J’ai lu
La ballade de l’impossible – Haruki Murakami vs Trần Anh Hùng
26/04/11

J’ai été estomaquée de découvrir dans mon UGC préféré l’affiche de La Ballade de l’impossible. Première réaction : non ils ont pas osé ?! Second réaction : le bouquin est sublime, peut être qu’ils ont réussi à en faire un très beau film. Je vais peut être attendre de voir avant de m’affoler. Le lendemain, je retourne dans mon cinéma UGC préféré. Cette fois-ci, j’ai droit à la bande-annonce et ça m’a tourneboulée. Les images, l’atmosphère, les acteurs, j’ai vraiment eu envie d’en voir plus. Ceux qui connaissent l’univers de Haruki Murakami, savent combien il peut être difficile de retranscrire cet univers mélancolique-poético-onirique, malgré qu’il soit très visuel. On pourrait craindre de tomber très vite dans le pathos Je ne sais pas si c’est le roman de Murakami que je préfère. Certains, je ne les ai pas finis. Les Amants du Spoutnik m’avait touchée. Je me suis toujours dit qu’il fallait que je lise Kafka sur le rivage. En attendant, cette adaptation vous donnera sans doute envie de découvrir son oeuvre ou du moins, de re-découvrir celle de Trần Anh Hùng (réalisateur de L’odeur de la Papaye Verte, Cyclo, A la verticale de l’été entre autres)
Et pour la petite anecdote, pour mon tout premier blog, je m’étais inspirée de ce joli nom de livre et l’avais baptisé La Ballade des possibles
Ikigami, préavis d’addiction
12/04/11

C’est une pub ciné qui m’a finalement décidée (comme quoi je n’ai pas tout perdu en allant voir Sucker Punch). Le premier tome est sorti en 2009 en France, bien que la série ait débuté en 2005 au Japon. Pas si mal, seulement quatre ans de retard. Quelque part, je ne regrette pas de m’y être mise sur le tard. On est en 2011 et 8 tomes seulement de publiés. J’ai peur de les lire trop vite, d’être frustrée par l’attente, de devoir patienter encore des mois et des années pour connaître la suite. J’ai commencé par acheter deux tomes, puis les trois suivants. Il ne m’en reste plus que 3 avant de n’avoir plus rien à me mettre sous la dent. Alors je vais attendre un peu. C’est addictif. Premier coup de coeur depuis Happy l’an passé et Les Gouttes de Dieu l’année d’avant encore.
Imaginez une loi visant à sauvegarder la prospérité nationale. Une loi qui tue un jeune adulte – de 18 à 24 ans – sur mille, comme ça, par hasard. Personne ne peut s’y soustraire. A l’entrée de l’école primaire, on vous injecte un vaccin. Dans l’un d’eux, une capsule décidera de votre sort. C’est comme au loto. Une part de hasard, une autre de chance, ou de malchance. Ca peut vous arriver, comme ça, sbim. Vous n’êtes prévenu que 24 heures avant l’heure du décès, averti par un fonctionnaire de l’état qui vous remettra l’Ikigami, votre préavis de mort.
C’est à face aux destins de ces personnes condamnées au pif , que l’on est confronté. Des citoyens ordinaires, que l’on envoie vers la mort pour donner l’exemple, montrer la valeur de la vie. Pendant ces dernières 24 heures, on regarde ces personnages se débattre comme des animaux pris dans un filet et conduit vers une exécution inexorable. Pas moyen d’y échapper, à l’heure dite, la capsule explose et la mort les happe, brutale et franche. Face à ce sacrifice patriotique et absurde, c’est un déchaînement de regrets, de désespoir, de colère, de haine, et parfois d’espoir qui dévaste les victimes.
Il n’y a pas d’issue ni de dissidence tolérée. Les agents de l’état sont partout, prêts à vous tomber dessus pour vous isoler, au pire, vous injecter la capsule mortelle, en cas de résistance.
J’aime l’atmosphère qui se dégage de ce manga. J’ai beaucoup pleuré à la fin du volume 2. C’était très beau, très déchirant, tel un orage qui survient de nulle part. J’admire le désespoir sous toutes ses formes en me demandant si un jour on ne vivra pas de loi aussi dérangeante que cette dernière. Et ce qu’on ferait s’il ne restait plus que 24h.
Plus la série évolue, plus on sent qu’un mur se forme. Mais la construction est lente D’ici qu’on sache ce qui va advenir de notre ami Fujimoto, on sera peut être déjà en 2014 et le monde aura sombré dans le chaos.
Le plus bel âge – Joanna Smith Rakoff
29/11/10
Il est difficile d’écrire ou de parler de « notre » génération, sans trébucher sur des clichés. Il suffit de jeter un coup d’oeil dans les médias, de lire les blogs, les bouquins, d’écouter les conversations. A les entendre, on est tous révoltés, galérant à trouver du boulot, ivrognes,assoiffés de liberté à n’importe quel prix, nous la génération Y, celle qui a grandi avec Internet, avec son lot de super-héros, de références, de nombrils vivants, parvenus digitaux érigés en superstars à une époque où la réputation vaut son pesant d’or. Tout ce que je lis de nous me procure si peu d’émotion. Cibles marketing, addict à tant de choses, égomanes cyniques, démonstratifs, ivres de reconnaissance, tout est si peu subtil et léger. L’humain est supplanté par son image, si facilement froissable.

Le roman de Joanna Smith Rakoff est venu apaisé cette mise en perspective indigeste, pansant quelques aigreurs. Et pourtant, l’âge qu’elle titre être le plus beau n’est pas si gai. En quatrième de couverture, le New York Observer décrit le roman comme drôle, acerbe et inoubliable. Inoubliable, dans sa façon d’être générationnel, le roman s’ouvre sur un mariage. Nos protagonistes, membres d’un même groupe d’amis, ont 26 ans. Même si c’est le seul point commun que je partage avec eux ( je ne suis ni new-yorkaise, ni juive, ni sur le point de me marier), je me suis reconnue dans les vicissitudes endurées par nos 6 personnages principaux 620 pages durant. L’écriture est fluide, les situations cocasses, elles décrivent avec justesse ce passage vers la vie adulte, faite de coups de poing, d’espoirs et de désillusions. Les chemins de Lil, Sadie, Emily, Beth, Dave et Tal se croisent et décroisent au fil d’une histoire rythmée par des ellipses, passant d’un instant T à un instant V sans transition, mais avec une fluidité déconcertante. On est souvent déstabilisé, mais jamais vraiment perdu.
Ils connaîtront l’amour et le désamour, le 11 septembre, l’échec professionnel et personnel, les galères du quotidien, le boom d’internet, les épreuves de l’amitié. Parfois invraisemblable, on se laisse tout de même embarqué par les histoires des uns et des autres, comme si l’on espérait dans notre propre quotidien, trouver de l’inattendu dans cette semi-tragédie. Ca frôle parfois le pathos, pas plus que les blogueurs qui romancent leur vie ceci dit. Est-ce que j’ai pleuré. Non mais j’ai bien failli.
Je suis restée sur ma faim en arrivant à la dernière page, avec ce sentiment d’inachevé. Comme dans la vraie vie, les personnages ne sont pas cloisonnés aux 620 pages qui ont déjà été écrites…
Enfin.
J’aurais bien aimé écrire ce livre.
A défaut, je vous en livre un extrait. On parie sur une adaptation au cinéma ?
« Quelques jours après sa rencontre avec Will Chase – car c’était ainsi qu’elle la considérait à présent : une rencontre, comme lorsqu’on tombe nez à nez avec un ours dans la forêt -, Beth commença a éprouver un sentiment proche de la panique. Malgré son refus affiché de la culture dominante – en particulier de la monogamie-, elle s’était attendue au moins qu’il lui passe un coup de fil, mais rien? Et, ce dimanche là, elle se dirigeait vers un restaurant où elle avait dîné avec lui. Elle avait rendez-vous avec Emily, dont l’appartement était bien, comme Beth l’avait pensé, juste à côté, dans la 8e rue nord. »
November unexpected
12/11/10
Je suis scandaleuse. Je n’avais aucune envie d’écrire cette semaine. D’une, j’ai tiré plusieurs charrettes pour le boulot (ouh trop dur la vie), et de deux, j’ai un nouveau téléphone qui me pompe pas mal de ressources (une addiction aux jeux sous Android est née, doublée d’une envie de me la jouer dans le métro avec le bel écran 4.3 pouce de mon HTC Desire HD <3). Pourquoi ai-je l’impression d’être la seule (de mon entourage) à pouvoir atteindre ce niveau d’excitation rien que par l’acquisition d’un nouveau téléphone ?
Néanmoins, j’ai envie de vous dire que par cette journée fériée, pluvieuse et froide, j’ai vu la plus grande performance cinématographique de ma vie. Celle d’un film qui met en scène 1 seul acteur (et pas n’importe lequel), dans un seul lieu, durant 1h35. Il faut avouer qu’un temps d’adaptation est nécessaire. Tout bonnement parce qu’il est peu banal de regarder un film entier tourné dans un cercueil et qu’honnêtement, si l’acteur n’avait pas été soigneusement choisi (Ryan Reynolds en l’occurrence), il aurait était insupportable de passer autant de temps avec le même mec, dans le noir, avec le risque de sortir de la séance complément claustrophobe. Au lieu de cela, bien qu’avant de mettre les pieds dans la salle j’eus été quelque peu sceptique, j’ai été captivée par la mise en scène brillante et le tour de force qui a consisté à trouver une mécanique vous tenant en haleine durant tout ce temps. Buried est donc non seulement une foutue expérience cinématographique, mais également un excellent film qui arrive à la fois à vous faire bouffer les ongles, à rire de l’absurdité de certaines situations et à frémir pour Paul, enterré vivant en Irak après une fusillade. Putain, on en chie, mais pour la bonne cause.
A voir également au cinéma absolument, Biutiful de Alejandro González Inárritu, pour la poésie d’une histoire sombre et flamboyante et pour la présence de Javier Bardem.
Sans transition, j’ai été étonnée par le nombre de fois qu’a été reprise la chansons Eleanor Righby des Beatles. C’est vrai que la solitude se chante bien. Wait for it… J’ai découvert un version (plusieurs même) métal, par Pain, entre autre, même Tété l’a reprise. Quoi d’autre ? Une version caribéenne, une version 8-bit (si ci c’est possible) et même une version interprétée par Zaz (j’ai eu tellement peur d’entendre cette insupportable chanson Je veux, qu’heureusement, il s’agissait d’un tout autre groupe, ça n’empêche pas la chanson d’être horrible). Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que j’ai lu cette semaine un livre éponyme, dont l’héroïne ne s’appelle absolument pas Eleanor Rigby mais qui s’y apparente par sa superbe illustration de la solitude. L’héroïne est moche, grosse, seule, n’a que sa famille pour seule béquille et pourtant fait figure de proue d’un livre qui m’a enchanté. C’est frais et vivant, émouvant et pas forcécement mièvreux, grâce une espèce de réalisme et d’humour féroce écrit avec un style PMU du coin jouissif. Quand j’ai lu le pitch a un ami, il m’a dit que ça ressemblait à du Bridget Jones tout craché. En fait, ça n’a rien à voir. Liz Dunn m’a emballée par son pessimisme (bizarre à dire). La fin aurait été prévisible et chiante à mourir si ce n’avait pas été celle de Liz. Laurent m’a conseillé de ne pas trop insister sur le côté librairie lesbienne (et féministe) – c’est là que j’ai trouvé cette perle – mais vraiment, je pense que je vais retourner dans ce merveilleux endroit qu’est Violette & Co (situé sur la rue de Charonne dans le 11ème), leur collection de bouquins qui tuent au laser m’a fait baver d’envie. Si vous manquez d’idées, donnez une chance à Liz et demandez à votre libraire Eleanor Rigby de Douglas Couplan, vous ne serez pas déçu du voyage.
Côté bouquin, j’ai enchainé avec Le plus bel âge de Joanna Smith Rakoff. Les premières pages sentent bon. Je vous en parle dès que j’en sais un peu plus.
En bref.
La mauvaise nouvelle de la semaine. Life Unexpected s’arrête après deux saisons. Dans 5 épisodes, il faudra dire adieu à Cate, Baze, Lux & Ryan. Tristesse et désespoir. J’avais enfin trouvé une espèce de revival teenage, Dawson-like. Tant pis.

Ce week-end, j’ai vu une superbe montre Lego/ Star Wars. Ca m’a donné envie de commencer une collec’ de montres et/ ou de bijoux Lego. Pas vous ?

Pour finir, un peu de musique, parce que les albums de Ingrid Michelson tournent en boucle à la maison en ce moment. Je l’avais vue il y a quelques années en première partie du concert de Jason Mraz, je la redécouvre avec plaisir avec une reprise de Parachute (Cheryl Cole).
Je vous laisse. Je m’en vais fumer une chicha dans le lit (ça aussi c’est scandaleux) devant un épisode de The Event pour me consoler d’une journée de demain bien chargée.
On se quitte sur une touche d’humour psycho ?
By the way, Laurent a fait ces jolies photos de Milk & Fruit Juice lundi dernier en prévision du prochain concert en appartement qu’on organise à la maison.
xoxo, bonne nuit.
Watch the book or read the movie, whatever
17/08/10
Carey Mulligan
L’autre jour, j’ai cherché sur IMDB la liste de films dans lesquels Carrey Mulligan, l’actrice principale d’Une Education, avait joué. Je recensais surtout des films que je n’avais pas vus, Wall Street: Money Never Sleeps, Brothers, The Greatest. Il y a bien Public Ennemies mais je m’étais endormie. J’ai dû raté le bref passage dans lequel elle est apparue. Tout en haut de la liste, un titre m’interpelle, Never Let me go, daté de 2010. Je clique dessus. Intriguée par ce titre qui me disait vaguement quelque chose, je reconnais alors l’auteur Kazuo Ishiguro (Les Vestiges du jour), et son bouquin « Auprès de moi toujours » qui trône sur ma bibliothèque et que je n’ai toujours pas lu. Ce livre même qui va être adapté eu cinéma avec dans les rôles principaux Keira Knightley, Carey Mulligan, Andrew Garfield & Charlotte Rampling. Pour vous donner une idée du style, voici la bande-annonce.
Du coup, je crois que je vais lire le livre avant de regarder le film.
En inspectant ma bibliothèque, je me suis rendue compte qu’il y avait quelques livres que j’avais lus, qui avaient été adaptés après coup, ou qui allaient l’être, mieux encore, j’ai ajouté la catégorie de ceux que j’adorerais voir au cinéma.
Dans le genre, films déjà adaptés : L’élégance du hérisson (mais je n’ai jamais réussi à finir le bouquin), Shutter Island (pas facile de s’attaquer à l’un de mes polars favoris, mais puisque c’est Scorsese et Dicaprio, on dira que c’est moins pire que ce qu’on aurait pu imaginer) ainsi que les autres romans de Dennis Lehane : Mystic River, Gone Baby Gone; il y eut également 99F (no comment), La Route (pas encore vu le film avec Viggo Mortensen, mais pour ceux que ça intéresse, ce dernier va également jouer dans l’adaptation du très célébre Sur La route de Jack Kerouac – on peut donc dire que Viggo aime les routes… ), sans parler des classiques tels que Le Parfum de Süskind, Gomorra, et même Coraline de Neil Gaiman, excellent auteur cela dit en passant.
Quant à un de mes coups de coeur de cet hiver, Le mec de la tombe d’à côté, il a été adapté au théâtre. (à lire les pieds en éventail sur la plage ou en un Paris-Montpellier en TGV, ça se lit très vite et c’est mignonnet)
Pour ceux que j’attends, il va sans dire qu’on retrouve, comme je vous l’ai déjà dit sur ces lignes Mange, Prie, Aime, mais également l’adaptation de No et moi, de Delphine de Vigan, porté à l’écran par Zabou Breitman (c’est sa fille Anna Chalon qui se charge de la B.O, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai appris que le film était en chantier). On m’a offert le bouquin il y a pas mal de temps déjà, mais ce n’est que cette année que j’ai eu le temps de m’y attaquer. J’ai été touchée par le personnage de Lou, 13 ans, gamine trop intelligente pour son âge, qui se prend d’affection pour une SDF, No. Un roman d’apprentissage où Lou se confronte aux affres de la vie avec le coeur et la raison, partagée entre l’âge adulte et l’enfance. Un roman qu’on a envie de serrer tout contre soi jusqu’à la dernière page.
Finissons par les romans que j’aimerais voir un jour adapté au cinéma :
La fille qui marchait sur l’eau, Siddharth Dhanvant Shanghvi : ferait un très joli Bollywood
Seul le silence, Roger-Jon Ellory : avec aux manette monsieur Clint Eastwood
Les yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol : évidemment !
J’étais derrière toi, Nicolas Fargues. Moi qui aime passionnément les histoires à l’eau de rose, ce roman pourrait donner un très joli film. Extrait :
« C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre. » (genre en voix off avec Romain Duris ? miam)
J’allais vous dire que je rêve de voir adapté le livre que je suis en train de lire, Les bébés de la consigne automatique de Ryu Murakami, par un japonais déjanté du style Takashi Miike, mais apparemment le projet est en cours. Qui vivra verra.
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi
31/03/10

Je me baladais avec mon joli pavé mauve, acquis la veille. Les 800 pages pesaient lourd dans le sac mais se dégustaient page à page sur les genoux entre chaque station de RER avec gourmandise et envie. Quelques mois déjà que j’attendais la suite des crocos qui pleurent et des tortues qui dansent. Je suis tombée par hasard sur le dernier volet hier soir chez Virgin alors que mon amoureux m’y avait emmenée pour se procurer l’album de Saez que nous verrons en concert dans un mois au Zénith. Je pensais que les écureuils arriveraient bien plus tard, mais les voilà qui débarquent à l’orée du printemps. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos écureuils. Car le titre du dernier roman de Katherine Pancol (d’ailleurs en dédicace ce jeudi à 18h au Virgin Champs Elysées) respire une poésie capable de repeindre votre spleen en rose : Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.
J’ai déjà englouti une cinquantaine de pages et malgré le poids qu’il prend dans mon sac, je pense que j’aurais encore le courage de le trimballer encore quelques jours, d’autant plus qu’une mésaventure d’origine inconnue a vidé mon iPod de ses 80 Go de nuisances sonores pour mes voisins de métro.
Je lis tranquillement, calmement, amoureusement le nouveau Katerine Pancol et vous recommande de faire de même (en commençant bien entendu par les deux premiers tomes si ce n’est pas déjà fait). Dans quelques jours je vous donne mon avis.
Les Gouttes de Dieu, le nectar de la rentrée
30/08/09
Outre la difficulté ces derniers temps à trouver des films de qualité (Inglorious Basterds, puis L’Abominable vérité dans un autre style ont su redonner des couleurs à l’habituel bide estival), je cherchais également des mangas de bon cru à bouquiner. C’est surtout depuis que Laurent a englouti mes 24 tomes de 20th Century Boys en 2 semaines que se révéla mon envie de m’y replonger. Il avait l’air tellement pris dans les aventures de Kenji et de ses potes qu’il me fallait au moins trouver une alternative (j’étais tout de même super contente d’avoir converti un néophyte). La première mesure que j’entrepris fut de me procurer le dernier Jiro Taniguchi, Un zoo en hiver. C’est simple, lorsque demande un conseil , je recommande :
- Pour un one shot, une des oeuvres de Jiro Taniguchi, à savoir mes préférés : Le journal de mon père ou Quartier Lointain (un dyptique)
J’aime chez Taniguchi la poésie qui se dégage de ses histoires, ses dessins, l’émotion palpable à chaque page, cette part d’autobiographie qui rend touchant certains de ses livres. On est très vite happé par les histoires de Taniguchi qui nous hantent bien des années après leur lecture.
Extrait de Quartier Lointain
- Pour une fille, l’un des meilleurs shojo reste à mes yeux Fruit Baskets ( tiens j’ai réussis à le vendre l’autre jour chez Virgin). Parce que même si la série compte 23 volumes, on s’attache aux personnages, l’histoire n’est pas si mal ficelée (il existe un anime de la série papier mais le dénouement correspond genre au tome 10 du maga). Amour + Sentiment + Action = les ingrédients de la réussite.
- Pour fille ou garçon, LA meilleure série SF hyper-réaliste, ou la meilleure série tout court c’est 20th Century Boys ( qui a été récemment adaptée au cinéma sous forme de trilogie). Si vous n’y connaissez rien aux mangas, la lecture de celui-ci suffira à vous convertir. Une galerie de personnages incroyable, une intrigue qui vous tient en haleine et surtout une dénouement à couper le souffle. En clair LE manga à n’absolument pas rater.
Bref. Venons en au fait. J’ai entamé une série extraordinaire la semaine dernière. Les Gouttes de Dieu, écrit et dessiné par Tadashi Agi et Shu Ogimoto. Ou l’histoire d’un garçon n’ayant aucun gout pour le vin se retrouve propulsé dans une compétition pour récupérer l’héritage de son père, un oenologue reconnu. Dès le premier volume, on se laisse prendre au jeu. Les odeurs, les saveurs, les noms de vins français qui tourbillonnent au milieu d’une foultitude de sensations. Que l’on aime ou pas le vin, on se rend vite compte de la richesse de cette série extrêmement bien documentée. On apprend un tas de choses au fil des aventures de notre héros et pas de doute, après quelque tomes, on a rudement envie de boire du bon vin. D’ailleurs, on ne s’est pas privé pour ouvrir une bouteille que l’on a savouré en lisant le manga qui nous a fasciné Lui et moi dès les premières pages. 9 volumes sont d’ores et déjà sorti, la suite est annoncée pour octobre. Mais si je puis vous conseiller UNE lecture pour cette rentrée, c’est vraiment ces Gouttes de Dieu qui sont exquises. D’autant plus que chaque histoire est préfacée par un oenologue renommé et se finit sur un petit cour d’oenologie. Amoureux du vin, ne passez pas à côté de cette merveille. Pour les autres, elle vous donnera envie de goûter ou de vous intéresser au vin. C’est addictif. Goutez en, vous le le regretterez pas !
Le Liseur de Bernhard Schlink | Troublant et poignant
22/02/09
C’est à la page 226 je me suis mise à pleurer, submergée par une discrète émotion tissée au fil des pages. Le livre n’allait pas tarder à s’achever. Je l’avais englouti d’une bouchée. Il ne m’aura fallu que de deux aller retour Paris – Fontenay aux Roses pour en finir avec, ce qui m’a semblé devenir l’un de mes livres de référence. Je n’avais pas ressenti pareille émotion depuis plusieurs années. J’en avais étudié quelques passages au lycée en cours d’allemand et ce n’est que 8 ans plus tard que j’ai rouvert ce livre, poussée par la curiosité. Peut-être que pour une fois, je voulais réellement avoir lu l’œuvre d’origine avant de voir sa transposition sur grand écran. J’ai hâte maintenant de voir ça, avec cette espèce d’appréhension d’être déçue par l’adaptation de quelqu chose qui m’a tant touchée.
L’œuvre dont je vous parle, c’est Le Liseur, de Bernhard Schlink. On plonge dans le livre, captif d’ une écriture limpide, franche, sans fioriture, parfois à la fois douce et crue. De sa rencontre avec Hanna jusqu’à la dernière page, on ne cesse d’être hantée par un sentiment d’empathie à l’égard de Michael. Ce garçon que l’on rencontre adolescent (il a à peine 15 ans), que l’on voit tomber amoureux d’une trentenaire au hasard d’une rencontre. Au fil de ses visites à la jeune femme, le garçon s’émancipe, la découvre, l’aime passionnément, lui fait la lecture jusqu’au jour où elle disparait mystérieusement. Quelques années plus tard, il la retrouve dans un procès, sur le banc des accusés. Hanna, celle qu’il a aimée, sera condanmée à la détention à perpétuité. Le lecteur ne cesse de suivre Michael dans ses réflexions, ses incertitudes, son incompréhension, sa colère. Pendant tout ce temps, on essaie de le comprendre, d’être d’accord ou en désaccord. On s’émeut, c’est sûr et toujours on est suspendu à chaque page même si la suite, l’issue de l’histoire on semble déjà la connaître.
Il est de ces histoires qui anesthésient un temps du monde réel. Puis l’on revient petit à petit à la surface avec le sentiment que l’on n’oubliera jamais et où l’on se sent grandi, comme si tout cela, nous l’avions vécu.
« C’est la nuit suivante que je tombai amoureux d’elle. Je ne dormis pas profondément, j’avais envie d’être près d’elle, je rêvais d’elle, je croyais le sentir près de moi, puis je m’apercevais que je tenais l’oreiller ou la couette. Nos baisers m’avaient laissé la bouche endolorie. J’avais sans cesse des érections, mais je ne voulais pas me masturber. Je ne me masturberais plus jamais, Je voulais être avec elle.«
Le Liseur a été adapté au cinéma par Stephen Daldry avec dans les rôles principaux Ralph Fiennes et Kate Winslet. Film d’aileurs nominé dans les catégories meilleur film, meilleure actrice, meilleur réalisateur, meilleure adaptation, meilleure photographie. Rien que ça.



















































