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David Foenkinos

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Je vais mieux- David Foenkinos

13 février 2013

je-vais-mieux-foenkinosNotre héros a mal au dos.

Je connais un tas de gens qui ont mal au dos. Moi par exemple, j’ai souvent mal au dos. Vous aussi peut-être que vous avez horriblement mal au dos en lisant cette phrase.

Dans  Je vais mieux, David Foenkinos explore les tourments d’un quarantenaire sans nom. Je ne m’habitue pas à ces romans où le héros ne s’appelle pas. Je ploie sous la culpabilité lorsque la dernière page tournée je n’ai pas su de qui on parlait. Le héros est un « je » comme les autres. Ce « je » a une femme qui s’appelle Elise, deux enfants qui ont quitté le cocon familial pour faire leur vie, un très bon pote dentiste – Edouard – et sa femme, une artiste au foyer, des parents avec lesquels il entretient des relations conflictuelles. Jusqu’ici, rien à signaler.

C’est l’histoire de ce mec qui a mal au dos et qui pendant 336 pages essaie de ne plus avoir mal au dos. C’est aussi simple qu’un mal de dent.

Ce roman est une fable absurde, comme la plupart des romans de Foenkinos avec des passages vraiment jubilatoires.

J’ai lu certaines critiques disant que ce livre était plus sérieux que les autres. Alors là franchement je vois pas. C’est pas parce qu’un mec a mal au dos qu’il faut le prendre davantage au sérieux.

J’ai lu aussi des critiques qui spoilaient. Alors je ne dirais rien car j’ai attendu avec impatience que… (spoiler) mais ça n’est arrivé que vers la page 200. Abusé.

Le héros se débat entre ses souffrances physiques et ses tracas quotidiens (sa famille, son boulot, ses examens de santé), le tout formant un conglomérat d’emmerdes indissociables.

Soyons franc, j’ai été bien moins charmée cette fois-ci, mes titres préférés de Foenkinos étant La Délicatesse, Les Souvenirs et Lennon.

Pour reprendre l’expression, j’en ai très vite eu plein le dos de ce roman. Je trouvais qu’il tournait un peu en rond. Je voulais que David change un peu de style, j’avais l’impression de me faire balader. J’ai lutté pour arriver jusqu’au bout et j’ai ressenti une certaine lassitude à chaque page que je tournais.

Si vous découvrez l’auteur, vous saurez certainement apprécier son 13ème roman. Moi, j’avais l’impression de lire un recueil de citations. Y a trop de style, ça tue toute spontanéité. C’est trop écrit, trop prévisible.

Extrait:

« Je n’avais rien dit à Elise de ce que j’avais vécu la veille au bureau. De manière évasive, j’avais laissé entendre que tout s’était bien passé; et finalement, il n’avait pas été très compliqué de s’extirper ainsi de la vérité, car elle avait aussitôt parlé d’autre chose. Son intérêt pour ma cruciale réunion avait été évoqué avec cette politesse de ceux qui vous demandent si vous avez passé une bonne journée sans vraiment écouter la réponse. Notre couple baignait dans cette affection polie où il est si facile de survoler les plaies de l’autre. Cacher ma vie ne nécessitait nul effet violent. En général, ce que je vivais n’était pas soumis à une attention débordante de mon entourage. Au fond, je me mentais sûrement un peu: j’aimais le secret pour me conformer au manque d’attention des autres. Si quelqu’un venait à me poser la moindre question personnelle en manquant un réel intérêt, j’étais prêt à raconter ma vie de fond en comble. J’enviais parfois l’impudeur de ceux qui parlent d’eux pendant des heures, perfusés à l’égocentrisme douillet. »

Les personnages peuvent avoir un caractère suisse et dormir sur des matelas suédois.

Oui ça va on a compris.

Moi j’ai mal aux jambes en ce moment, vous croyez que c’est le stress?

 

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J'ai lu

Si délicat

9 janvier 2013

À Noël, j’ai reçu le dvd de La Délicatesse. Je l’ai regardé pour la troisième fois un dimanche matin pluvieux, en pyjama. J’avais pleuré devant le livre, j’ai pleuré eu cinéma, j’ai de nouveau pleuré en pyjama.
Je ne me lasse pas de la musique d’Emilie Simon, de la gaucherie attendrissante de François Damiens, de la douceur qui émane d’Audrey Tautou.

L’écriture de David Foenkinos croustille et émeut avec un humour et une justesse qui frôlent le sublime.

Extraits du livre:

Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment. Et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment.

La vie c’est surtout des moments de brouillons, de ratures, de blancs. Shakespeare n’évoque que les moments forts de ses personnages. Mais Roméo et Juliette dans un couloir, au lendemain d’une folle soirée c’est certain qu’ils n’ont rien à se dire.

A cause de la moquette, on n’entendait pas le bruit de ses talons aiguilles. La moquette, c’est le meurtre de la sensualité. Mais qui avait bien pu inventer la moquette ?

Le Larousse s’arrête là où le coeur commence.

On dit que l’on voit les plus beaux moment de sa vie défiler avant de mourir. Il paraît ainsi plausible que l’on puisse voir les ravages et ratages du passé défiler au moment où le bonheur est là, devant nous, avec un sourire presque inquiétant.

La douleur c’est peut-être ca: une facon permanente d’être déraciné de l’immédiat.

Vient une heure dans le bonheur où l’on est seul dans la foule.

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La Délicatesse : du livre au film

22 décembre 2011

Dès la séquence d’ouverture, j’ai eu cette sensation de familiarité, comme si je retrouvais à l’écran une amie de longue date.

Pourtant, je n’étais plus certaine de son visage.  Ce dont j’étais sûre, c’était qu’elle n’avait pas les traits d’Audrey Tautou. Et Markus encore moins ceux de François Damiens.

Je ne sais pas ce que j’imaginais en fait.

Souvent, on est déçu par les adaptations cinématographiques des livres qu’on a aimés. Parce que. Le choix des acteurs. Les ellipses. Les infidélités au roman. Les digressions. C’est comme si le réalisateur avait bouleversé notre monde.

Qui est le mieux placé pour adapter son livre, si ce n’est l’auteur lui-même. Le fait que David Foenkinos (et son frère) réalise le film m’a rassuré quelque part.

Alors que j’y suis allée avec quelques préjugés, j’ai très rapidement oublié Audrey Tautou, pour me concentrer davantage sur Nathalie et ses turpitudes.

Revenons sur cette séquence d’ouverture, où l’on voit Nathalie remonter la rue sur la sublime musique d’Emilie Simon. Si on a lu le livre, on sait ce qui va lui arriver, mon ventre s’est noué. Je redoutais le tournant de l’histoire.

La musique d’Emilie Simon prend tout son sens lorsque l’on sait que son sublime dernier album, Franky Knight a été écrit en hommage à son compagnon disparu… Un écho troublant, donnant plus de force à chacun des plans que les mélodies, nostalgiques et chaleureuses habillent.

L’amour entre François et Nathalie est contée avec une fulgurance qui rappelle les happy end de Disney, avec l’humour et la poésie de Pixar. Sauf qu’on en était qu’au début. Dans ma tête, tout le livre s’est rejoué. David et son frère ont réussi à insuffler un vent nouveau au bouquin. C’était jubilatoire. J’ai ri et pleuré aux mêmes endroits. J’ai attendu les répliques. Je me suis souvenue de certaines scènes, sorte déjà-vu, en mieux.

Pio Marmai fait un François parfait. Naturel et lumineux. Humain, les cheveux en pagaille.

C’était bizarre de voir François Damiens endosser le rôle de Markus. Je le voyais beaucoup plus suédois… Finalement, il participe à la fabrication de ce couple loufoque d’où résulte une sorte de tendresse comique qui émeut et fait rire doucement. Ses mimiques et sa dégaine loufoque font que l’on s’attache et que l’on comprend Nathalie.

A la question : le film est-il fidèle au livre, je dirai qu’il en est le prolongement.

C’est la première adaptation que j’aime vraiment. Beaucoup. Je compte aller le revoir. Et relire le livre aussi. Et en rire. Et en pleurer.

 

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La Délicatesse de Foenkinos au cinéma

31 octobre 2011

Belle-maman m’a offert Les Souvenirs de Foenkinos le week-end dernier. En retour, je lui ai offert le Delphine de Vigan – Rien ne s’oppose à la nuit. J’aimerais bien que quelqu’un me l’offre celui-là.
Foenkinos est un auteur dont l’écriture peut avoir un double effet kiss cool. J’avais adoré le premier bouquin lu de lui, Le Potentiel érotique de ma femme. L’ayant délaissé une certaine période, je m’y suis replongée en gaulant La Délicatesse en bout de gondoles des rayons de la Fnac il y a un an. Gros coup de foudre pour la tendre histoire d’amour de Nathalie, François et  Markus. En revanche, en lisant Nos Séparations, gros coup de mou, je n’en pouvais plus du style de Foenkinos. J’ai abdiqué avant la conclusion.

Maintenant que La Délicatesse débarque au cinéma, je me faisais une joie de retrouver les personnages auxquels je m’étais attaché. Mais le casting me laisse perplexe. Ceux qui auront lu le livre aussi je pense fronceront les sourcils. Audrey Tautou et François Damiens ? A la rigueur, seul Pio Marmai, dans la peau de François ressemble à peu près à ce qu j’imaginais de lui.

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