Boite à musique

Post it n°3

Shannyn Sossamon
Shannyn Sossamon

Je vis le sitcom de ma vie, les rires pré-enregistrés en moins, excepté si l’on compte les miens. Dans ma tête, j’entends une voix off qui coule sur une bande-son que j’invente sur l’instant. Comme hier soir. Hier soir, ça sonnait rock’n'roll. Mon dieu, hier soir. On aurait dit que j’écrivais un roman mentalement à mesure que la soirée avançait. Le ciné à Chatelet, le film sur Lagarfeld, le restau rue Quincampoix. Oui, ca devait faire un très bon chapitre de roman, un nouvelle écrite à la légère, au coin d’une table, arrosée par quelques verres d’alcool. Les phrases se succédaient dans ma tête, me faisaient rire, m’entrainait dans leur imagination folle. Bordel, j’avais l’impression que je riais niais, toute seule, devant lui. Je n’avais plus l’habitude des rencarts en tête à tête, même sans après. J’étais devenue une fille de bandes. De bandes de potes, de bandes de bloggueurs, de bandes de vieux schnocks. Je ne connaissais pas de juste milieu. J’aimais être seule ou à plusieurs. Par conte, je suis un peu comme Karl (Lagarfeld). Je déteste les gens qui ne savent pas vivre seuls. La binomie, je ne la connaissais plus qu’à travers les joies de la colloc’. (l’abus de collocation avec un ex est dangereux pour la santé). Je me faisais rire. Mon chapitre ressemblait à un agglomérat de blagues carambar, paraphrasées à la sauce Proust. Hormis T., tous les autres hommes me faisaient peur. Amis, amants, rencart de passage. Depuis cinq mois, je vivais dans un trac permanent, cette espèce de peur qui vous serre l’estomac lorsque vous montez sur scène pour la première fois. Action?





Rendez-vous sur Hellocoton !

It’s me Hannah your wife!

Jaime Pressly
   Jaime Pressly

Le blues. Je pense bleu. Le blues c’est comme un hématome sur le coeur, né de la collision d’un souvenir et d’une nostalgie douloureuse. Tout a commencé en début de semaine. Je traine des pieds,  pourtant je vis sans effort contrairement aux premiers mois de l’année. J’ai le cafard, qui vient se heurter contre moi par intermittence. Ploc Ploc Ploc, dans un bruit métallique. Je le vis bien, je le cache mieux. Je pleure sur le quai du tram en attendant le prochain voyage, sur un banc, sous l’eau du bain pour étouffer le claquement des dents sous les sanglots. Ca ne dure pas bien longtemps, c’est juste une envie de pisser. Tirons la chasse d’eau et n’en parlons plus.  Souvent, je lève les yeux au ciel pour éviter que ça déborde. J’aurais aimé pouvoir ranger ces larmes au fond de mes paupières, comme un bordel dans un placard. Je pleure en silence, j’essaie de contrôler ma respiration pour ne pas hurler. Hurler, ça ne sert à rien. Je crie en grimaçant sourdement, je souffle comme un petit chien, ou une femme enceinte, j’ai vu ça à la télé. Je peste contre mes hormones. Parfois, ça ne fait pas du bien d’être une femme. J’ai l’impression d’être un pantin désarticulé.

Je cherche des raisons. Parfois il n’y en a tout simplement pas. C’est le soulagement qui joue sa marée haute. Une vague nous submerge, puis nous recrache sur la berge, la vie continue. D’autres jours, je finis par trouver une mélancolie passagère cachée dans un fond de tiroir, exacerbée par l’absence des autres. Les gens me manquent. Mes plus proches amies, dispersées au quatre coins de la France et bientôt du monde. Lulu à Lyon, Juju à Caen, Mimi bientôt à New York. Je pense à toi Sissi, lointaine dans le temps et si proche dans mes souvenirs. J’ai fini par retrouvé Marjo en la Googlelisant. Ca fait trois ans que je la googlelise. Je repense aux soirées entre amies, et les longues discussions au téléphone que je n’ai plus eus depuis le lycée.

Et bientôt le départ. J’ai eu envie de pleurer alors que tu ouvrais la porte de chez nous. Geste banal en soi. Chaque geste semble être une dernière fois. Un dernier fou rire, une dernière étreinte, une dernière pirouette dans la cuisine, une dernière dispute. On se crie moins dessus depuis quelques temps, j’apprécie. Il y a aussi les anniversaires, qui nous ramène en arrière. J’essaie de ne pas rétro-penser. Ca non plus, ça ne fait aucun bien. Les images me reviennent lorsque mon lecteur mp3 s’arrête en random sur des chansons qui remuent le spleen dans son sommeil. Je laisse couler dans mes oreilles, je revois les images, je respire un bon coup, je noie le tout dans un paquet de bonbons et un film à l’eau de rose. Ah oui, Si j’étais toi est pas mal. Moins pire en tous cas que ce que je pensais. Mais préparez les mouchoirs. Les miens sont toujours bien au chaud au creux de ma poche, coincés dans mes poings serrés.





Rendez-vous sur Hellocoton !

Youhoupi c’est marcredi

Hier matin, sur le chemin du boulot, j’aperçois ce bout de papier au sol, au milieu des feuilles mortes, maltraité par pluie. Quelques pas plus loin, je retrouve le même sur un pare-brise . Futé!

Horodateur

 J’aime. Le packaging appétissant de la BO des Simpsons, en vente en édition limitée sur Ebay.

The Simpsons Soundtrack

Je veux. Le Prepara "Herb Savor". Pour conserver un peu plus longtemps au frigo les herbes diverses et variées.

Prepara Herb Savor

Hilarant. La bande-annonce de ce film d’horreur néo-zélandais, Black Sheep, dans lequel les brebis se prennent pour des zombies.





Rendez-vous sur Hellocoton !

En cloque et en toc

Knocked up

J’ai aimé. Knocked up (En cloque, mode d’emploi. Mais je trouve le titre français assez repoussant). Pas vu 40 ans, toujours puceau, le dernier film de Judd Apatow passé vite fait sur nos écrans. On pouvait sans doute craindre le pire. Surtout d’une comédie de 2h10! 2h10! En fait je viens juste de l’apprendre, parce que sur le moment, ça ne s’est pas senti. Les arguments pour aller voir ce film ? Katherine Heigl, beaucoup plus jolie que dans Grey’s Anatomy, moins cruche aussi. On retrouve notamment des visages familiers du petit écran, comme Marshall de How I met You mother, Maggie de Quoi de neuf Docteur (vieille série, mais restée culte dans mes souvenirs), même Paul Rudd, mais ouiiii c’est lui qui jouait Mike, le petit ami de Phoebe (Friends). L’histoire ne paie de mine (ce devait être un coup d’un soir, mais Ben, looser de son état, engrosse Alison, jolie présentatrice télé. Pour faire avec, ça donne : et si on essayait de s’aimer pour voir ? …). Parfois un peu mièvre, ou moralisant, même débile, les gags pourtant se succèdent sans forcément tomber dans le gras (si, parfois, mais ça reste drôle, ce qui est rare…). Non vraiment, c’est une comédie américaine comme on aimerait en voir plus souvent. Attendrissante, on s’y retrouve, on rit la bouche grande ouverte, on fait "pouaaah", puis "hahaha". Apatow, c’est un peu comme le troisième frère Farelly je trouve. Un bon four rire et c’est reparti.

Nightwish

J’ai pas aimé. Dark Passion Play, le dernier album de Nightwish. Passé la très bonne surprise de la chanson d’intro qui dure 13 minutes (The Poet and The Pendulum, magistral, épique, symphonique, puissant), le reste m’a fait mourir d’ennui, ou presque. Nightwish sans Tarja, c’est autre chose. Le charme du groupe finlandais résidait dans ce lyrisme qu’injectait la chanteuse dans les mélodies, ce que sa remplaçante, Anette oublie de faire avec la banalité de sa voix. On finira pas s’y faire. Je vais tenter une seconde écoute de l’album, avec plus de clémence. En attendant, jugez plutôt avec ce single Bye Bye Beautyful (eurkkk… j’exagère.)






Rendez-vous sur Hellocoton !

Back to Black, live

On vient de me faire découvrir une version live sublimissime de Back to Back, interprétée par Amy Winehouse.





Rendez-vous sur Hellocoton !

No man is an island.

Hugh Grant

Le tombeur. Ce soir j’ai revu Hugh. Hugh Grant dans Pour un garçon. Je crois qu’à l’époque, j’avais déjà beaucoup aimé. Ca fait une éternité que je n’ai pas regardé un film à la télé. J’ai l’impression que c’était un autre temps. Ce temps où je ne m’endormais pas devant la télé 16/9.

Le rock. J’écoute The Gossip. Je vous conseille The Gossip. Je vous invite à apprécier The Gossip juste à côté, dans ma Playlist.

The Gossip
The Gossip

Le Nord. Vendredi. Je découvre Lille/Roubaix/Villeneuve d’Ascq,Tourcoing, la carbonnade de boeuf au pain d’épice, l’arrêt de bus qui porte le nom des 3 Suisses, le contraste avec la capitale, les rues désertes tel un dimanche à Paris en plein mois d’août, les rendez-vous clients à la chaîne au rythme industriel, les retours en TGV bondés en heure de pointe.

Les autres. Samedi après-midi. Jardin du Luxembourg. La foule peuple les bancs, les coins d’ombre, les coins d’herbe. Dans un kiosque à musique, je prends une chaise et fais connaissance avec d’autres à l’occasion du WifiPicning. Pendant une heure et demi, l’ordi sur les genoux, on parle avec des gens que l’on ne connait pas forcément, dans une chatroom, une bulle wifi comme ils disent. On est assis en  cercle, comme dans une réunion d’anciens "quelquechose". C’est un prétexte pour se rencontrer. On papote de tout et de rien. Au bout de quelques minutes, on finit par se lever et briser la glace autour d’une coupe de champagne et de quelques macarons. On repart chacun de notre côté, sans s’être échangé ni mail, ni téléphone. On se promet de rester en contact. Le soir même, j’ai 6 nouveaux amis sur Facebook.

WifiPicning

L’ennemi intime. Les films de guerre, c’est rarement ma tasse de thé. Comme chaque fois je me laisse tenter par les bonnes critiques. J’attends que ça me transcende. Florent Emilio-Siri est un réalisateur que j’apprécie, depuis Nid de Guêpes que je considère comme un très bon huis-clos d’action. L’ennemi intime réussi à faire passer le message dans un ton très juste. Mention spéciale pour Dupontel.

Le patriotisme. Passionné, indifférent, réfractaire, l’enthousiasme général nous happe dans son sillage. Nos pas nous guident jusqu’un bar devant lequel la foule s’est attroupée pour regarder l’affrontement des All Blacks vs la France. Il reste près d’une demi heure de jeu lorsque nous arrivons. On se laisse gagner par la ferveur de l’assistance. On finit par applaudir,  encourager, crier de joie lorsque Michalak, dans une entrée fracassante, permet à l’équipe de France lors d’un sprint magistral, de gagner le match.

La Nuit Blanche. Je vous avouerai ne pas avoir vu grand chose, sinon des rues grouillantes de badauds. On a finit dans un bar, tous les 10. Une Corona s’il vous-plait.

Un dimanche ordinaire. On se lève tard, on fait un tour à la brocante, un saut au Starbucks ou j’achète quelques tasses supplémentaires. C’est décidé, je sponsorise.

Starbucks II

Le spleen. Un peu, très peu. J’ai pleuré, sans raison, parce que ça bouillonne à l’intérieur. C’est la vie qui exulte, le soulagement, le bien-être qui fait naître ces larmes, porteuses d’un espoir qui revient de loin.

Télépopmusik. Breathe. Respire un bon coup, et ça ira mieux.

The others. Et puis j’ai réalisé. Que j’étais bien, dans ma vie, mes baskets, mon jean moins serré. Le bonheur, ce n’était ni Lui, ni ma solitude des soirs sans estime. C’était les autres. Ceux qui vous soutiennent à deux bras, ceux dont on croisera le sourire, ceux pour qui on aura le béguin, tous ceux qui nous ouvriront la voie des nouveaux lendemains, truffés de tremplins. J’ai encore pleuré un peu et dans cette introspection un peu douloureuse, j’ai admis avoir commis des erreurs, m’être forcée à haïr les uns ou les autres pour ne pas voir qui j’étais, pour ne pas à porter le poids de la responsabilité. On aime si peu être le "méchant" de l’histoire. Je l’étais certains jours, non sans remord, mais avec cette conscience d’avoir cette vulnérabilité qui ne fera jamais de moi une fille parfaite. Excusez moi.





Rendez-vous sur Hellocoton !

Je n’ai pas le temps.

Milla Jovovich
    Milla Jovovich

Je pourrais m’en émouvoir, mais après tout, je m’en fichais pas mal des soirées corpo que ma boîte organisait sans moi. Dîner avec le big boss dans un restau huppé de la capitale, oui ça doit être sympa. J’aurais pu être à fond corporate il y a six mois, et pourtant aujourd’hui je suis là, j’arrive le matin, je fais mon boulot, je repars le soir, ce n’était pas vraiment ici que j’allais prendre mon pied. Il fallait pourtant bien manger. J’étais à mille lieux de tout ça. J’ai un collègue qui s’insurge à ma place ("Toute la boîte y était sauf nous, sauf que toi tu fais vraiment partie de la boîte"). C’est bien d’avoir des gens qui relèvent ce genre de pseudo-injustices pour vous, ça vous évite de vous sentir totalement transparent. Dans une boîte de moins de ving personnes je n’ai pas envie de faire de remous. J’aime bien mes clients, j’aime bien mon boulot lorsque ma connexion internet fonctionne, j’achète des pains au chocolat une fois par semaine pour mes collègues, parce que j’aime bosser dans une bonne ambiance, je n’allais pas pleurer pour si peu. Je ne dîne pas avec la boîte, je vais au cinoche avec les potes, voir des films de merde parfois, je le conçois, mais ça fait passer le temps. Ceci dit, en passant, n’aller pas voir Resident Evil 3. C’est le pire de la saga. Milla est tellement maquillée/retouchée dans certaines scènes qu’elle brille à l’écran comme si c’était la Vierge. So weird. Ca va tranquillement ces derniers jours. Demain je pars à Lille voir un client, ce week-end j’ai quelques sorties de prévu. Je n’ai pas le temps de pleurer. C’est ça le secret. Pour ne pas spleener, il ne faut pas avoir le temps.





Rendez-vous sur Hellocoton !

Un jour comme un autre

Alyssa Milano
   Alyssa Milano

"Je ne pensais pas que ça m’arriverais un jour, mais je crois que je pourrais te tuer"

(extrait de l’Age des Ténèbres.)

Elles se cachent parfois trop bien, enfouies dans un coin d’ombre, ces violences prêtes à éclater du jour au lendemain. Pour d’autres elles ne se réveilleront jamais. Ces derniers mois, j’avais découvert dans mes fonds de tiroirs une virulence que je ne me connaissais pas. Ca sentait mauvais les traumatismes d’hier, jamais digérées et vomis subitement suite à une overdose de maux. Les éclaboussures de larmes contre les murs, le grondement des cris comme un soir d’orage, la colère qui se brise au fond de la gorge, creusant une espèce d’abimes où vous perdez pieds. Vous avez l’impression qu’à l’intérieur, il n’y a plus de place pour rien alors vous faîtes tout péter pour ne pas imploser.

Tout ce temps, passé à se taire, à encaisser, se pseudo-sacrifier, pleurer dans le noir en regardant le plafond et en pensant que l’autre, roulé en boule juste à côté se réveillera pour vous consoler. Ca va, ça vient, au gré des fluctuations de l’humeur, des envies d’aller bien, des instants de répis qu’il faut à tout pris remplir de quelque chose. De quelques pleurs pourquoi pas. Le pathos, c’est mieux que le vide n’est-ce pas? 

Et puis parfois ça fait peur. Cette peur de se voir tomber, se tirer soi-même vers le bas, le bras tendu vers la terre, la tête cognant le sol, les larmes bouffant le carrelage déjà niqué par des éclats de toute la vaisselle qui a pu être balancée. J’ai souvent flippée de me voir prostrée dans le noir, allongée par terre, attendre que l’autre rentre et me trouver là comme morte pour me serrer une dernière fois dans ses bras. Souvent j’étouffe, sous les sanglots, l’angoisse, la consternation. Mais il suffit d’un rien pour que la mort s’en aille, le spleen terrassé. Certains n’auront pas compris. Qu’au lieu d’une morale à deux balles, il aurait suffit d’une étreinte indolore.

Envie de me sentir épaulée. A tout moment de ma vie, j’ai eu envie que quelqu’un me prenne dans ses bras, une inconnue, un badaud, une étrangère à ma vie, dénué(e) de jugement, de pitié, de colère, de compassion. Je pourrais alors juste poser ma tête pour pleurer, des heures si je le veux, sans être  stigmatisée, infantilisée. Je ne serais plus qu’un corps larmoyant, sans âme, sans passé, sans avenir, avec pour seul présent l’envie d’expulser une détresse de passage.

Je n’oublierai pas. J’avais envie de prendre pour morale l’expérience de ces derniers mois. Il n’y a rien de pire que ces violences futiles qui vous marquent le corps, l’esprit, à vie. La colère. Il n’y a rien de pire qu’un homme en colère, un homme triste et violent, un homme qui vous hait sur l’instant. Il n’y a rien de pire que de vivre ce qu’on voit sur grand écran, des scènes de folie qui ne méritent pas d’être jouées en vrai.

Il n’y a rien de mieux que de se relever après tout ça, d’affronter les choses, de décider de ne plus démissionner et marcher d’un pas sûr vers la vie devant soi.

Rescapé d’un naufrage, on se sent soulagé de retrouver la terre ferme et de pouvoir y vivre encore quelques années.





Rendez-vous sur Hellocoton !