Boite à musique

#spreadlove #2013

30 décembre 2012

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London, Vie quotidienne

Quitte ou double

30 décembre 2012

Je voulais casser des briques avec ma tête. La rage était mordante. J’avais envie de tout piétiner, hurler à la mort, m’étouffer avec des sushis périmés et mourir dans mon vomi. C’était ma fin du monde. Elle allait durer au moins six mois. J’ai rien senti venir. C’était une journée à la cool, mini bain de foule, sans chichi. Les soldes avaient commencé. Londres à cette période, c’est un peu Deauville en été, c’est infesté de Parisiens.

La première chose qu’elle m’a demandé c’est:
– Vous faites quoi dans la vie?
J’aurais dû dire avocate ou fonctionnaire. Mieux, juge d’instruction. Peut-être qu’elle aurait moins pris ses aises. J’ai échoué à la question:
Sur une échelle de 1 à 10, où se situe votre désir d’innover?
J’ai dit 5. Je hais le chiffre 5. Le chiffre 5 est mortel. Il porte la poisse.
Je me suis assise, je les ai regardés tomber. J’ai écarquillé les yeux.
Je me souviens lui avoir dit:
– I trust you.
Les parents devaient dire à leurs enfants: ne fais jamais confiance la première fois. Une première fois, c’est risqué.
Elle m’a demandé ce qui m’amenait. J’ai répondu:
– J’ai vu de la lumière, alors je suis entrée.
Elle a ri. Elle s’est tournée vers son assistante et là j’ai flippé, parce qu’elle a sorti quelque chose du genre:
– J’aime bien cette chanson. Quand j’entends cette chanson j’imagine William faire la danse du pigeon.
J’ai su que j’étais foutue. On ne me parle pas comme ça de pigeon sans me faire paniquer.
Et puis elle a sous-entendu que les sushis étaient meilleurs à Paris. Tout devenait surréaliste.
Ca a duré une éternité.  La fin du monde, un samedi soir dans une ruelle de Soho.
Ma vue s’est brouillée, j’étais dans un mauvais film, avec des lumières dégueus et des gens avec des sourires de clowns qui font peur. C’était fini. J’ai regardé dans le miroir.
Elle:
– Voilà la Crystal touch.
J’ai dit à Crystal:
– Merci, c’est génial.
Crystal est directrice artistique. Moi je crois que je pourrais être. Foutue pour commencer 2013.
On est sorti. Il a dit:
– T’es joli.
Qu’est ce qui est pire les filles, un mec qui ne remarque pas que vous avez une nouvelle coupe de cheveux ou un mec qui trouve que votre horrible coupe vous va si bien (sous-entendant qu’il a des goûts de chiotte ou qu’il vous aime trop pour vous faire de la peine).
No big deal nous disent les hommes? Ils ne comprennent pas pourquoi pour changer de vie, on doit changer de coupe? Parce que c’est comme jouer au loto. Autant tirer le gros lot peut nous rendre totalement euphorique et nous donner des ailes, autant se  tromper de coiffeur peut nous faire tomber en dépression.

J+2. Je suis rentrée. J’ai pris les ciseaux. J’ai taillé. Merde quoi, elle m’avait fait une coupe à la Jem!

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Lifestyle, London

28.

28 décembre 2012

La roue s’élevait. En quelques minutes, nous surplombions la ville. Le vertige était grisant. La roue tournait. Les années étaient passées comme un jeu de carte que l’on bat à toute allure.  Je venais d’avoir 28 ans et je ne sais pour quelle raison, j’avais attendu toute ma vie d’avoir 28 ans. La fin du monde n’avait pas eu lieu.  Tout devenait possible.

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Salles Obscures, TV & Ciné

The Place Beyond The Pines [trailer]

27 décembre 2012

Salut les fêtards! Et si pour digérer la dinde et le foie gras on se matait le trailer de The Place Beyond The Pines qui est arrivé direct  au pied du sapin pour faire concurrence à la bûche de Noël.  Dans ce drame musclé réalisé par Derek Cianfrance, Ryan Gosling  renoue avec le réal de Blue Valentine fait tomber la veste scorpion et continue de faire vroum vroum sur une moto en jouant les papa poule/gansta qu’est poursuivi par le good cop Bradley Cooper. La seule chose que l’on pourrait reprocher à ce film est d’avoir maquer Eva Mendes et Ryan Gosling. Autrement, ça a d’la gueule vu comme ça. Cheers!

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Silver Linings Playbook / Happiness Therapy

17 décembre 2012

Life is not a PG feel-good movie. Real life often ends badly. Literature tries to document this reality, while showing us it is still possible for us to endure nobly. extrait de Silver Linings Playbook.

La vie, je ne sais pas mais Silver Linings Playbook, adapté du roman éponyme de Matthew Quick est définitivement mon feel-good movie de l’année. Au point que j’avais cette envie irrépressible de courir le voir une seconde fois en chantonnant c’est bon pour le moral, c’est bon pour le moral, c’est bon, bon... Ca fait un bien fou de ne pas sortir d’un film complètement déprimé (vous vous souvenez de la dernière fois? Horrible, non?!) ou dans un état de remise en question débilitante (sur son couple en l’occurrence)

Pourtant, d’emblée, le film n’a rien d’une pilule du bonheur, à l’exception de son casting. Et je vous avouerais qu’au premier abord, j’étais sceptique de voir réunis Bradley Cooper – qu’on est désormais trop habitué à voir jouer les beau gosses – et Jennifer Lawrence, au visage poupin, qui certes m’avait bluffée dans Winter’s Bone, mais dont l’étiquette Hunger Games colle à la peau (je n’ai rien contre ce film, mais Jennifer y fait vraiment très jeune). Il y a des gens comme ça, qui ont l’air super cool, mais sur lesquels vous aurez toujours une réserve jusqu’à ce qu’un film vous les fasse définitivement aimer.

Il faut bien reconnaître que Cooper et Lawrence sont les principaux ingrédients de cette réussite. Se dégage une incroyable alchimie de ces deux-là, entre un Bradley Cooper extrêmement touchant et dépressif et une Jennifer Lawrence qui démontre une impressionnante maturité du haut de ses 22 ans (et donne la réplique à son partenaire qui en cumule 15 de plus). Lorsqu’on pense maintenant que le réalisateur à écrit ces rôles pour Zooey Deschanel et Vince Vaughn,  je me dis qu’on aurait eu un film tout à fait différent. Je n’aurais pas supporté entendre chanter Deschanel une énième fois à l’écran.

Deschanel et Vaughn, c’était il y a cinq ans, lorsque David O. Russel, le scénariste et réalisateur du film a commencé l’écriture du scénario. Entre temps, il l’a réécrit 20 fois, puis il a réalisé The Fighter, énorme succès oscarisé. Avant Cooper, Mark Walberg également était sur les rangs. Dieu merci, pour je ne sais quelles raisons, ça ne s’est pas fait.  Lawrence quant à elle, a auditionné au dernier moment, par Skype, alors que toutes les actrices d’Hollywood voulaient ce rôle, Angelina Jolie y compris. Cette audition ne devait être qu’une formalité, le réal trouvant l’actrice trop jeune pour le rôle. Au final, elle les a tous scotchés et c’est tant mieux pour nous.

L’adaptation du bouquin fut un des plus grand challenge de cette aventure. Parce que l’histoire oscille entre la comédie, le drame, la romance aussi. J’ai du mal à considérer ce film comme une comédie romantique. On ne rit pas au éclat, on traverse ce film comme une grosse averse, trempé jusqu’aux os, avec un semblant de ciel bleu quelque part au loin qui donne à sourire. Car dans le titre original, il s’agit de ça. Silver linings est une expression pour désigner un mieux au milieu des difficultés, une lueur d’espoir.  Ce film tient sa force dans l’équilibre entre le déprimant et son mieux, on croit aux personnages qui brillent de sincérité, on ressent une formidable empathie. On passe de moments d’euphories et à des scènes terriblement sombres et déprimantes, on se sent gêné parfois aussi de regarder ce maniaco-dépressif se débattre avec ses problèmes.

Ce contraste reflète la psychologie de Pat, incarné par Bradley Cooper, un mec bipolaire qui a tout perdu, sa femme, son job, sa maison. Enfermé 8 mois dans un établissement de santé pénal après avoir ravagé la gueule à un collègue prof qu’il a retrouvé à fricoter sous la douche avec sa femme, le voilà de retour au bercail familial, avec l’espoir de retrouver une vie normale et surtout de reconquérir sa femme.

David O. Russell connait bien le sujet. Son fils lui-même souffre de troubles bipolaires. D’ailleurs, Robert de Niro, dans le rôle du père de Pat connait également cette problématique dans la vraie vie avec son fils aussi. On ressent cette honnêteté à l’écran, elle touche de manière frappante.

Au cours d’un dîner chez son pote Ron, Pat fait la connaissance de Tiffany (Jennifer Lawrence), jeune veuve au style goth, écorchée par la vie, un peu spé, qui est confrontée à ses propres démons. Ces deux là s’entraideront, à leur manière. Parfois on a l’impression d’assister à un dialogue de fous. C’est à qui criera le plus fort pour l’emporter. C’est une folie tendre qui les lie. D’autant que Pat compte sur sa nouvelle alliée pour transmettre une lettre à son ex-femme, à qui il meurt d’envie de montrer son nouveau lui, un mec métamorphosé et positif. Celle ci accepte en en échange d’un service: qu’il participe avec elle à un concours de danse.

La bande-son est brillante et toute une galerie de personnages secondaires truculents viennent donner encore plus d’ampleur à ce film: Robert de Niro, Chris Tucker dans le rôle du meilleur ami, Anupam Kher le psy pakistanais, Jacki Weaver la mère italienne bienveillante.

Pour reprendre une expression de Boris Cyrulnik, ce film est comme un merveilleux malheur.

Plébiscité par la critique et le public (Prix du public au dernier festival du film à Toronto), le film est nominé à plusieurs reprises aux Golden Globes et prend un chemin sûr pour les Oscars.

Jacki Weaver et Robert De Niro

Le film sortira en France le 30 janvier 2013 sous le titre Happiness Therapy. De quoi commencer l’année sur une note positive.

Et pour succomber définitivement aux charmes de Bradley Cooper – si ce n’est déjà fait- écoutez le parler français dans cette interview.

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