca fait un peu alcoolo, mais dans cette fabuleuse capitale, on fait toujours des rencontres. Lorsque le barman me demande si j’attends quelqu’un et ce que je fous seule ici, je réponds juste que je viens boire les meilleurs mojitos de la capitale. J’enchaine donc les mojitos (un peu trop vite à mon goût et au goût de mon portefeuille), fait la connaissance de ma voisine déjà très pompette, qui me présente à tous ses potes. Prof de danse, elle agite ses bras pour mimer la tecktonick sur je ne sais plus quelle chanson, c’était assez hilarant. Le barman paie sa tournée de shots vodka caramel, B., pote de ma voisine me fait de appels de phares, m’offre une rose, je commence à parler trop fort, ris seule aux toilettes, promets au barman de revenir le lendemain, vais manger avec mes nouvelles connaissances, prends le dernier métro, continue en taxi à partir des Champs Elysées, me réveille, quelques appels en absences, un texto qui me demande si je dors à 6 heures du mat’. Oui en effet. Le propriétaire de la rose et du texto ne font qu’un, et je me souviens même de son prénom. Il me l’avait dit au resto Mince, je lui fais du gringue toute la soirée et elle ne se souvient même pas de mon prénom. Oui il faut dire que je ne suis pas douée, j’avais retenu celui des 6 autres personnes présentes…
Bref, ce fut une soirée charmante et ce matin je n’ai même pas la gueule de bois.













Kalenovsky. says:
“Je suis toujours mal à l’aise de voir une salle de concert à moitié vide, je suis emmerdée pour les artistes. ”
May 03, 2008, 11:05Pareil !
Marion says:
Moi je veux l’adresse du bar qui fait les meilleurs mojitos de Paris !

May 03, 2008, 17:39Ju says:
C’est des avis comme ça qui me rassurent dans mon idée que Paris c’est quand même une putain de ville de malade !
May 03, 2008, 22:08