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Shutter Island
1/03/10

De mémoire, Shutter Island avait été pour moi une grosse claque. Mais cela fait tellement longtemps que je l’ai lu (à l’époque j’avais emprunté la version grand format à la bibliothèque de ma ville) que la fin flottait indistinctement dans la brume de mes souvenirs avant que je ne la redécouvre hier à l’écran devant la caméra de Scorsese.
Pas de doute, l’adaptation du livre est fidèle. Mais cela suffit-il pour en faire un bon film ?
Un jour avant que je ne le vis, une amie m’a demandé après l’avoir vu s’il fallait comprendre qu’il y avait plusieurs fins possibles. Malgré mes vagues réminiscences, il ne me semblait pas que le livre donnait le choix lorsque l’on refermait la dernière page.
Malgré sa durée (2h17), le film réussit a ne pas vous endormir, quoique certains passages manquent cruellement de subtilité.
Même si j’évite de me pâmer devant Léonardo Dicaprio, j’admets que c’est un excellent acteur et dans ce cas précis, réussit admirablement à nous emmener là où un banal guignol sans talent n’aurait pas même franchi la mer (scène d’ouverture)
Dans le saladier, un tas de bons ingrédients : bon réal, excellents acteurs (n’oublions surtout pas Mark Ruffalo, Ben Kingsley & Max von Sydow entre autres), bonne maitrise de l’intrigue, je n’arrivais pas réellement à savoir en sortant de là ce qui clochait. Et même encore maintenant, j’ai l’impression d’être dubitative concernant le traitement pour lequel a opté Scorsese.
Est-ce parce que j’ai lu le livre ? Ou parce que j’adule l’écriture de Dennis Lehane qui vous prend par la main et vous fait passer de la peur à l’effroi en un saut de ligne.
Ou peut être qu’il manque un je ne sais quoi.
Mystic River, adaptation d’un autre best-seller de Lehane, cette fois-ci dirigé par Clint Eastwood, m’avait semblé plus abouti, pourtant il m’est difficile de vous dire ce qui distingue les deux films.
Shutter Island n’est pas mauvais en soi, mais il laisse un goût d’inachevé.
Je m’en vais de ce pas, relire le bouquin.
La Horde ? Badass !
2/02/10

Si j’étais réalisatrice de films de flippe en France, je me sentirais écrasée d’un côté par le je-m’en-foutisme ambiant du grand public, de l’autre par la pression des aficionados du genre attendant avec ardeur la bombe horrifique française. Les uns craindront le nanar annoncé, les autres voudront un chef d’oeuvre d’emblée.
Difficile donc d’assumer ce rôle dans un pays où le film fantastique/d’horreur est stigmatisé. C’est bien connu qu’en France, on est plutôt abonné aux comédies et aux films d’auteur (oh c’est beau les clichés).
Pas facile d’aller voir dans ces conditions un film de zombies français sans à priori.
Dimanche dernier, les résultats du Festival international du film fantastique de Gérardmer sont tombés. Alors que l’on prédisait un prix du public (décerné finalement au canadien Eric Tessier pour son 50 rue des Ormes) pour La Horde, ce dernier repart avec le prix du jury SciFi, le grand prix étant revenu à l’allemand Anno Saul pour son The Door.

Mais La Horde n’est pas un film de festival (comme me l’a confié l’un des scénaristes, d’ailleurs interview à venir), c’est un premier film couillu, avec de vrais morceaux de zombies à l’intérieur, surtout truffé d’action et d’humour. J’ai un peu zieuté la réaction des spectateurs sur Twitter et force est de constater que le film a déçu. Enfin, tout est relatif, car il a surtout déçu les « experts » qui s’attendaient à un truc qui allait balayer tout ce qu’ils avaient déjà vu jusque là.
La Horde souffre certes des défauts d’un premier film (son, montage..), mais il fait plaisir.
La première chose que je me suis dite en sortant de la salle, c’est que j’avais passé un vrai bon moment.
Malgré un début balbutiant et on met très vite les deux pieds dans l’action dès lors que l’on pénètre dans la tour. Certains y verront un savant mélange d’Assault et de L‘Armée des morts. Sans conteste, le film est truffé de références, mais l’on dénotera une véritable french touch à laquelle on adhère de bon coeur.

J’ai aimé :
- les personnages (même s’il aurait fallu creuser un peu plus la psychologie des protagonistes, sans doute un manque de temps). Une mention spéciale pour Jean Pierre Martins, Eric Ebouaney et Yves Pignot.
- l’humour, franchouillard et touchant (certains critiqueront les clichés, arrêtons d’être tatillons)
- l’action (j’ai trépigné sur mon siège, ils n’y sont pas allés de main morte !)
- les zombies (ah comme j’aurais aimé faire partie de ces 300 veinards qui se sont portés volontaires pour tourner cette fameuse scène…)
- un premier film sans prétention
Peu importe que les zombies courent (oui pour les puristes, un zombie, ça ne court pas), ou bien qu’il reste quelques points obscurs (certains d’éléments restent flous ou sans réponse), on sent que les mecs se sont fait plaisir, qu’ils ont voulu nous faire plaisir et toute cette bonne volonté fait que ce film est attachant.
Je n’attendais pas un film parfait. J’admire les mecs qui ont eu l’audace de faire un film comme ça en France, c’est un véritable challenge. Allez-y sans préjugé, même ma moitié, vierge de toute expérience zombiesque a kiffé le moment.
Vous m’en direz des nouvelles (attendez la fin du générique, les remerciements m’ont fait mourir de rire).
De toutes façons (attention phrase cliché), tous les goûts sont dans la nature. Y en a même qui n’aiment pas Braindead. Non mais vous y croyez ?
Hellboy 2 : Les légions d’or maudites. Le paradis c’est lui
31/10/08

A tous les fanboys de la planète! Ceux dont le fanboyisme jette son dévolu sur les mecs à cape, en collants, en armure et aux super-pouvoirs. Ceux qui peuplent les comic-books que l’Hollywood tout puissant se démène à nous adapter sur grand écran. Cette année, vous aurez tant attendu, tout en étant certainement tellement déçus. Et comme je vous comprends. Iron Man était bien trop propre pour être honnête, Hulk en craquant son boxer très fort faisait mieux que sa première tentative sans nous convaincre vraiment, et de Batman on ne retiendra vraiment que l’impressionnante compo du Joker et son « Why so serious?«
Bof, pas de quoi sauter au plafond.
C’est là qu’arrive Guillermo Del Toro avec sa bonhommie et son talent de conteur hors pair.
Dire que Hellboy 2 est de loin LA meilleure adaptation de comic-book de l’année, n’est qu’un euphémisme.

A la fois, tu ris, tu t’émeus, tu souris, tu jubiles, tu t’attendris et surtout tu écarquilles les yeux comme un gosse de cinq ans à qui l’on vient d’offrir un bon gros bonhomme rouge en guise de compagnon de jeu.

Là où Guillermo m’a bluffé c’est qu’il m’a fait pénétré un univers dans lequel je pensais que seul Hayao Miyazaki pouvait m’emmener. Un monde peuplé de créatures extraordinaire, se baladant dans le marché aux trolls, où l’on croise un dieu de la forêt, dernier espoir de son espèce, sorte de croisement entre Princesse Mononoke et Le voyage de Chihiro, tout ça for real.
Sur une storyline somme toute assez simple, le réalisateur mexicain truffe son oeuvre de gourmandises visuelles, de références, d’humour, d’amour et surtout d’humanité.
Et si ce n’est déjà fait, je vous conseille vivement de jeter un oeil sur la filmo de Guillermo del Toro, de Cronos, à L’échine du diable, en passant par Le Labyrinthe de Pan ou encore le premier volet de Hellboy. Ce mec à travers le merveilleux et le fantastique nous renvoie à des problématiques bien humaines et personnelles. C’est ça qui est bon. Coco.
Babylon AD, quelle fumisterie!
28/08/08

Les adaptations libres. – Babylon Babies – de son inspiration. Comment dire. Dantec-a-t-il vu le film? J’aurais aimé voir sa tête. Est-ce étonnant si Mathieu Kassovitz a détesté son expérience sur Babylon AD? Pas mieux, car nous non plus, on n’a pas trouvé ça génial. C’était même plutôt scandaleux. Une arnaque de 93 minutes pourtant amputé de 15 minutes par les studios hollywoodiens- je les hais) , et qui semble déjà trop longuette. On comprend pourquoi Kassovitz a la haine contre eux.
La Haine a maintenant 13 ans, et je ne me rappelle pas avoir été bluffé par la caméra de Mathieu depuis. C’est dommage, car ce mec a vraiment quelque chose, mais que l’on attend, encore et encore à chaque nouvelle sortie. Les Rivières Pourpres se regarde gentillement un dimanche soir sous la couette avec un grog à la main et Gothika -hum-, prod. Dark Castle (Joel Silver) sur laquelle je ne m’étalerai même pas… Si seulement Hollywood lui avait laissé faire le film qu’il voulait.
Dans une interview donné à AMCTV, il ne cache pas sa colère:
« Je n’ai pas pu faire la moindre scène comme elle était écrite ou comme je le souhaitais. Le scénario n’a pas été suivi. De mauvais producteurs, de mauvais collaborateurs, ce fut une expérience atroce. »
Babylon AD a provoqué ma perplexité, trop de grotesque, tant d’incohérence. Du scénar, à la mise en scène, jusqu’au jeu des acteurs. Pour la première fois, j’eus de la peine pour Vin Diesel, empêtré dans un rôle, que lui même dénigre, jugeant que sa performance est « restée sur le sol du département du montage ». C’est dire.
Depardieu dans le rôle d’un mercenaire russe fait tout juste rire par son ridicule, Mélanie Thierry tient encore la route, mignonette et fraiche qu’elle est, je crois qu’elle vient de fracasser sa carrière. Charlotte Rampling dans son rôle de prêtresse du futur reste digne alors que Michelle Yeoh semble avoir été télétransportée de la Chine médiévale (Tigres et Dragons) au New York de 2013 sans transition. Un New York pompé quelque peu sur celui de Besson.

Ca aurait pu être bien, au lieu de ça :
« C’est juste violent et stupide. L’action avait un but : elle devait être construite d’un point du vue métaphysique ou vécue comme une expérience par les personnages. À la place, certaines scènes du film ressemblent à un mauvais épisode de 24 Heures Chrono. »

Mathieu s’emporte et moi aussi. Déception, et incompréhension sont au menu après le visionnage de ce film qui nous promettait une petite claque dans notre gueule et qui finit par nous mettre KO de contrariété. Dommage.







































