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Yoann and the Silent Phonograph [interview]

yoann_andthesilentphonograpCrédit Photo : Laurent François

Il y a peu de temps, je vous parlais de Yoann and the Silent Phonograph, qui un soir était venu donner un concert dans mon appartement. Depuis, j’espère que vous vous êtes précipités sur son MySpace pour découvrir sa musique et son univers. Si ce n’est pas encore fait, je vous invite à découvrir ce talentueux artiste qui a accepté de répondre à mes questions en toute sincérité.

- Peux tu te présenter en 140 caractères ?

Je suis Yohann, un musicien autodidacte qui prend du plaisir à créer toutes sortes de choses et de sons…jeune créateur phonique?
- Quelles sont tes influences musicales et de quoi t’inspires-tu pour écrire tes chansons ?
J’écoute de tout (sauf de la variété)! Je m’inspire de tout ce que je peux entendre ; cela va du jazz au hardcore en passant par le rock et l’électro. Mes influences principales restent tout de même Nick Drake, Silverchair, Jeff Buckley, Bjork, Vex Red, Glassjaw, Incubus, Sevendust
En ce qui concerne la création de mes morceaux, elle reflète souvent mon état d’esprit et mon humeur du moment car j’ai une méthode de composition très spontanée, improvisée…je m’inspire ensuite pour mes textes, de ma vie, de mes sentiments et des choses qui me chamboulent, me révoltent ; je m’inspire de tout ce qui me touche, dans le bon et mauvais sens du terme.
- Peux tu nous parler des tes différents projets musicaux (solo / groupe)
J’ai actuellement 2 projets musicaux: « My Only Scenery » (hardcore progressif) dans lequel je joue guitare/chant ; c’est un projet solide dans lequel j’évolue depuis plus de 4 ans avec des amis de longue date et qui incarne le coté plus « violent » de ce je peux exprimer musicalement (sortie de notre nouvel EP « Until we breathe » le 30.04 2010). Il y a ensuite « Yoan and the Silent Phonograph » qui est plus récent (3-4 ans) dans lequel je me retrouve « seul » face à mes compostions, à mes expressions et au public ; jouer tout seul est très différent du groupe, plus pour les sensations que cela me procure que musicalement, car en quelque sorte, de ce coté là, les deux formules se complètent. Avant ces 2 projets j’étais chanteur dans le groupe SWAKE (electro-metal 2001-2006).
- Vis-tu de ta musique et quels sont tes différents moyens de promotion ?
Je ne vis pas de ma musique car cela est très difficile aujourd’hui…d’autant que je ne veux me plier à aucune règles et ne faire aucun compromis. J’aimerais vivre de MA musique, c’est certain, mais je préfère ne jamais y arriver plutôt que de me plier au exigences actuelles. Je pense que l’argent et la « dépendance financière » (le besoin d’un salaire) corrompent la création. J’aurais peur de voir ma musique, mes attitudes ou ma façon de composer se déformer et s’appauvrir si je devais avoir cette épée de Damocles financière au dessus de l’imagination. En ce qui concerne la « promotion » j’avoue que pour mon projet solo, je ne suis pas très « promotionnel »! Je préfère le contact réel et le bouche à oreille…je ne nie pas l’efficacité de tout ce qu’on peut trouver sur le net (le nouveau bouche à oreille) mais je ne me suis pas encore jeté au fond de ces nouveaux supports…je reste très Old-School dans mes démarches.
- Est-ce ton premier concert en appart’ ? Qu’est ce qui diffère du concert en salle ?
Non en fait c’était le 2e et les 2 étaient déjà très différents l’un de l’autre…en fait tous les concerts sont très différents les uns des autres! Ce qui diffère vraiment du concert en salle c’est le ressenti et l’échange avec le public: c’est une sensation plus prenante car il n’y a pas ou presque pas d’éléments de sonorisation entre l’artiste et le public, ce qui ramène ce 1er dans sa chambre, assis sur son lit, les yeux fermés, aux moments frêles et intimes de la composition. Il y a plus d’humanité et de réalité dans le fait de pouvoir discuter, échanger, boire un verre avec son public, avant, pendant et après le concert; l’image de « l’artiste », inaccessible au loin sur sa scène, tombe et c’est alors que les échanges deviennent réels et concrets.
- Quelles sont tes actus futures ?
Alors, nous sortons notre 2e EP « Until we breathe » avec My Only Scenery le 30 avril, ce qui nous fait beaucoup de boulot! Pour mon projet solo j’aimerais trouver un label indépendant afin de sortir un nouvel album en 2011. J’aimerais également explorer d’autres styles musicaux avec de nouvelles personnes, mais je crains que mon planning me le permette difficillement!
- Tu te vois à la Nouvelle Star ? ;)
Absolument pas!!! Comme je l’ai dit précédemment, je ne suis disposé à ne faire aucun compromis musicaux! Je ne pourrais pas supporter qu’on m’impose de chanter telle ou telle chanson avec ce prétexte continuel qui est de prétendre qu’un « chanteur » doit savoir chanter de tout! Je pense qu’un chanteur doit déjà savoir chanter sa propre musique! La « réussite » dans le milieu musical et un concept commercial et je n’ai aucun interêt à porter à ce genre d’émissions et de concept car, à mon humble niveau, je pense avoir déjà « réussi » dans le sens où je me fais toujours autant plaisir à chaque fois que je chante…pour moi c’est le principal et comme je l’ai dit, je ne veux pas faire de la musique, je veux faire MA musique!
- Quels événements musicaux t’ont récemment marqué ?
Hum…alors récemment je ne vois pas trop…il y a eu la mort de Michael Jackson qui a été un choc pour tout le monde même si cela fait bien longtemps qu’il est devenu une légende abstraite! A titre personnel il y a le tournage de notre premier clip (avec MOS) qui a été une experience très très riche! Il y a également, la découverte de nouveaux groupes tel que LA DISPUTE (une grosse claque) et j’avoue avoir été blasé par la tentative d’interdiction du Hellfest par Christine Boutin sous prétexte qu’il y aurait une implication religieuse sataniste dans les démarches et images du festival…ce qui montre qu’en France, on a pas fini de se prendre des batons dans les roues!





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Interview des scénaristes de la Horde

La semaine dernière, j’ai assisté à la projection de La Horde, film de zombies français qui débarquera sur vos écrans le 10 février prochain (et avec lequel je vous bassine depuis de nombreuses semaines sur ce blog). Ni une, ni deux, je revois pour l’occas’  deux des scénaristes de ce premier film couillu et méchamment jouissif que j’avais rencontrés lors de mon passage (oulà ça va faire 7 voire 8 ans déjà) chez Madmovies.

A ma droite, Stéphane Moïssakis, journaliste chez Madmovies, fervent adorateur de John McTiernan, féru de jeux vidéos, n’aime ni le froid ni la neige, sauf dans les films de John Carpenter (The Thing).

A ma gauche, Arnaud Bordas, journaliste indépendant (a également travaillé chez Madmovies) écrit notamment pour le Figaro Mag’, fantasme sur tous les projets de Guillermo Del Toro (un douzaine apparemment) et avoue regarder de mauvais films (et les aimer, mais ça c’est Stéphane qui le dit)

Tous deux sont allés le week-end dernier présenter La Horde à Gérardmer avec leurs compères Yannick Dahan et Benjamin Rocher, réalisateurs du film et ont été visiblement ravis de l’accueil très positif du public au festival. Cerise sur le gâteau, John McTiernan et Florent Siri les ont même personnellement félicités !

lire l’interview sur Tout ça Mag’

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Gaga chez Ellen

C’est comme ça, je l’aime bien cette nana.





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Lady Gaga chez Jay Leno

Vous n’y échapperez pas, elle est ma lubie du moment. Ca finira par passer.





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Debout sur le Zinc – Interview

En attendant mon résumé en images de cette première journée à Solidays, je vous propose de regarder une interview de Simon (Debout sur le Zinc) réalisée par Laurent et moi-même hier quelques heures avant la montée du groupe sur scène.

Je vous rappelle qu’il reste des places pour ces prochains jours. Alors venez nombreux! Une bonne cause, une ambiance de folie, des concerts électrisants. N’attendez plus!

Suivez également les Solidays sur le blog officiel.





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Exsonvaldes {interview}

Véritable coup de coeur de ce printemps après les avoir découvert sur Deezer il y a 3 semaines, j’ai rencontré nos quatre garçons d’Exsonvaldes pour en savoir un peu plus sur ce groupe qui mérite largement notre attention. A noter qu’il sont actuellement en tournée dans toute la France, se produisent notamment ce soir au Nouveau Casino et sont à la recherche d’appartements dans lesquels jouer prochainement.





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Les dessous de Causette [ITW] Grégory Lassus-Debat & Christophe Meireis

causette_uneIl n’y a pas si longtemps – ça  fait même que 2 jours – je vous causais de Causette. C’est pas ma nouvelle voisine – non non – c’est le nouveau mag’ féminin que j’ai déniché par hasard dans le kiosque à journaux de la gare de St Malo – pardi! J’avais tellement aimé que j’ai voulu en savoir plus, et dans le même temps vous en dévoiler davantage sur ce magazine, qui sait nous parler, les filles modernes! (geeenre)

Pour ce faire, j’ai pris mon téléphone et j’ai dit « allooooo Greg ça va? » Non je rigole, là j’me la raconte un peu. J’ai posé quelques petites questions à Grégory Lassus-Debat, directeur de la rédaction de Causette. Du coup, maintenant, j’en sais bôcoup plus et bientôt vous aussi.

Pour la petite histoire. Les origines de Causette.

Vous n’allez pas me croire, l’idée vient d’un homme. Si si. De Grégory Lassus Debat justement. Il y a un an et demi, alors qu’il prenait des photos de sa petite copine, qu’il s’est mis à mettre en page de manière décalée avec l’ami Photoshop, l’idée lui est venu d’écrire un texte (ou plutôt un fleuve de quatre pages) définissant la femme. Une femme qui ne rêve pas de paillettes, n’a pas peur d’être saoule de temps à autre, ne trouve pas hasbeen de s’intéresser à la politique et la géopolitique, et qui priviligierait son relationnel plus que son poids, m’explique-t-il. J’aime bien l’idée. Vous vous reconnaissez les filles? Ca tombe bien. A l’époque sa copine et d’autres avis féminins se rallient à sa cause et lui disent « j’ai l’impression que tu parles de moi« . Derrière le discours, les cibles étaient bien là. Causette, c’est donc pour la petite histoire l’initiative d’un homme qui a eu envie de faire un mag que sa copine et les femmes auraient envie de lire, et dans lequel elles se reconnaitraient. A la fois léger, sérieux et décalé.

Causette c’est pour qui?

Pas de doute concernant la réponse. Causette s’adresse aux femmes (même si mon homme n’avait rien contre le fait de le feuilletter un peu, ça l’a même fait beaucoup marrer). Les angles sont féminins. Tenez prenez cet article sur la surmédicalisation. Les nanas cible facile et préférée du marketing et du lobbying médical?  Un tas d’autres articles ne sont pas typiquement féminin, comme le décryptage de la RDC par exemple. Nous n’avons pas effectué d’études de marché au préalable. On y est aller au pif. A vue de nez, je dirais qu’on s’adresse aux femmes de 25 à 76 ans » (rires). Non j’avoue, il avait commencé par dire « de 25 à 45 ans« . Et si je le prêtais à mamie pour voir?

Pourquoi Causette? Ca fait pas un peu victime?
- On voulait jouer sur la phonétique. Ce nom est à double sens. Causette, c’est un personnage, la bonne copine journaliste avec qui on discute, en passant du coq à l’âne comme lors d’une bonne soirée dans laquelle on va se laisser aller à refaire le monde. Mais Causette c’est également celle qui débarque au milieu des mannequins (d’où peut être un peu la notion de victime) et finalement se détache du lot« .
Capich?

Et la pub? Y en aura bientôt +?
- Pas plus d’une dizaine de pages de pub max.
Il l’a dit! en même temps dix pages de pub sur presque 100 pages de mag’, c’est pas grand chose.


La périodicité. Attendre Causette tous les deux mois c’est loooong.

Ne vous inquiétez pas les filles, tout cela n’est qu’une question de moyen et de faisabilité. A terme, le magazine ambitionne de devenir mensuel.

Des éditions  indépendantes : Les Editions Gynethic.
Deux associés.
« On accepte les chèques« .
LOL

Et les journalistes, ils viennent également de la presse féminine ou bien?

- Non justement, les journalistes viennent d’horizons différents, sont pour la plupart des journalistes de la presse généraliste, font de la conso, de la politique. On va garder un équilibre 50% de sujets légers, 50 % de sujets sérieux.

Et le ton personnel, c’est pour?
- L’emploi de la première personne, le style oral, c’est une vraie volonté. Ce n’est pas pour virer dans la vulgarité. Le ton de Causette est original. Causette est généreuse. Générosité visuelle, intellectuelle, mais également au niveau du concept. Ca contraste avec les magazines de luxe. Causette débarque et n’impose pas une façon de vivre.

Un positionnement visuel original? Ce n’est pas peu dire. Il suffit de feuilleter le magazine pour le constater, en commençant par la couverture. Et qu’est-ce qu’il en dit Christophe Meireis, le dir. photo du mag’?

Peux-tu te présenter en quelques mots?
J’ai 36 ans, je suis photographe indépendant et travaille regulièrement pour la presse magazine.

En quoi Causette est-il original visuellement?
Une part belle est laissée pour les dessins, illustrations et photos bien sûr ! Concernant celles-ci, il est hors de question de retoucher les femmes qui peuvent paraître dans le magazine en allongeant les jambes, affinant la taille par exemple. Causette s’adresse aux vrais femmes, celles que l’on côtoie et croise dans la rue, pas aux modèles bioniques transformées sous photoshop.

Vous n’avez pas eu peur justement d’effrayer les femmes avec une telle couverture? C’est de la provoc’!
Concernant la couv’ si on la prend au premier degré ça peut paraître contradictoire par rapport à notre positionnement. Par contre si on si attarde un peu on constate que le modèle est aux antipodes de la femme objet, elle est plutôt espiègle, provocatrice, libre. Et surtout il s’agit d’un fake d’une photo très connu de Cohn Bendit devant la Sorbonne en mai 68 avec tous les symboles que cela comporte. Et bien sûr, d’un point de vue stratégique c’est le numéro 1, avec un budget com’ réduit il fallait que la couv ait un impact visuel de manière à interpeller et faire parler d’elle.

Je serais curieuse de savoir si tu as eu des difficultés sur les clichés que tu as pris de Momo. Je sais que ce n’est pas évident de capter un sujet aussi sensible…

Pour Momo, c’est une femme adorable qui s’est prêtée au jeu car elle a compris que le but n’était pas d’être racolleur ou de la dévaloriser. D’une manière générale la réussite d’un portrait est très lié au contact que l’on établi avec le modèle.

Pour mater son travail : http://www.christophemeireis.com

Et voilà! Maintenant, vous en savez un peu plus. Y a plus K!
http://www.brindecausette.fr





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Louis Leterrier. Terra Cognita [Interview]

N’ayant pas eu la chance de voir publiée cette interview dans l’Odysée de l’Express (#3001), pour cause de rendu tardif (oui c’est un comme les pénalités subies lors de devoirs ou d’impôts remis à la bourre), je couche ici mon questions-réponses avec Louis Leterrier à propos de son expérience à Hollywood.

Aja, Leterrier,Palud et Moreau. Qu’ont ces noms en commun? Français, trentenaires, ces frenchies ont signé outre Atlantique des blockbusters qui caracolent en tête des box offices. C’est à ces réalisateurs que l’ont doit très récemment Mirrors, Hulk, ou encore The Eye (le remake). On se souviendra qu’avant eux, Luc Besson ou encore Jean-Pierre Jeunet (Alien 4 : la Résurrection) avaient ouvert la voie.

Alexandre Aja prépare pour 2009 un thriller horrifique intitulé Pirhana-3D. De même que Pascal Laugier, réalisateur du très controversé Martyrs a été approché par les frères Weinstein pour remaker le cultissime Hellraiser. Dans cette poignée de réalisateurs expatriés à Hollywood, Louis Leterrier (Danny the Dog, Le Transporteur) se fraie une place parmi les grands. Son Hulk sorti l’été dernier a pris s’assaut les salles obscures. Prévu pour 2010 il prépare actuellement une toute nouvelle version du Choc des Titans. Entre deux tournages, il a gentiment accepté de répondre à mes questions sur son aventure hollywoodienne.

Père réalisateur, mère directrice artistique, grandir dans un milieu artistique a du t’amener de manière très naturelle vers le métier de réalisateur. Quelles sont tes influences, ton cinéma de référence, celui qui t’a fait dire “je veux devenir réalisateur”?

Mes parents sont bien sûr la source principale de mon aspiration à vouloir devenir réalisateur mais j’ai grandi en France dans les années 80 quand le cinéma qui était destiné à ma génération ne venait plus d’Europe mais de Hollywood avec la vague des Steven Spielberg, George Lucas, Joe Dante, Robert Zemeckis et autre Ivan Reitman. Tous les mercredi j’allais au cinéma avec ma grand-mère voir un bon (ou souvent un mauvais) film d’aventure, de science-fiction ou une comédie américaine. Tous ces films m’ont réellement influencé mais c’est EVIL DEAD II qui m’a donne envie de faire mon propre cinéma. C’était un film sans gros budget, sans star, sans prétention mais avec tout ce que j‘aimais.

Comment t’es tu retrouvé à réaliser des films à gros budget à Hollywood?
C’est une succession de très gros coups de chances qui m’ont permis de faire les films que j’aime et qu’ils soient des succès. Mais tout commence par une étape principale : Le choix des films. Que l’idée vienne de moi ou qu’un producteur (-ctrice) téméraire m’offre l’opportunité de réaliser un film qu’il a développé, je choisis de réaliser les films que je rêve de voir. Toute personne qui choisit un film pour entreprendre de remporter la mise ou se voir couvert de récompenses risque d’être âprement déçue car c’est toujours le public qui choisit et souvent de maniére très surprenante.

Réaliser Hulk a du être une aventure incroyable! Comment un réalisateur Français se vend il pour se retrouver aux manette de l’un des plus gros blockbuster de 2008?

Le plus humblement possible car, au départ, on sait que l’équilibre relationnel est encore fragile. Pour la plupart des studios US, les Français sont des auteurs qui savent faire un cinéma d’avant-garde (dont ils achèteront les droits des millions pour souvent ne rien en faire) mais n’ont jamais rien compris au cinéma très grand public, le « four quadrants » (les 4 quartiers de la population, les personnes de plus de 45 ans, les hommes, les femmes et le plus important pour le box office, les jeunes). Mais Luc Besson avait changé la donne dans les années 90.

L’argument de vouloir réaliser un film outre-Atlantique plutôt qu’en France est-il seulement un argument budgétaire, doublé de l’american dream? De l’autre côté la pression des producteurs US sur la façon de réaliser le film n’est-il pas une contrainte?

C’est donc un rêve d’enfant qui se réalise. Il y a beaucoup de pression mais en France les exigences en ce qui concerne le cinéma grand public sont similaires. Elles viennent des chaînes de télévision qui financent au lieu de venir du studio. Toute demande est motivée, à vous de savoir jusqu’où vous voulez laisser le studio influencer votre travail.

Est-ce possible pour un Français de faire un film personnel à Hollywood?
Tout-a-fait. Je crois que mes films US me ressemblent plus. C’est aussi parce que je suis plus a l’aise dans ma façon de concevoir, écrire, produire et réaliser mes films.

Hollywood vs La France est-il synonyme, comme beaucoup le pensent à Frustration vs plus d’indépendance? Quel pourcentage, sur l’ensemble de ton travail donnerais-tu à la frustration, avec du recul sur tes films?
Depuis que je réalise, je garde en tète une phrase de Steven Spielberg qui dit que « parfois, le compromis est le meilleur ami du réalisateur ». Les obstacles, les demandes folles, la mauvaise météo, me permettent souvent de réfléchir plus a ma façon de filmer une scène et rares sont les fois ou je regrette d’avoir change de cap.

Comment expliques tu le fait que la plupart des expatriés français soit issus du cinéma de “genre” (Aja, Laugier, Bustillo et Maury, Palud et Moreau)? D’autant que tous n’ont pas une grande renommée en France.

Moi non plus, mon genre de cinéma et moi-même n’avons pas une grande renommée en France. Tant mieux pour nous tous. Nous avons tous le même âge et je pense qu’ils réalisent comme moi leur rêve d’enfance, à savoir réaliser des films avec lesquels nous avons grandi mais qu’il est (était) impossible de financer en France.

Est ce que ça signifie que pour aller à Hollywood, il faut faire du cinéma qui intéresse Hollywood? Verrais-tu un François Ozon ou un Etienne Chatilliez à Hollywood?
Bien au contraire. Je mettrais ma main à couper qu’Etienne Chatilliez ou Francois Ozon ont plus d’appels du pied (avec ponts d’or a l’appui) de Hollywood que la plupart des réalisateurs français. Certains studios n’utilisent les réalisateurs que pour mettre en images leurs films mais la majorité des majors adorent les vrais, bons, réalisateurs. J’ai eu la chance de travailler aux cotes de Jean-Pierre Jeunet. Vous ne faîtes pas plus français que Jean-Pierre, pourtant, Hollywood se l’arrache.

J’ai l’impression que tu réalises tout de même plus de films aux US qu’ici. La France ne te manque t-elle pas? As tu des projets hexagonaux dans tes tiroirs?
La France me manque souvent mais nous sommes des nomades dans ce métier et qui sait si où mon prochain projet se fera.

Question piège. Quel sont les films hollywoodiens, réalisés par des Français que tu préfères?
Ah, ah, c’est dur comme question. J’y réfléchi et je réponds lors de notre prochaine interview.

Si tu avais un conseil à donner aux futurs réalisateurs français en quête d’Hollywood, quelle serait la règle la plus importante de survie?
La règle que je me suis imposée depuis le début : rester humble et passionné. Tout ce que vous faites, faites-le avec le plus grand intérêt car ce métier s’apprend en accumulant une somme de détails, de rencontres, de connaissances.





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