Concerts
Back to the System
7/06/11

Il y a douze ans, dans les couloirs du lycée, c’était avant un cours de français, un certain Yann B. m’a tendu son lecteur CD portable et m’a dit « tiens écoute ça ». C’était la première fois que j’entendais une chose aussi invraisemblable. Il s’agissait de Sugar de System of a Down. Un ovni qui débarquait dans mon ciel musical. J’étais fascinée par la voix de Serj Tankian et je l’ai adopté sans poser de question. Les années passant, il y eut Toxicity, ATWA, Aerials, Chop Suey, les albums Mezmerize et Hypnotize marquèrent mon entrée dans la vie adulte. Je ne pensais pas les voir un jour sur scène, d’où l’émotion et l’excitation hier soir, au beau milieu d’un Bercy archi comble pour assister à leur reformation depuis leur pause annoncée en 2006. J’ai pensé que c’était un peu nos papys du rock à nous, comme Metallica ou AC/DC doivent l’être pour nos parents certainement. Ce concert n’était pas extraordinaire dans sa forme (décor minimaliste, 1h45 de concert, pas de rappel), mais dans le fond c’était joussif parce que le public était vraiment de bonne humeur et qu’il y avait une ambiance de dingue. Cette foule dense et conpact qui chante, hurle, scande en coeur les paroles de 29 morceaux cultes. On peut pleurer dans un concert de métal et danser dans un état de transe qui fait du bien. Et toutes ces années qui ont resurgi dans une fosse pleine de sueur et de rage. On s’en souviendra dans quelques temps et on pourra dire « j’y étais… »
Woodkid & Madjo, voix d’ici et d’ailleurs
12/01/11
Il est devenu bien commun d’organiser des concerts en appartement. J’en ai pris pleine conscience hier. A ma modeste échelle, les session acoustiques qui ont lieu à la maison restent intimistes et confidentielles, restreintes à un cercle d’amis, d’habitués, de curieux, venus découvrir mes coups de coeur musicaux, certes encore peu connus, mais prometteurs. Ce que j’aime, c’est cette atmosphère d’être justement « comme à la maison ». On fait comme chez soi, on ne fait pas de chichis, on est ici pour partager un joli moment musical et on préférera la bière, le bon vin et le saucisson sec plutôt que le champagne et les petits fours (voir les concerts passés à la maison sur live-room.org)
Hier donc, nous nous sommes retrouvés dans un gigantesque appartement du 16ème arrondissement. Par hasard. C’était bien le genre de soirée dans laquelle vous ne pouviez vous retrouver que par inadvertance. Il s’avère que nous connaissions quelqu’un, qui connaissait quelqu’un. Or, arrivés sur place, nous ne connaissions personne. Le ticket d’entrée est attribué par cooptation, moyennant une certaine somme en sus. Le lieu : incroyable; qu’il faut sans doute au moins beaucoup d’argent pour habiter un endroit pareil. Le service : impeccable; voiturier, vestiaire, champagne, buffet, petits fours, serveurs (oui on parle bien d’un concert en appartement). L’installation : professionnelle, une scène bourrée d’instruments comme pour un « vrai » concert, un ingénieur du son etc. Le public : 30-40 ans, CSP+, patrons d’agence, dir. market, people , pas de bloggueurs en vue. L’atmosphère : précieuse, ça ressemblait davantage à une soirée de networking qu’à un moment musical spontané
A cette étape du récit, il est faut se rendre à l’évidence qu’il existe des traitements très différents du concept de concert en appart’.

Venons en artistes, car c’est tout de même d’eux dont ce post s’agit. Avant que le concert ne commence, les organisateurs se sont targués d’avoir reçu des artistes en lice pour le prix Constantin ainsi que l’intégralité des nominés de la catégorie Jeunes Talents des prochaines Victoires de la Musique. Jolie performance quoiqu’il en soit. Mais après les deux concerts auxquels je pus assister dans la foulée, je compris pourquoi. Niveau qualitatif ça envoie du PHAT comme on dit par chez nous.

Front-kick dégainé d’entrée de jeu par Woodkid (Yoann Lemoine de son vrai nom, ouep c’est un français) je suis tombée K.O dès les premières secondes. S’ensuit la stupéfaction mêlée à de l’admiration. D’où venait cette voix ténébreuse qui m’a rappelé sans hésitation Anthony and the Johnsons. Et je peux vous dire que pour atteindre ce niveau, il faut avoir un sacré talent. Le mec te balance ça comme ça alors que tu ne t’y attends pas-du-tout. Le souffle coupé, j’écoute sa musique, neurasthénique et pratiquement dépressive, mais tellement belle que ça ressemble à un beau paysage que tu regardes en pleurant. Avec beaucoup d’humour, il nous fait comprendre que la fenêtre n’est pas loin. Heureusement, on est au 1er étage. Et puis ça aurait été dommage de rater la fin de ce concert. Putain, je ne vous raconte pas la claque. Le mec a 27 piges et en plus d’avoir une voix de feu de dieu, c’est un réalisateur de clips… (entre autres pour Moby, Katy Perry). Chapeau également aux deux zicos qui l’accompagnaient, l’ensemble était d’une très belle justesse. Je vous avoue que j’ai failli verser une larme sur la chanson Where I Live. Aucun album à son actif, il se fait rare sur scène, on pourra comprendre avec son emploi de clipeux. Son premier EP sort le 28 février prochain. C’est à découvrir plus qu’urgemment.
http://www.myspace.com/woodkid
Voilà le genre de clip qu’il réalise :
Deuxième partie de soirée, Madjo enchaine avec un back-fist qui décolle la mâchoire. Une fois de plus, c’est une superbe découverte. Aux présentations, on nous annonce qu’elle nous vient d’Evian. Ce qu’on retient, c’est qu’elle a une voix et un charisme du tonnerre bien qu’un peu timide, caché derrière sa belle crinière bouclée. Certains la compareront à Hindi Zahra, ou encore à Alela Diane. Elle a un truc bestial dans sa voix, surtout lorsqu’elle crie, halète, souffle au milieu de ses chansons, prenez le dans le sens décent du terme.

On se trémousse avec élégance sur sa chaise, on plane dans un canapé design, on frappe dans ses mains, sur des timbres qui sonnent parfois tribal. Tiens, elle m’a vraiment bouleversée elle aussi, j’en ai eu des frissons. Madjo, souvenez vous de son nom, choisi en hommage à la maison de son enfance. Les choristes étaient également incroyables, et ne parlons pas du jeune homme qui faisait du beatbox en guise de percu. C’était beau, touchant, exaltant. C’était sincère, très beau. Son premier album, Trapdoor est un régal, surtout pour finir ces longues journées d’hiver.
Back to black by Anna Chalon
3/10/10
Voici un petit aperçu du concert d’Anna Chalon hier soir à la maison. Une jolie reprise de Back to Black d’Amy Winehouse.
Anna Chalon – Back to black cover from Thien Nguyen on Vimeo.
L’expérience Saez
7/05/10
Un concert de Damien Saez ressemble à une grande messe peuplée d’adeptes, de convertis et de fidèles, une foule de gauchos (je n’ai de préjugés que sur le public, par sur l’artiste ) qui auraient appris par coeur au fil des années les psaumes écrit par leur chef de file. Je me sens ce soir là complètement vierge et athée. Quelques regards ici et là me permettent d’apercevoir le style des spectateurs qui ne dément presque pas mes a-priori. Je reconnais, spécialement chez les filles le spécimen de nanas, qui en Terminale avait pris option théâtre, portaient des vêtement hippies, prévoyaient de faire khâgne ou hypokhâgne et qui allait certainement finir journaliste, artiste maudit, au pire prof de philo. Les autres pour sûr sont descendus dans la rue pour manifester contre le CPE. N’étant ni les uns ni les autres, je me retrouve de manière consentante au milieu de cette foule dense, dont les membres les plus habités pousseront des cris aussi assourdissants qu’à un concert de Patrick Bruel.
Damien Saez, je ne l’aime ni le déteste. Son J’accuse trône sur la bibliothèque. Et par ailleurs ça ne me dérange pas du tout de voir une fille nue dans un caddie, quelle sombre ineptie cette polémique ! Vous l’aurez compris, l’adepte ce n’est pas moi, c’est Monsieur. Il a même essayé de me séduire en me jouant il y a quelques années de cela Jeune et Con a la guitare. Quelle folie.
De manière objective, je pense que ce fut un bon concert, à condition de connaitre l’univers de Saez, d’adhérer et d’avoir construit avec lui une histoire. J’ai découvert un artiste qu’ honnêtement je n’ai jamais écouté et n’écouterais certainement jamais spontanément. J’adhère au son rock de certaines chansons et des textes écrits avec la plus grande intelligence. Parfois même je me suis dit que les sympathisants des défilés syndicalistes pourraient pomper pour leurs slogans. Malgré une compatibilité musicale avec l’artiste, à aucun moment je n’ai réussi à entrer dans son univers, et ce malgré 2h30 de spectacle. Le concert m’est demeuré totalement opaque malgré des qualités évidentes. J’enviais parfois l’enthousiasme de la foule et sa capacité à scander par coeur les chansons de bout en bout malgré leur longueur. Impressionnant mais inaccessible.
Paloma Faith, la Lady Gaga de la soul
3/12/09
Paloma Faith
Mais non je ne suis pas obnubilée par Lady Gaga. J’aime tout simplement son univers, sa voix, son personnage qui me happent dans un espèce de tourbillon sans fin. Hier soir, au Nouveau Casino, je suis restée de la même façon béat devant Paloma Faith que j’ai trouvée délicieuse et captivante. Quelle énergie, quelle vigueur dans la voix, quel enthousiasme! Ce fut malheureusement trop court (45 minutes de concert, rappel compris), mais pour une première rencontre, je suis tombée sous le charme et je vous recommande d´aller la voir et de guetter le prochain concert de Lady Gaga dans votre région.
J’avoue que j’assiste rarement à un concert sans avoir préalablement écouté l’album de l’artiste, mais une chanson a suffit pour me séduire, je me suis laissée tenter. Le pari était gagné dès la première chanson.

En première partie j’ai découvert l’excellent Josh Weller, que je comparerais bien à un Patrick Stump qui aurait changer de style (musical hein parce que physiquement ils n’ont rien en commun, du fond de la salle, on aurait dit un Slimmy pas slim). (son MySpace)
Et puis Paloma est arrivée, avec ses airs de fée, sa voix à la Motown, son énergie communicative, son français hésitant. Tout de suite, on est comme des enfants.

Ce fut court, mais intense. Je pense que c’est le genre d’artiste qu’on apprécie voir sur scène, parce c’est là qu’elle révèle vraiment son univers, pas forcément perceptible à l’écoute de son premier album, Do You want the Truth or something beautiful ? C’était comme un miracle au milieu d’une nuit pluvieuse et sombre. J’adore la chanson Play on, même si je n’ai pas pu la filmer.
Et surtout j’ai adoré son cover de Sexy Bitch (David Guetta feat. Akon)!

En prime, le duo avec Josh Weller, sur cette chanson rigolote intitulée It’s Christmas and I hate you.

soirée durant laquelle j’ai pu notamment faire la rencontre de @baxxx @hedia @earlybird2001 @virberg @yakamo @jabric @GorgitaB @jalilal
Festival Fnac Indétendances 2009 – le programme
20/07/09

Ma question du jour est : Comment faire un tour Paris Plage intelligemment sans être rapidement dégouté par son attroupement de familles nombreuses et de touristes (ou de Parisiens qui s’ennuient) venus chercher l’exotisme sur un coin de plage artificielle piqués de palmiers plantés sur les quais de Seine et agrémenté de ses 1.350 tonnes de sable importé pour faire plus vrai que vrai- et dire que les gens osent toujours y croire en récupérant leurs bagnoles ou leurs motos d’occasion parisiennes à la sortie… La réponse : choisir un bonne raison d’y aller et pas seulement pour « voir à quoi ça ressemble » (globalement vous serez déçus, enfin chais pas , je suppute ). Comme chaque année, je vous conseillerais d’aller faire un tour au Festival Fnac Indétendances qui chaque week-end accueille à Paris et sa plage (presque, à côté en fait cette année), pour sa 6ème édition, des artistes que vous pourrez voir jouer gratos. Chaque année, j’dis que je vais y aller mais ne trouve jamais le temps. Cette fois le programme incite au déplacement. Et c’est pô mal du tout. De mémoire les autres années, ça se passait sous le Pont de Sully, cette fois, c’est sur le parvis de l’Hotel de Ville. Les festivités commencent dès ce week-end (vu que Paris Plage vient de débarquer today je crois) et ce, jusqu’au 15 août. Bon ok, ça manque encore de son qui bourrine mais on ne va pas cracher dans la soupe tout de même. Par ici le programme :
Samedi 25 juillet 2009 de 18h à 22h
La Casa
Piers Faccini
Joseph d’Anvers
Joseph Arthur & the Lonely Astronauts
Dimanche 26 juillet 2009 de 14h à 16h
MINO
Geneviève Laloy
Alain Schneider
Dimanche 26 juillet 2009 de 14h à 16h de 17h à 22h
Guillaume Cantillon
H-Burns
Cécile Hercule
miCkey [3d]
Vendredi 31 juillet 2009 de 17h à minuit
Fight du soir : Bordeaux contre Clermont-Ferrand, quelle est la ville la plus rock?
Adam Kesher
Collectif Kütu Folk (The Delano Orchestra – Leopold Skin St Augustine)
Kid Bombardos
Mustang
The Hyènes
The Elderberries
Magnetix
Cocoon
Samedi 1er août 2009 de 18h à 22h
Steeple Remove
The Bewitched Hands on the Top of our Heads
Peter von Poehl
Stuck in the Sound
Mercredi 5 août 2009 de 17h à minuit
Housse de Racket
Amadou & Mariam
Africa Express
Vendredi 7 août 2009 de 18h à 22h
Krystle Warren
Fujiya & Miyagi
Charlie Winston
cirKus avec Neneh Cherry
Samedi 8 août 2009 de 18h à 22h
Arlt
Imbert Imbert
Marjolaine Babysidecar
Monsieur Lune
MeLL
Bams
Vendredi 14 août 2009 de 18h à 22h
Karimouche
Flow
La Ruda
La Rue Kétanou
Samedi 15 août 2009 de 19h à minuit
Soldout
Beat Torrent
Chinese Man
Naïve New Beaters
Pour en savoir plus, jetez un coup d’oeil sur le site.
Britney fait son Circus à Bercy
8/07/09
V’la ma bonne dame que l’on s’est retrouvé dimanche dernier au concert de la Brit Brit, tout sourire, consentants, contents. Bercy, 20 heures, on s’est enfilé un kebab, puis investi les lieux au milieu de plusieurs milliers d’autres. Jeunes, moins jeunes, pas mal d’ados ne nous le cachons pas. Bercy n’était pas plein, malgré les dires et les mouvements de foule qui faisaient illusion. Les gens étaient bien excités. Il y avait de quoi vu les prix des places, c’était insolent. On avait payé les nôtres au prix d’environ 25 kebabs (faîtes le calcul). Assis face à une scène centrale qui allait bientôt accueillir la princesse de la pop, si on peut encore l’appeler comme ça, les uns attendaient patiemment, les autres tiraient un peu la tronche (à l’instar du petit ami de ma voisine, contrairement au mien qui se portait très bien et qui trépignait autant que moi).
Au menu des festivités, vente de chapeau haut de forme et de programmes, fournis avec un masque décoré de plumes (coquin) pour la modique somme de 20 euros. 20 euros de livret photos (dans le genre d’un Star Club hors série)… et le masque qu’ on aurait pu trouver à 2 euros dans un magasin de bric à brac. C’est ce qu’on appelle la magie du spectacle.
En première partie de soirée, Bercy s’est transformé en boîte de nuit sponsorisée par Fun Radio. Aux commandes des platines une DJette blonde, hauts talons perchées, sautillante et rutilante comme une nettoyeuse de carosserie de décapo dans un clip de gansta rap. Donc. DJ Havana Club nous a concocté le pire et le meilleur en passant par Rihanna, clin d’oeil à MJ, Bob Sinclar & Co. Manquait plus que les boules à facette et les glaçons dans un double mojito. S’il vous plait.
Bercy me paraissait encore mou vers les 20h30. Mais bon.
J’avais lu deux trois trucs sur le spectacle et la presse française n’avait pas réellement épargné Britney. Il faut dire que le playback ça dessert. Surtout lorsqu’on prétend donner un concert. Disons plutôt que l’on a assisté à un show et rien de plus. Dans cette optique là, il y avait moyen d’être moins déçu.
Pour le show, on a eu du show (et chaud). On se serait cru au cirque et pas étonnant, le dernier album de Britney s’intitule Circus. Tours de force, acrobates, clowns, magiciens, les festivités furent fastes. Le rythme de cette heure et demi de spectacle ne perdit jamais de mordant ni de rythme, même lorsque Britney s’éclipsait pour s’habiller, on nous donnait à bouffer des images ou des chorés interprétés par les danseurs de la troupe que j’ai trouvé tout simplement prodigieux. On a découvert une Britney brune, avec un joli 38, mais un peu moins agile que ses propres danseurs, disons le franchement.
On a passé un bon moment, n’ayons pas de honte à le dire. On en a pris pleins les yeux, mais une fois de plus je le répète ce n’était pas un concert. Du playback, et à peine deux « hello Paris » balancé à la volée de la part de la performeuse, disons le comme ça, c’est un peu léger.
Séquence d’ouverture :
Il faut néanmoins saluer les décors, l’organisation, les danseurs, les chorégraphies, avec un coup de coeur à la version Bollywood de Me against the music (assez génial je tiens à préciser). Déception cependant de ne pas avoir eu moins de la moitié des chansons du dernier album dans le spectacle, mais on a eu droit à Baby One more time, le langoureux Everytime (putain mais chanter en playback un slow sur une balançoire à 2 mètres du sol ça ne se fait pas) et bien sûr Toxic.
Pour vous rien que pour vous lecteurs chéris qui n’êtes pas fan de la Britney, je vous ai fait un medley de ce que j’ai vu :
Allez, on a passé un bon moment tout de même, même si oui c’est un peu scandaleux de ne pas voir une chanteuse chanter… On ne regrette pas le déplacement. Et puis de toutes façons, j’ai entendu dire qu’elle ne reviendrait pas de sitot en France. Ca veut dire que la prochaine fois, pour la voir, il faudra payer 250 kebabs!

Solidays J+2
30/06/09














































