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Les dessous de Causette [ITW] Grégory Lassus-Debat & Christophe Meireis

causette_uneIl n’y a pas si longtemps – ça  fait même que 2 jours – je vous causais de Causette. C’est pas ma nouvelle voisine – non non – c’est le nouveau mag’ féminin que j’ai déniché par hasard dans le kiosque à journaux de la gare de St Malo – pardi! J’avais tellement aimé que j’ai voulu en savoir plus, et dans le même temps vous en dévoiler davantage sur ce magazine, qui sait nous parler, les filles modernes! (geeenre)

Pour ce faire, j’ai pris mon téléphone et j’ai dit « allooooo Greg ça va? » Non je rigole, là j’me la raconte un peu. J’ai posé quelques petites questions à Grégory Lassus-Debat, directeur de la rédaction de Causette. Du coup, maintenant, j’en sais bôcoup plus et bientôt vous aussi.

Pour la petite histoire. Les origines de Causette.

Vous n’allez pas me croire, l’idée vient d’un homme. Si si. De Grégory Lassus Debat justement. Il y a un an et demi, alors qu’il prenait des photos de sa petite copine, qu’il s’est mis à mettre en page de manière décalée avec l’ami Photoshop, l’idée lui est venu d’écrire un texte (ou plutôt un fleuve de quatre pages) définissant la femme. Une femme qui ne rêve pas de paillettes, n’a pas peur d’être saoule de temps à autre, ne trouve pas hasbeen de s’intéresser à la politique et la géopolitique, et qui priviligierait son relationnel plus que son poids, m’explique-t-il. J’aime bien l’idée. Vous vous reconnaissez les filles? Ca tombe bien. A l’époque sa copine et d’autres avis féminins se rallient à sa cause et lui disent « j’ai l’impression que tu parles de moi« . Derrière le discours, les cibles étaient bien là. Causette, c’est donc pour la petite histoire l’initiative d’un homme qui a eu envie de faire un mag que sa copine et les femmes auraient envie de lire, et dans lequel elles se reconnaitraient. A la fois léger, sérieux et décalé.

Causette c’est pour qui?

Pas de doute concernant la réponse. Causette s’adresse aux femmes (même si mon homme n’avait rien contre le fait de le feuilletter un peu, ça l’a même fait beaucoup marrer). Les angles sont féminins. Tenez prenez cet article sur la surmédicalisation. Les nanas cible facile et préférée du marketing et du lobbying médical?  Un tas d’autres articles ne sont pas typiquement féminin, comme le décryptage de la RDC par exemple. Nous n’avons pas effectué d’études de marché au préalable. On y est aller au pif. A vue de nez, je dirais qu’on s’adresse aux femmes de 25 à 76 ans » (rires). Non j’avoue, il avait commencé par dire « de 25 à 45 ans« . Et si je le prêtais à mamie pour voir?

Pourquoi Causette? Ca fait pas un peu victime?
- On voulait jouer sur la phonétique. Ce nom est à double sens. Causette, c’est un personnage, la bonne copine journaliste avec qui on discute, en passant du coq à l’âne comme lors d’une bonne soirée dans laquelle on va se laisser aller à refaire le monde. Mais Causette c’est également celle qui débarque au milieu des mannequins (d’où peut être un peu la notion de victime) et finalement se détache du lot« .
Capich?

Et la pub? Y en aura bientôt +?
- Pas plus d’une dizaine de pages de pub max.
Il l’a dit! en même temps dix pages de pub sur presque 100 pages de mag’, c’est pas grand chose.


La périodicité. Attendre Causette tous les deux mois c’est loooong.

Ne vous inquiétez pas les filles, tout cela n’est qu’une question de moyen et de faisabilité. A terme, le magazine ambitionne de devenir mensuel.

Des éditions  indépendantes : Les Editions Gynethic.
Deux associés.
« On accepte les chèques« .
LOL

Et les journalistes, ils viennent également de la presse féminine ou bien?

- Non justement, les journalistes viennent d’horizons différents, sont pour la plupart des journalistes de la presse généraliste, font de la conso, de la politique. On va garder un équilibre 50% de sujets légers, 50 % de sujets sérieux.

Et le ton personnel, c’est pour?
- L’emploi de la première personne, le style oral, c’est une vraie volonté. Ce n’est pas pour virer dans la vulgarité. Le ton de Causette est original. Causette est généreuse. Générosité visuelle, intellectuelle, mais également au niveau du concept. Ca contraste avec les magazines de luxe. Causette débarque et n’impose pas une façon de vivre.

Un positionnement visuel original? Ce n’est pas peu dire. Il suffit de feuilleter le magazine pour le constater, en commençant par la couverture. Et qu’est-ce qu’il en dit Christophe Meireis, le dir. photo du mag’?

Peux-tu te présenter en quelques mots?
J’ai 36 ans, je suis photographe indépendant et travaille regulièrement pour la presse magazine.

En quoi Causette est-il original visuellement?
Une part belle est laissée pour les dessins, illustrations et photos bien sûr ! Concernant celles-ci, il est hors de question de retoucher les femmes qui peuvent paraître dans le magazine en allongeant les jambes, affinant la taille par exemple. Causette s’adresse aux vrais femmes, celles que l’on côtoie et croise dans la rue, pas aux modèles bioniques transformées sous photoshop.

Vous n’avez pas eu peur justement d’effrayer les femmes avec une telle couverture? C’est de la provoc’!
Concernant la couv’ si on la prend au premier degré ça peut paraître contradictoire par rapport à notre positionnement. Par contre si on si attarde un peu on constate que le modèle est aux antipodes de la femme objet, elle est plutôt espiègle, provocatrice, libre. Et surtout il s’agit d’un fake d’une photo très connu de Cohn Bendit devant la Sorbonne en mai 68 avec tous les symboles que cela comporte. Et bien sûr, d’un point de vue stratégique c’est le numéro 1, avec un budget com’ réduit il fallait que la couv ait un impact visuel de manière à interpeller et faire parler d’elle.

Je serais curieuse de savoir si tu as eu des difficultés sur les clichés que tu as pris de Momo. Je sais que ce n’est pas évident de capter un sujet aussi sensible…

Pour Momo, c’est une femme adorable qui s’est prêtée au jeu car elle a compris que le but n’était pas d’être racolleur ou de la dévaloriser. D’une manière générale la réussite d’un portrait est très lié au contact que l’on établi avec le modèle.

Pour mater son travail : http://www.christophemeireis.com

Et voilà! Maintenant, vous en savez un peu plus. Y a plus K!
http://www.brindecausette.fr





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Un p’tit brin d’Causette ma bonne dame?

causette_lemagazine

Coincé entre le Quai numéro 1, seul bar-buvette de la gare et des toilettes payantes à 50 cents, le Relais avec son insigne rouge habituel me fait de grands signes. Quatre heures me séparaient de Paris, entrecoupées d’un stop à Renne. J’étais en plus arrivée trop tôt, impossible de sauter dans un train  précédant. Font chier la SNCF, les mecs en blouse ne coopéraient pas pour un sou. J’arpente donc les mini allées du mini Relais de la mini gare et part en véritable expédition.

Je prends la ferme résolution d’opter pour un ou deux magazines féminins, une contre-habitude je dois dire. Pas lu, ni acheté de mag pour nana depuis plus de deux ans, date qui coïncide avec la fin de mon abonnement à Jasmin (qu’on m’avait offert, je tiens à préciser). Lui non plus n’avait pas fait long feu, pas même un an d’existence, pas assez de lectrices, peut-être un nom qui porte à confusion ou peut être pas assez de connaissances acquises lors des cours de marketing direct.
- Tu te souviens de Jasmin?
- Le thé qu’on a goûté chez ta mère?
- Non.
Au moins Wikipédia s’en souvient.

Quoiqu’il en soit, je tombe sur une couverture qui me fait tout de suite de l’oeil. Une nana, les seins à l’air, l’air mi-coquine mi-malicieuse. Le mag s’appelle Causette et c’est le numéro 1, comme je l’apprends sur la couv’. Depuis, j’ai lu qu’il était sorti tout fraichement ce samedi dernier à la veille de cette foutue journée de la femme.

La couv’ me fait marrer, le positionnement aussi . Plus féminine du cerveau que du capiton.

Ca veut dire que je vais enfin trouver un mag’ pas bourré de bonnasses à me faire complexer qui me baragouinerait des trucs et astuces pour leur ressembler? Ouais ptêtre.

Je rafle au passage Cosmo en hésitant grandement avec Elle. J’aurais du passer mon chemin cette fois-ci encore.

Dans la première partie du voyage, je me la joue plutôt intello (enfin, intello est un bien  grand mot). Je feuillette le JDD, dodeline sagement devant Marianne, fais des OH et des AH avec GQ. C’est entre Renne et Paris que je fais la connaissance de Causette.

Eh ben, pas bête la Causette. On aurait presque pas dit un magazine féminin. D’ailleurs je n’aime pas trop ce mot. Je préfère magazine pour les femmes. Tout de suite, on contourne tout un tas de clichés.

J’ai tout de suite accroché sur l’édito. Un texte bien écrit, bien ficelé, bien vendeur. Qui ne vend heureusement pas le dernier anti-cerne fabuleux à tester ab-so-lu-ment!

Et puis ça m’a soulagée de ne pas voir de la pub toutes les deux pages pour des lignes de fringues, de mascara, d’auto-bronzant, de string, de laxatifs, de crèmes pour les ongles abimés etc.

Les pubs sont discrètes, y en presque pas. J’ai compté. Une et demi. Putain, j’y croyais pas. Une page pour Education sans Frontières (ça c’est pour la demi pub) et une autre pour de l’eau de vie. Le reste dévoile des illustrations et des photographies qui font baver les pupilles. Même en quatrième de couv’, ça fait du bien de respirer un peu.

Je lis, je tourne, je ris. C’est bien foutu, ça se fout pas de notre gueule. Des sujets légers, des sujets sérieux, des trucs de nanas mais pas bourrés de déjà-vus, pas débilisant, militant de la pétasse le jour, pyjama girl hello kitty la nuit.

Des reportages, des portraits, des clins d’oeil, de Momo la prostituée de la rue Saint-Denis, à la mort du slim en passant par le cours le pilate et le décryptage de la RDC, jusqu’au concours de miss SDF en Belgique.

Je lis ça comme une compilation d’excellents posts provenant d’excellents blogs. Le ton est personnel, on a l’impression de lire une bonne copine et on se dit Ah ouais putain ouais… pas con.

J’ai même croisé au pied d’un article une certaine Anjali Kapoor et je me serais cru projetée à Bollywood.

Un grand voyage que cette première rencontre avec Causette. Elle ne se pointe que tous les deux mois, mais j’espère encore la croiser dans les kiosques pour un certains temps encore.

Lire également les interviews de Gregory Lassus-Debat, directeur de la rédaction et Christophe Meireis, directeur de la photo du magazine
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