Lifestyle
Into the ink
26/01/12

J’ai souvent pensé m’offrir un tatouage le jour où ma vie atteindrait son climax. Mais il suffit parfois que je prenne un tournant pour que la tentation de marquer le coup me guette. Ca doit être pour ça que certains en ont autant, parce que le corps offre autant de routes que de courbes à dessiner et d’histoires à raconter.
modèle : Ilaria Pozzi ; photographe : Gabriele Rigon
Des virages, dans une vie, on peut en emprunter beaucoup, à n’importe quel moment. Quand ça m’arrive, j’ai cette tendance impulsive à aller chez le coiffeur. Un changement pas vraiment radical, surtout pas indélébile. Sur le moment, ça fait l’affaire. Voilà. Tada. J’ai changé. On y est.
Le tatouage en revanche, ce n’est pas anodin. Ce dont j’ai envie, c’est d’un symbole pour moi-même, pas un truc énorme. Je ne veux être ni dans la démonstration, ni dans la revendication. Je ne veux pas non plus qu’il soit une alternative à l’ennui. Quand je suis sur le point de céder, je me gribouille un truc sur le bras. Une bonne douche et c’est fini, le lendemain, c’est oublié. Ce tatouage, je le ferais peut-être à 45 ou 60 ans, je n’en sais rien, je n’ai pas d’indice sur la suite des événements. Pour l’instant l’envie est là, mais ce n’est pas le bon moment. Peut être aussi qu’au bon moment, je n’en aurais plus envie. C’est très possible.
Frances Bean Cobain par Hedi Slimane
Je pourrais trouver mon compte dans une alternative comme Tattly qui propose des tattoos temporaires. Ils ressemblent à ceux que l’on trouve dans les malabars et qu’on se colle sur la peau avec un peu d’eau. Ceux-là sont bien plus jolis.

Au final, je trouve ça très beau sur les autres, je les regarde, envieuse et admirative. Sur moi, avant de me jeter à l’eau, j’aimerais être sûre de l’histoire que je veux raconter, parce que mon corps n’est pas un cahier de brouillon.

Life is a big project
24/01/12
Hier, selon le calendrier lunaire, on a sauté à pieds joints dans une toute nouvelle année. Gros repas, échanges de voeux, distribution de petites enveloppes rouges porte-bonheur, fusion d’étrennes et d’étreintes. Chúc mừng năm mới, éructons nous triomphalement, en invoquant santé, prospérité, félicité. Dans la foulée, petit coup d’oeil sur l’almanach astrologique. Chez nous, on ne rigole pas avec les prédictions. 2012, placée sous le signe du dragon d’eau annonce de belles réalisations sur le plan personnel… voire des miracles.« Tout ce qui se produit commence par un rêve » disait Carl Sandburg. J’espère que vous avez beaucoup rêvé jusqu’ici, parce qu’il est temps de foncer et d’agir. Les miracles, je n’y crois par trop. En revanche, penser que cette dernière année d’introspection débouchera enfin sur une période de concrétisation me réjouit. Quoi qu’il en soit, année du dragon ou pas, n’ayons qu’un seul principe de vie :
Changer les choses (changer le monde ? avec des bouquets de fleurs ?) Bordayl, mais comment ? Je suis désorganisée, j’ai des idées qui me mangent le cerveau et qui restent souvent à l’état de brouillon, dépassant de temps en temps le stade des préliminaires. Certains jours, je suis rongée par la procrastination, j’ai envie de ne rien foutre et c’est bien comme ça. Je me laisse porter par les événements, j’ai arrêté de rêver je ne sais plus quand. J’ai repris la semaine dernière. Après, les rêves, c’est comme la drogue, on ne peux plus s’en passer, on les accumule dans un petit coin, on se fait des films, mais combien deviendront des blockbusters ? J’ai vécu jusqu’ici ma vie d’adulte comme un cachet de la poste. Mais, je suis comme vous tous. J’aspire à une vie exaltante, avoir un travail canon, voyager comme Tintin, être capable d’être tout ce que je ne suis pas.
J’aime bien exagérer.
L’envie nous porte. Everything in life should be approached as a project ai-je récemment lu dans l’excellent ouvrage Make Ideas Happen de Scott Belksy.
J’ai décidé de planifier, juste un peu. Il y a quelque temps, j’avais un vision board au-dessus de mon lit, sorte de roadmap de la vie que vous souhaitez : projets, envies, des images et des mots. C’est important de visualiser.
Ma vie est un grand chantier en ce moment. Mieux vaut ça que de la laisser en jachère.
Et quand je n’ai pas le moral, je mange du chocolat.
Amitiés sous respiration artificielle
21/01/12

On dit souvent faire le ménage dans ses amis Facebook, comme si on parlait d’un vieux grenier à débarrasser. Ce sont peut-être ces profils qui s’entassent, forme de masse impersonnelle qui donnent cette impression de désordre et fatras incohérent dans lequel se mélange les souvenirs et les bibelots de tout ordre.
Un Facebookeur a 120 contacts, une moyenne un tout petit peu en dessous du nombre de Dunbar qui établit à 150 la quantité d’amis avec laquelle vous pouvez entretenir à un moment donné une relation stable. On est encore très au-dessus des amis qui se comptent sur les doigts d’une main (qui selon des sources fiables plafonnent à 10). Alors que plus de 800 millions d’utilisateurs chaque jour se pokent, s’ajoutent, likent, commentent, sharent, font une pause Facebook comme on fait une pause clope, moi je me retourne sur ma liste d’amis en décidant de donner un coup de balais. Ce geste m’est contre-nature, parce qu’en 27 ans je n’ai eu de plus grande angoisse que celle de la solitude. Un mal symptomatique d’une époque sur-connectée dont les liens se réduisent à peu de choses, mais qui donne l’illusion d’ être moins seul, tel un palliatif.
Palliatif : Du latin médiéval palliativus, du latin pallium, « le manteau, celui qui protège et réconforte ».
Quand j’étais gosse, je regrettais d’être née un 28 décembre. C’était les vacances scolaires, l’euphorie des fêtes plongeait ce jour particulier dans l’oubli, et n’étant pas une fille à boum, je n’ai que peu de souvenir de festivités amicales. Aujourd’hui, cela va sans dire, je tiens ma revanche. Des inconnus s’en souviennent chaque année grâce à Facebook, 13% de mes contacts me parlent ce jour-là, un ratio victime d’inflation une seule fois-dans l’année. Le lendemain, j’avais déjà perdu mon triple A.
Faire le ménage oui, mais balayer qui ?
Les inconnus ou les quasi-méconnus, cela va sans dire, même si cela implique que mon quota de bon anniversaire va sévèrement décliner l’an prochain. Les visages qui me sont familiers… mais là, tout de suite tu ne me dis rien. Certains anciens collègues de boulot qui votent à droite à qui je n’ai pas reparlé depuis mon pot de départ. Des camarades de classe sans réelle affinité. Des contacts professionnels, parce que Facebook n’est ni Viadeo ni Linkedin. Des rencontres d’un soir. On s’est dit bonjour, maintenant passons à l’au revoir. Et puis il y a les autres. Ce sont les pires. Les amis de longue date que la vie a séparé, que Facebook a rabiboché, mais on a toujours plus rien à se dire. Juste que sentimentalement, ça fait du bien de te savoir là. Je peux de stalker de temps en temps, savoir que tu vas bien – ha tu es marié ? – mais finalement j’aimerais mieux que l’on s’appelle. Facebook est en soi pervers pour ça. Rendre encore plus méconnu ceux que l’on a connu et aimé. Et c’est à ce moment là que j’ai envie d’appuyer sur unfriend. Puis je me ravise. Et je réfléchis encore. On était quand même meilleures amies à 13 ans. Et merde. Tu as oublié mon anniversaire.
Facebook, c’est parfois le couteau qu’on remue dans la plaie. Des amitiés sous respiration artificielle qu’on pourrait débrancher à tout moment. Ce lien inexistant, rendu tangible et c’est un bien grand mot, par une connexion qui tient à un clic. Ah, cette hypocrisie ambiante qui tient chaud, conforte les égos et caresse la nostalgie dans le bon sens du poil. J’y pense et puis j’oublie. Tu émerges puis te renoies dans la masse.
En 2012, soyez bien dans vos basks’ [Shulong]
6/01/12
Commençons ce post par des formalités d’usage ! Je vous souhaite une excellente nouvelle année, de la volonté pour tenir vos résolutions (ou de ne pas en établir du tout, ça ira plus vite), d’être confiants et de réaliser une foultitude de projets qui vous tiennent à coeur.

Ma liste de choses à accomplir n’est pour le moment pas bien longue. Je vais y aller doucement. Start small, think big. Le principal, c’est d’être bien dans ses baskets.
Sur cette formidable transition, je voudrais attirer votre attention sur le jeu concours Shulong de mes potes du Boulevardier, qui vous permettra peut-être de garnir de nouveau les pieds de votre sapin en plastique. 36 paires de chaussures à gagner, version fille et garçon. Pour les avoir testées, je peux vous dire qu’on y est comme dans des chaussons. Et pour preuve, je les ai même exhibées lors de ce shooting Drunk on Love réalisé par Laurent.
Pour participer au concours c’est par ici.

© Laurent François









































