Salles Obscures
Jessica Chastain, étoile de feu
11/01/12


Je suis étonnée que Craig Ferguson et David Letterman ne l’aient pas encore invitée à venir leur faire un brin de causette. Peut-être parce ce que l’emploi du temps de Jessica Chastain a des allures de gruyère suisse depuis un an. Sa carrière a décollé d’un coup d’un seul en 2011, après quelques débuts balbutiant à la télévision. Avant d’aborder les plateaux, c’est sur les planches de théâtre (croisant modestement sur sa route Philip Seymour Hoffman) qu’elle fait ses premières armes. Elle ne tardera d’ailleurs pas à les retrouver dans une production broadwaienne l’année prochaine.
Je suis tombée sous son charme (en détronnant ainsi l’indétronnable Amber Heard dans mon coeur) comme mes très bon amis Al Pacino, Terrence Malick, Sean Penn, Steven Spielberg. C’est sûr qu’en devenant la coqueluche de ces messieurs, le festival de Chastainiades qui s’ensuivit fut à peine étonnant. Ce n’est pas en mère fragile pleurant son enfant que je l’ai découverte (car je n’ai jeté un oeil à Tree of Life que récemment et n’en suis malheureusement pas venue à bout), mais en blonde peroxydée impudique, maladroite et attachante dans The Help. Les projets se sont enfilés comme des perles pour cette actrice tout juste trentenaire, à la beauté d’une poupée de porcelaine et aux allures d’ado sage. C’est ce qui plaît chez elle. Cette délicatesse et cette douceur dans le regard, sa fragilité aussi. Au cinéma en ce moment, il ne faut ni rater Killing Fields où elle joue les flics à la peau dure, ni Take Shelter dans lequel elle donne la réplique au formidable Michael Shannon en proie à la folie et aux hallucinations.

Comme un caméléon, elle se fond avec aisance dans tout type de rôle et le démontre avec ses projets du moment : Coriolanus, drame shakespearien dirigé par Ralph Fiennes, Mama – une prod. horrifique de Guillermo Del Toro, un futur projet de Terrence Malik une nouvelle fois. En prévision, elle se glissera également dans la peau de Lady Di (Caught in Flight) et risque d’aller traquer Ben Laden dans le futur film de Kathryn Bigelow.
C’est un peu le pendant féminin de Ryan Gosling. Très prisée, un charme fou, on a envie de tomber amoureux et de regarder son talent s’étaler sur grand écran.
Cloclo by Florent Emilio Siri
8/01/12

Là, tout de suite, vous auriez envie de regarder un biopic sur Claude François? Spontanément. Moi je pense à Podium et Benoit Poelvoorde, alors j’ai du mal à prendre le sujet au sérieux. Claude François, je l’aime bien sous la douche, au karaoké, ou dans les bals ardéchois. On pourrait danser sans se lasser jusqu’au petit matin sur ses chansons populaires. Mais de là à lui consacrer un film… C’est juste qu’on a déjà vu tellement de sujets à la télé, y compris sur ses sosies. Alors quoi.
Alors justement.
Au moment où l’on s’apprête à tourner le dos à ce énième biopic, la bande-annonce du film de Florent Emilio Siri vient nous clouer le bec. Parce que d’abord Florent Emilio Siri débarque là où on ne l’attend pas du tout, du tout. Pas de doute, en matant sa filmo : Nid de Guêpes (à voir absolument), Otages, L’ennemi intime, c’est comme si on nous avait annoncé que Sam Mendes réaliserait le prochain Astérix !
Un seul coup d’oeil à la bande annonce de Cloclo et on n’a plus envie de rire. Une entrée en matière qui donne l’eau à la bouche et qui présage d’un film magistralement orchestré. J’en ai eu des frissons. J’éprouve désormais une certaine impatience. Sans compter que l’acteur principal - Jérémie Renier – se glisse de manière hypra convaincante dans la peau de Cloclo.
Sortie le 14 mars 2012
Et pour ceux qui se demandent à quoi ressemble Jérémie Renier sans son maquillage :
La Délicatesse : du livre au film
22/12/11
Dès la séquence d’ouverture, j’ai eu cette sensation de familiarité, comme si je retrouvais à l’écran une amie de longue date.
Pourtant, je n’étais plus certaine de son visage. Ce dont j’étais sûre, c’était qu’elle n’avait pas les traits d’Audrey Tautou. Et Markus encore moins ceux de François Damiens.
Je ne sais pas ce que j’imaginais en fait.
Souvent, on est déçu par les adaptations cinématographiques des livres qu’on a aimés. Parce que. Le choix des acteurs. Les ellipses. Les infidélités au roman. Les digressions. C’est comme si le réalisateur avait bouleversé notre monde.
Qui est le mieux placé pour adapter son livre, si ce n’est l’auteur lui-même. Le fait que David Foenkinos (et son frère) réalise le film m’a rassuré quelque part.
Alors que j’y suis allée avec quelques préjugés, j’ai très rapidement oublié Audrey Tautou, pour me concentrer davantage sur Nathalie et ses turpitudes.
Revenons sur cette séquence d’ouverture, où l’on voit Nathalie remonter la rue sur la sublime musique d’Emilie Simon. Si on a lu le livre, on sait ce qui va lui arriver, mon ventre s’est noué. Je redoutais le tournant de l’histoire.
La musique d’Emilie Simon prend tout son sens lorsque l’on sait que son sublime dernier album, Franky Knight a été écrit en hommage à son compagnon disparu… Un écho troublant, donnant plus de force à chacun des plans que les mélodies, nostalgiques et chaleureuses habillent.
L’amour entre François et Nathalie est contée avec une fulgurance qui rappelle les happy end de Disney, avec l’humour et la poésie de Pixar. Sauf qu’on en était qu’au début. Dans ma tête, tout le livre s’est rejoué. David et son frère ont réussi à insuffler un vent nouveau au bouquin. C’était jubilatoire. J’ai ri et pleuré aux mêmes endroits. J’ai attendu les répliques. Je me suis souvenue de certaines scènes, sorte déjà-vu, en mieux.
Pio Marmai fait un François parfait. Naturel et lumineux. Humain, les cheveux en pagaille.
C’était bizarre de voir François Damiens endosser le rôle de Markus. Je le voyais beaucoup plus suédois… Finalement, il participe à la fabrication de ce couple loufoque d’où résulte une sorte de tendresse comique qui émeut et fait rire doucement. Ses mimiques et sa dégaine loufoque font que l’on s’attache et que l’on comprend Nathalie.
A la question : le film est-il fidèle au livre, je dirai qu’il en est le prolongement.
C’est la première adaptation que j’aime vraiment. Beaucoup. Je compte aller le revoir. Et relire le livre aussi. Et en rire. Et en pleurer.
La Délicatesse de Foenkinos au cinéma
31/10/11
Belle-maman m’a offert Les Souvenirs de Foenkinos le week-end dernier. En retour, je lui ai offert le Delphine de Vigan – Rien ne s’oppose à la nuit. J’aimerais bien que quelqu’un me l’offre celui-là.
Foenkinos est un auteur dont l’écriture peut avoir un double effet kiss cool. J’avais adoré le premier bouquin lu de lui, Le Potentiel érotique de ma femme. L’ayant délaissé une certaine période, je m’y suis replongée en gaulant La Délicatesse en bout de gondoles des rayons de la Fnac il y a un an. Gros coup de foudre pour la tendre histoire d’amour de Nathalie, François et Markus. En revanche, en lisant Nos Séparations, gros coup de mou, je n’en pouvais plus du style de Foenkinos. J’ai abdiqué avant la conclusion.
Maintenant que La Délicatesse débarque au cinéma, je me faisais une joie de retrouver les personnages auxquels je m’étais attaché. Mais le casting me laisse perplexe. Ceux qui auront lu le livre aussi je pense fronceront les sourcils. Audrey Tautou et François Damiens ? A la rigueur, seul Pio Marmai, dans la peau de François ressemble à peu près à ce qu j’imaginais de lui.
Les Adoptés de Mélanie
5/10/11
J’ai ma petite idée sur Mélanie Laurent. Je n’aime pas Mélanie Laurent. En tant qu’actrice ou même chanteuse. Il y a des gens comme ça – que vous ne pourrez jamais encadrer. Je n’ai que peu d’explications à donner et c’est bien ridicule de ne pas savoir pourquoi on n’aime pas quelqu’un. Ou bien à l’inverse pourquoi vous êtes attiré comme un aimant par d’autres. Pour palier à ce déficit de rationnel, j’ai regardé la bande-annonce du premier long-métrage de ML. J’ai essayé de mettre mes à priori de côté et de faire comme si ce n’était ni réalisé, ni joué par Mélanie Laurent. J’ai pensé que c’était pas mal et qu’après tout, c’était bien le genre de films que je serai capable d’aller voir spontanément sans qu’on me prie trop longtemps. Ca s’appelle Les Adoptés et ça m’a rappelé l’esprit du Premier Jour du Reste de ta Vie.
The Ides of March – Ryan again
3/08/11
Je ne voudrais pas jouer ma groupie, mais lorsque je suis tombée sur l’affiche the The Ides of March, j’étais au bord de l’apoplexie. Cette semaine, j’ai maté The Believer (ou Danny Balint en français dans le texte), dans lequel Ryan Gosling joue le rôle d’un neo-nazi. L’histoire bouleversante d’un juif qui renie son héritage religieux pour adhérer à des groupes d’extrême droite. Tiré de faits réels et s’inspirant de la vie de Daniel Buros, le film met en exergue les conflits intérieurs que subit Danny, partagé entre ce à quoi il a été élevé et ses convictions antisémites. Une grosse claque et Ryan Gosling super flippant dans le rôle du facho schizophrène.

Dans un autre registre, on le verra au casting de The Ides of March, avant la fin de l’année, film réalisé par George Clooney qui ouvrira la prochaine Mostra de Venise. Une ribambelle de starlettes au générique, puisqu’on retrouvera entre autres Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood. Clooney endosse rôle d’un candidat à la présidentielle, épaulé d’un jeune directeur de la com’ idéaliste qui devra faire face à l’envers du décor politique et ses coulisses crasseuses.
Knights of Badassdom : attention bande-annonce de film culte
25/07/11
Déjà, il y a le titre : Knights of Badassdom. On est déjà amoureux. Ensuite vient le casting : Ryan Kwanten (True Blood), Summer Glau (Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor, Dollhouse), Peter Dinklage ( Game of Thrones). Sans compter l’histoire : des fanas de jeu de rôle qui réveillent par inadvertance une succube de l’underworld mondial wohooo. Puis vient la bande-annonce. « In a world, within our world… » Y a des mecs qui ont dû se faire pipi dessus au Comic Con lorsqu’ils ont vu la bande-annonce de Knights of Badassdom ce week-end. Allé Joe Lynch, je suis sûre que tu nous a pondu un film culte, bien que ta précédente réalisation (Détour Mortel 2…) ne sera pas restée dans les mémoires des cinéphiles de genre que nous sommes.
Ryan Gosling dans tous ses états
25/07/11

Ryan. Non, pas Reynolds. J’ai le sentiment qu’il va se décrédibiliser dans Green Lantern autant que Ben Affleck dans Daredevil. Parfois, il faut savoir dans une carrière d’acteur dire non aux collants. Ryan Reynolds a néanmoins un point commun avec le Ryan dont je me suis enamourée. Je les ai découverts tous les deux il y a une dizaine d’année dans des séries de seconde zone. Un toit pour trois pour ce qui concerne Ryan Reynolds, alors que dans Hercule contre Arès, Ryan Gosling arborait un air de gringalet puceau. Depuis Blue Valentine, j’ai comme un regain d’intérêt pour Ryan G. bien que dans dans Une fiancée pas comme les autres, il m’avait déjà tapée dans l’oeil, en campant le rôle d’un cas social paradant au bras d’ une poupée gonflable nommée Bianca. Aux côtés de Michelle Williams, j’ai (re)découvert un acteur au talent flamboyant, dans un film de désamour qui s’attache davantage à la genèse d’une histoire de couple et de sa résultante plutôt qu’au processus d’érosion habilement soulignée entre les lignes. Après quelques minutes de profonde tristesse qui suivirent la fin du film, je me suis retournée sur la carrière de Ryan pour m’apercevoir qu’elle a commencé bien avant qu’il n’interprète le jeune Hercule.

Comme ses potes Christina Aguilera, Britney Spears, Justin Timberlake, c’est au Mickey Mouse Club que le p’tit Ryan a fait ses débuts, donc ce n’est pas un hasard s’il vous a bluffé au ukulélé dans Blue Valentine. (apparition à 1’31)
Les séries de seconde, voire de troisième zone s’enchaînent pour Ryan, jusqu’en 2002 où il endosse le rôle d’un néo-nazi dans le film Danny Balint qui remporte le Grand Prix du Jury à Sundance.

Je vous avouerais que je n’ai pas encore eu le temps de bouffer toute la filmo de Ryan Gosling, mon bilan néanmoins :
- les filles, si vous cherchez un film de filles pour une soirée seule ou entre copines, passez vous N’oublie jamais et sortez les mouchoirs
- Half Nelson : excellent drame dans lequel Ryan campe le rôle d’un prof camé
- Une fiancée pas comme les autres vous enchantera par son côté fable sociale cynique
Dans un registre plus léger, il donne des leçons de séduction à Steve Carrell dans Crazy, Stupid, Love. Au moins deux répliques culte dans cette bande annonce :
1. »I really went to see the new twilight movie by myself.. and it was so bad! »
2. « Take off your shirt ! Seriously ? ! it’s like you’re photoshoped! »
Et pour ceux et celles qui trouveraient dommage que le môsieur n’ait pas continué sa carrière de chanteur, n’ayez crainte. Vous aurez tout le plaisir de l’entendre au sein du groupe Dead Man’s Bones, qui me rappelle un peu un croisé entre Fleet Foxes & Soap&Skin
Et quand il n’y a plus de Ryan, bien sûr que si, y en a encore. J’aime particulièrement ce meme autour de Ryan Gosling et de son « Hey Girl! »
http://fuckyeahryangosling.tumblr.com/






































