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Entre les murs. Ne restez pas cloisonnés dans vos préjugés, allez voir le film.
29/09/08

Lorsque les lumières se sont rallumées, je me suis dit « tiens, un film de bobos qui plaira aux bobos, un truc que Télérama aura aimé, pas étonnant » (ça aussi c’est cliché comme jugement). Mais pas que. Si Entre les murs a bénéficié d’une importante couverture médiatique grâce à sa Palme d’Or raflée à Cannes en mai dernier, il mérite que l’on aille y jeter un oeil en même temps qu’on aura laissé sur le palier tout préjugé hâtif (la bande-annonce peut présenter un film caricatural sur un sujet que certains trouveront rebutant : oh un docu-fiction sur l’Education National eurk, en plus avec des jeunes qui se permettent des joutes verbales musclées avec leur professeur).
On est prévenu. Le film de Laurent Cantet relate l’expérience d’un prof de français dans un collège difficile du 19ème arrondissement de Paris. En aucun cas, on ne nous aura présenté ce film comme représentatif des collèges difficiles actuels, encore moins des collèges en général. Il faut remettre le film dans son contexte. Le film est tiré du livre éponyme de François Bégaudeau qui nous fait partager son expérience.
Le personnage est par ailleurs tout à fait attachant. On se souviendra en regardant le film qu’un jour on a peut-être eu un prof qui ressemblait à ça.
Si Etre et Avoir avait quelque chose de touchant, Entre les murs percute par sa justesse.
Si beaucoup crieront à la caricature (oh un prof qui se permet de dire à ses élèves qu’elles ont une attitude de pétasse, et un élève qui tutoie son professeur…), il suffira de leur rappeler une nouvelle fois que d’un, c’est un collège difficile et de deux qu’on est en 2008. Ca choque encore les gens? Comment ça l’Education Nationale n’est plus ce qu’elle était?
Ce n’est pas un épisode de L’Instit version hardcore, c’est juste un film qui s’inscrit dans son temps et qui donne la température d’une salle de classe où se confrontent un échantillon de jeunes d’aujourd’hui et un jeune prof qui suscite toute notre empathie.
Je ne sais pas pourquoi autant de gens ne souhaitent pas voir le film. Ils me listent toutes sortes de jugements sans l’avoir vu. Ceci-dit j’ai beaucoup ri durant la projection. C’est toujours ça de pris.






































