Vous n’êtes pas.

Rose McGowan
Rose McGowan

C’est comme tout, c’est comme rien. C’est comme le bruit de la pluie qui s’abat un soir d’hiver dans un coin de ma tête. Les pas qui mènent nulle part ou sur un autre chemin, plus loin que tout ce qui s’imagine les jours trop ordinaires. Il y a des matins comme ça, où le bien et le moyen se mélangent et s’organisent avec la platitude et l’extase, cette espèce d’orgie qui monte et qui descend, sans répit, sans histoire. J’erre sans fin, sans faim, le ventre vide, les yeux humides, le coeur creux, pleins d’échos, de maux, des mots qu’on s’arrache du bout des lèvres et se chuchotent pour ne pas écorcher notre égo. On ne se dit plus rien, les regards muets révèlent l’absence prolongée, les émotions ulcérées. On n’entend plus rien, que le bruit sourd des insultes et les mensonges qui crèvent le plafond, lézardent les murs, creusent les blessures. D’une passion routinière, on fabrique une usine à mines, prêtes à exploser lorsqu’on y pose sa langue, appuyant sur la gâchette, tirant ces paroles qui touchent en plein dans le mille. C’est fait, c’est ainsi, c’est l’histoire, écrite d’une main qui ne tremble pas. C’est la voix, qui la lit, sans assurance, qui révèle toute les failles. On vit ainsi, notre condition, ni trop pauvre, ni trop chère, ni fardeau, ni cadeau. J’en ris, j’en pleure, j’en contemple des plafonds pendant des heures. 


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